Christophe Lecourtier : la France nomme un économiste au Maroc pour mettre un terme à la brouille
Selon l’AFP, la nomination d’un nouvel ambassadeur de France à Rabat est le signe que la crise qui dure depuis plus d’un an devrait bientôt être dépassée, après la visite du président Macron. Le profil d’économiste de Christophe Lecourtier permettra d’opérer un rapprochement et de booster les échanges commerciaux entre les deux pays, estime une source fiable.
D’après une dépêche de l’Agence France-Presse, le désormais ex-directeur général de Business France a reçu, mardi 6 décembre, les agréments des autorités marocaines pour devenir le nouvel ambassadeur de France au Maroc. En d’autres termes, Christophe Lecourtier présentera bientôt ses lettres de créance au ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, pour représenter la diplomatie française au Maroc et dépasser la crise bilatérale.
"Un pur produit de la fonction publique"
Quinquagénaire, ce fils d’ambassadeur est un pur produit de la fonction publique, qui est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP) et de l’Ecole nationale d’administration (ENA).
Ce haut fonctionnaire a commencé sa carrière dans plusieurs cabinets ministériels (Trésor, Affaires européennes, Santé, Agriculture et pêche, Economie et finances...) pour devenir ensuite ambassadeur en Australie puis en Serbie, avant de rejoindre son dernier poste à la tête de Business France (fusion entre l’ex-Ubifrance dont il a été directeur général et l’Agence des investissements internationaux).
Le Maroc et la France ne disposant plus d’ambassadeur depuis juin, cette nomination - qui tombe en même temps que l’annonce de la visite au Maroc de la ministre française des Affaires étrangères - est donc un premier pas positif dans la perspective de dépasser la crise des visas qui empoisonne leurs relations depuis plus d'un an.
"Une pointure du business international"
Sur ses aptitudes de nouvel ambassadeur, dont le profil est totalement inconnu au Maroc, un observateur avisé de la vie politique française n’hésite pas à le qualifier de "véritable pointure économique et business" ; non seulement surdiplômé, mais aussi titulaire d’un passé brillant à la tête de l’agence publique Ubifrance (2008-2024) puis Business France (2017-2022), qui plaide en sa faveur.
"Si Christophe Lecourtier, qui a fait le choix de privilégier ses aptitudes économiques, n’est pas un responsable politique, son passé à la tête des ambassades de France en Australie et en Serbie le distingue du profil classique des fonctionnaires du Quai d’Orsay, notamment de celle qui l’a précédé au Maroc (Hélène Le Gall, ndlr)", explique notre interlocuteur, qui tient à différencier les deux parcours diplomatiques.
"Le fait qu’il soit inconnu au Maroc et qu’il n’ait pas été parrainé par les anciens présidents Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy qui étaient très proches du Maroc ne doit pas être interprété (par la presse marocaine) comme une lacune, ou comme étant ‘un monsieur Nobody’ nommé juste pour ne pas laisser le poste vacant trop longtemps."
"Une nomination qui montre une volonté de réconciliation"
Selon notre source, cette nomination montre en effet que la France a décidé de privilégier sa relation économique avec le Maroc, mais qu’elle a également et surtout une volonté affirmée de se réconcilier avec lui, ou au moins de faire évoluer leur relation figée depuis septembre 2021.
"On en saura certainement plus lors de la visite les 15 et 16 décembre de la ministre Catherine Colonna, qui devra préparer la visite du président Macron. Cependant, tout laisse penser qu’un déblocage est en cours, même si l’on attend toujours la nomination d’un ambassadeur marocain à Paris", résume ainsi notre interlocuteur.
"L’arrivée du remplaçant de Hélène Le Gall, suivie de la visite d’une ministre et du chef de l’Etat français, augure des cadeaux de réconciliation mais aussi des attentes relatives a la question des visas", conclut-il.
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