Immobilier : les perspectives d’évolution demeurent sombres (experts)

M.Ett | Le 19/5/2022 à 18:41
Souffrant de plusieurs problématiques, le secteur immobilier n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. Le manque de visibilité plane toujours sur le secteur. Les opérateurs et les analystes n’arrivent pas à se projeter dans les prochains mois.

Le manque de visibilité plane toujours sur le secteur immobilier.  Joint par LeBoursier, Anis Benjelloun, vice-président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) estime que « les perspectives du secteur sont sombres cette année ».

En cause : la hausse des prix des intrants dans la construction immobilière à cause du déclenchement de la guerre en Ukraine.

« Les prix des matières premières continuent d’augmenter. Cette situation est extrêmement inquiétante. Nos calculs et nos plans de financement sont chamboulés. On a pris des engagements pour la vente sur plans avec nos clients, et maintenant on se retrouve face à des hausses spectaculaires des intrants. Du coup, on n’a pas de visibilité. On ne sait pas comment cette situation va évoluer ».

La hausse des prix des matières premières génère une deuxième problématique : «  On ne sait pas si la hausse des prix des intrants à l’international justifie complétement la flambée des prix à l’échelle nationale ou pas ou s’il y a des producteurs qui profitent de cette situation pour augmenter davantage leurs prix », ajoute notre interlocuteur.

« Ce sont autant d’éléments qui montrent que le secteur est en difficulté. Les derniers chiffres publiés par Bank Al-Maghrib parlent d’un recul important des transactions ces derniers mois », souligne-t-il.

S’ajoute à cela la non-reconduction des avantages fiscaux sur les droits d’enregistrement qui avaient soutenu l’activité en 2020 et 2021, décidés dans la LFR 2020.

« Les avantages fiscaux n’ont pas été reconduits. Rien n’a été communiqué dans ce sens pour le moment. Nous sommes en discussion avec le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, mais cela n’a toujours pas abouti à une solution. Il y a un manque de visibilité énorme ».

A rappeler que le segment du logement social avait particulièrement bénéficié d’une forte dynamique au premier semestre 2021 grâce à la baisse sur les droits d’enregistrement. Ces avantages fiscaux, qui avaient boosté les ventes de 25% à 30% sur les 6 premiers mois de l’année, ont touché à leur fin en juin 2021.

Quel est l’impact de la non-reconduction de ces avantages fiscaux ? « La classe sociale va se trouver face à de grosses difficultés vu l’augmentation des prix des matières premières et vu la non-reconduction de ces dispositions fiscales. Cette situation continuerait d’impacter négativement les ventes du secteur».

Ainsi, « la situation globale est difficile. Le secteur est en crise. Le consommateur a un pouvoir d’achat réduit. Les perspectives ne sont pas bonnes. Il y a un énorme stock à écouler. On commence à assister à un arrêt des chantiers à cause de la hausse des prix des matières premières. Cela va mettre en péril des centaines de milliers d’emploi qui sont précaires, essentiellement issus du monde rural », continue-t-il.

« Nous ne demandons pas de subventions. Nous demandons simplement que l’Etat joue son rôle de régulateur en cette période de crise et de se pencher sur les raisons fondamentales de cette hausse démesurée des prix des intrants. Nous demandons aussi à ce que l’Etat établisse de nouveaux programmes et de nouvelles dispositions pour réduire les coûts des biens », souligne-t-il.

Evolution des immobilières cotées : les analystes n’ont pas de visibilité

Un analyste de la place, contacté par LeBoursier, estime que « c’est difficile de prévoir les perspectives d’évolution du secteur dans ce contexte actuel, marqué par le ralentissement de la croissance, la hausse de l’inflation, qui dégrade le pouvoir d’achat, et la flambée des prix des matières premières. Ce contexte ne joue pas en faveur du secteur. Les statistiques publiées dernièrement le démontrent : les ventes de ciment sont en baisse, le prix de l’immobilier recule, etc ».

Sur le même registre, un deuxième analyste trouve que « le manque de visibilité persiste. Les opérateurs font face à plusieurs risques. On n’a pas vraiment d’éléments sur lesquels on pourrait baser nos prévisions pour ce secteur».

« La situation pourrait peut-être changer si l’Etat décide de réagir pour soutenir ce secteur. Pour le moment, il n’y a pas de visibilité», pense-t-il.

L’indice sectoriel boursier « Participation et promotion immobilières » affiche une baisse de presque 5% depuis le début de cette année. Les immobilières cotées affichent des évolutions de cours un petit peu mitigée. Addoha a reculé de 26% depuis début 2022. Résidences Dar Saada a lâché presque 2%. En face, Alliances a bondi de 90%.

>> Lire aussi : Alliances renoue avec les bénéfices : les explications du management du groupe

Vous avez un projet immobilier en vue ? Yakeey & Médias24 vous aident à le concrétiser!

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous

Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
lire aussi
  • | Le 24/7/2024 à 14:16

    Imane Belmejdoub nommée directrice du développement stratégique à Lesieur Cristal

    Lesieur Cristal a annoncé le retour d'Imane Belmejdoub au sein du groupe en qualité de directrice du développement stratégique, des fusions-acquisitions et d'autres initiatives de développement business.
  • | Le 24/7/2024 à 9:43

    Maroc Telecom : en prenant en compte l'amende, le RNPG du groupe passe dans le rouge

    Le groupe a pu capitaliser sur la croissance de ses filiales africaines pour tirer son chiffre d'affaires à la hausse. Les revenus de l'activité nationale reculent de 1,6% mais les marges s'améliorent. Les dotations nettes aux provisions et dépréciations comprennent l’impact de la provision complémentaire du litige opposant Maroc Telecom à l’opérateur Wana Corporate pour un montant de 5,9 milliards de dirhams au 30 juin 2024.
  • | Le 23/7/2024 à 16:14

    Malgré des performances notables, voici pourquoi le secteur bancaire décolle peu en bourse

    Le secteur bancaire affiche des niveaux assez bas de valorisation. Attijari Global Research l'évoque dans une récente note. Le MASI traite à 19,1x ses bénéfices alors que l'indice Banques traite à 15x ses bénéfices, au plus bas depuis quinze ans. Malgré des performances notables en 2023 et au T1-24, les bancaires bougent peu en bourse. Du cash frais des institutionnels pourrait changer la donne. Les OPCVM, eux, sont limités.
  • | Le 23/7/2024 à 13:40

    Le groupe Hayan boucle une émission obligataire de 110 MDH

    Le groupe Hayan annonce, ce mardi 27 juillet, la finalisation d'une émission obligataire de 110 millions de dirhams pour sa filiale éducative, le groupe scolaire Jacques Chirac.
  • | Le 22/7/2024 à 17:02

    Placements. Les investisseurs se positionnent sur le moyen, long terme au détriment du court terme

    Les chiffres de l’ASFIM à fin juin montrent que l’encours sous gestion des OPCVM a progressé de 7,3% au premier semestre, en franchissant les 600 MMDH. Une décollecte de l’obligataire court terme est observée, de l’ordre de 5,5 MMDH. D’un mois sur l’autre, l’encours a baissé de 11,2% traduisant une volonté des investisseurs de se positionner sur de l’OMLT plus risqué, mais plus rémunérateur.
  • | Le 18/7/2024 à 16:39

    Marsa Maroc veut se positionner comme un acteur majeur en Méditerranée occidentale

    Après plusieurs annonces marquantes qui impacteront positivement la dynamique de développement du groupe à Agadir, à Nador West Med ou encore à Cotonou au Bénin, Marsa Maroc nous explique ses choix.