Sonasid : Ismaïl Akalay revient sur les opportunités et les chantiers à venir

B.B | Le 24/3/2022 à 19:11
Le groupe a affiché des très bonnes performances opérationnelles en 2021 avec une forte hausse de la profitabilité et du dividende. L’ouverture prochaine de la Zlécaf ouvrira des opportunités sur le marché africain. Avec un taux de 100% d’énergies renouvelables utilisées dans sa production d’ici 2023, le groupe ambitionne d’exporter dans l’UE d’ici 2026. Au T4-2022, il commencera la production de fibre d’acier dont 80% sera exporté en Amérique du nord. Le groupe lance également un laboratoire de R&D au Maroc pour mieux répondre aux besoins locaux.

Ce jeudi 24 mars, suite aux annonces des résultats annuels 2021 de Sonasid, le groupe a organisé un déjeuner de presse à Casablanca en compagnie du directeur général du groupe, Ismaïl Akalay. L’objectif étant de discuter à bâtons rompus des résultats, objectifs et ambitions du groupe après une année exceptionnelle qui vient de se clôturer.

En 2021, Sonasid a affiché une forte amélioration de ses indicateurs financiers après une année 2020 impactée fortement par la pandémie. Le groupe a affiché un chiffre d’affaires consolidé à 4.494 MDH en hausse de 43% par rapport à 2020 grâce à un double effet prix et volume sur l’acier. Le groupe a conservé un bilan solide avec un excédent de trésorerie de 957 MDH. Le RNPG consolidé du groupe est passé dans le positif à 108 MDH contre un déficit de -28 MDH en 2020. Le groupe a pu également miser sur une excellence opérationnelle et une limitation des coûts de production pour améliorer sa profitabilité.

Une évolution des prix indéterminable cette année

En 2022, le groupe a continué à voir s’apprécier les prix des matières premières avec une hausse de 171% de la ferraille de mars 2020 à mars 2022 et de 159% de la billette en deux ans. Une situation qui a rendu plus chers les produits importés que les produits locaux dès 2021.

Si le groupe a bénéficié de prix de vente très bénéfiques en 2021, qu’en sera-t-il cette année? Des dires du directeur général, « il est impossible de prédire l’évolution des prix de vente. Cela est dû à la rareté de la ferraille. Nous importons 60% de nos besoins en ferraille. Ce que nous constatons, c’est que tous les deux jours, les prix augmentent, surtout depuis la guerre en Ukraine. Nous achetons de la ferraille européenne et différents pays européens ont décidé de faire du lobbying pour arrêter son exportation. Néanmoins, aucune rupture d’approvisionnement n’est à prévoir côté ferraille ». Mais le groupe démarche désormais d’autres marchés pour limiter cette hausse et anticiper une éventuelle cessation d’exportation de la part des principaux exportateurs européens.

Lors de l’événement, l’un des nouveaux projets annoncés et prévu pour cette année est l’ouverture d’un laboratoire de recherche. Cette annonce a été faite par le directeur généralt. « Jusque-là, Sonasid travaillait avec les produits de la R&D d’Arcelor Mittal pour répondre à des besoins spécifiques du marché marocain et sur de l’acier assez élaboré » confie Ismaïl Akalay. Pour la première année, un budget entre 6 à 8 MDH y sera alloué.

Le groupe va également lancer la production, au quatrième trimestre 2022, de la fibre d’acier, un nouveau produit à forte valeur ajoutée qui sera destiné majoritairement à l’export.

Lancement de la fibre d’acier au dernier trimestre 2022

Cette année, le groupe commencera la production de nouveaux produits à forte valeur ajoutée, principalement à destination du marché nord-américain. « Cette production commencera au 4e trimestre 2022 et 80% sera destinée à l’exportation vers le marché américain » nous explique le directeur général du groupe. Cette fibre d’acier est un produit particulièrement apprécié par les marchés nord-américains et européens et sera fabriquée dans l’usine de Nador.

Mais le groupe compte bien marqueter le produit à l’échelle nationale. « Aujourd’hui, cette technologie n’est pas encore utilisée, mais nous souhaitons convaincre les entreprises de génie civil pour les utiliser. Il dispose de plus de valeur ajoutée, c’est un marché de niche et il nous permettra de baisser la proportion de commodities dans notre portefeuille de produits que nous mettons sur le marché » précise Ismaïl Akalay. Une production de 12.000 tonnes est prévue sur une année pleine.

Mais le groupe compte également, à terme, renforcer ses exportations, qui ne pèsent aujourd’hui que 5% de son chiffre d’affaires. Et cela sera notamment possible via les énergies renouvelables lui permettant de produire de l’acier vert compétitif pour s’introduire sur les marchés européens.

Une opportunité à saisir sur les exportations

Actuellement, 85% de l’énergie qui alimente les usines de Sonasid provient de source éolienne. Le directeur général a également confié que « le projet solaire avec Nareva sera livré en fin d’année. Fin 2022, nous bénéficierons de l’énergie solaire à Nador. En 2023, nous aurons 100% d’énergies verte ». Cela représente un avantage important par rapport à de nombreux sidérurgistes européens qui ne disposent pas de ce mix énergétique. « Les sidérurgistes européens souffrent car avec ces hausses des coûts d’énergie, ils ont 50€ à 70€ de plus la tonne, qu’ils doivent répercuter sur leur prix de vente. Nous qui avons une énergie principalement verte, il se peut que nous devenions compétitifs pour exporter sur l’Europe » nous confiait déjà Ismaïl Akalay en octobre 2021.

Actuellement, avec la pression sur les stocks à l’échelle nationale et la forte demande au Maroc, Sonasid n’exporte pas dans l’Union européenne, et privilégie le marché local. Entre 2023 et 2026, le groupe cherchera à être accrédité sur son acier vert avant la mise en place d’un barème en 2026. « Cette certification européenne reconnaîtra que nous avons un métal vert. La taxe d’ajustement carbone s’applique selon le taux de carbone déclaré par le produit importé dans l’UE. Durant trois ans, nous allons déclarer le taux de carbone dans chaque produit et à partir de 2026, la taxe sera calculée selon ce taux » nous explique le groupe durant le rendez-vous. Le groupe ambitionne d’ailleurs de doubler son EBITDA d’ici à 2026.

L’un des atouts à rappeler sera également l’ouverture de la Zlecaf qui permettra au groupe d’attaquer le marché africain sans avoir à s’acquitter des 22% de droits pour y exporter son rond à béton. Une opportunité qui recèle un potentiel énorme et qui donnerait à Sonasid une carte à jouer pour venir concurrencer les industriels turcs et chinois déjà présents.

>>> Lire aussi: Sonasid : Les performances et perspectives du groupe décryptées par Ismaïl Akalay

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