CIH : Hausse des profits et retour à un dividende normatif en 2021

B.B | Le 13/3/2022 à 7:55
La diminution du coût du risque, la non récurrence du don et la bonne dynamique commerciale ont fait fortement augmenter les profits du groupe. Les répercussions de la guerre en Ukraine n’impacteront pas directement la banque, mais la vigilance est de mise. Le risque actuel est revenu à son niveau normatif. La cession des parts dans Maroc Leasing et Maghreb Titrisation a permis de libérer près de 500 MDH de fonds propres. Un DPA de 14 dirhams sera proposé.

Le 11 mars, le groupe CIH Bank a tenu une visioconférence pour annoncer ses résultats financiers annuels 2021. Malgré les perturbations encore présentes sur le marché, les performances du groupe s’affichent au vert.

« Au global, nous avons eu une très bonne année commerciale avec une évolution des dépôts et des crédits à deux chiffres. Le résultat net retrouve également un niveau normatif par rapport à 2019 » a annoncé Lotfi Sekkat, PDG du groupe, durant la présentation.

Le RNPG dépasse les 600 MDH et le dividende augmente de 75% en 2021

Les dépôts clientèle s’établissent à 63 MMDH en 2021, en progression de 17,1%. Pour leur part, les crédits clientèles sont de 74,4 MMDH, en hausse de 18,1%. Les crédits hors immobilier, quant à eux, s’affichent à 41,9 MMDH, en progression de 28%. Ils représentent désormais 56,4% de l’encours des crédits consolidés du groupe.

Le groupe a connu une bonne dynamique bancaire cette année et a amélioré son PNB de 12,6% par rapport à 2020, à 3,1 MMDH. Cette évolution favorable provient de l’amélioration de 22,2% de la marge nette d’intérêt du groupe en 2021 suite à la hausse de l’activité commerciale.

Le résultat brut d’exploitation de CIH s’élève à 1.388,7 MDH, en hausse de 30,5%. Le coût du risque a reculé de 54,2% sur l’année à 456,5 MDH. Il se fixe à 0,59% contre 1,51% à fin 2020. Sous l’effet de la bonne activité commerciale, de la non-récurrence du don et de la diminution des provisions, le résultat net explose de plus de 600% à 603 MDH. Même par rapport à une année normative comme 2019, le RNPG évolue de plus 41%.

Cette amélioration permet au groupe de retrouver des niveaux de distribution normatifs pré-crise. Comme en 2019, le conseil d’administration a décidé de proposer la distribution d’un dividende de 14 dirhams par action, soit une hausse de 75% par rapport au dividende 2020.

Le dirigeant s’est également prêté au jeu des questions-réponses durant lesquelles il s’est exprimé, notamment sur la situation économique tendue à l’international et les impacts sur le secteur bancaire.

Des répercussions limitées sur CIH, mais la vigilance reste de mise

Le contexte actuel et son impact potentiel sur les banques et leur clientèle a été évoqué durant la visioconférence. Pour le PDG du groupe, les répercussions de la guerre en Ukraine perturberont l’économie nationale, mais les répercussions sur le groupe précisément, seront limitées.

« Cette situation en Ukraine aura des impacts partout. Sur CIH directement, je ne pense pas qu’il y ait des répercussions. De manière indirecte, en revanche, cette situation a accéléré la flambée des matières premières, que nous observions d’ailleurs avant le démarrage du conflit. Cela aura un impact sur notre économie » explique Lotfi Sekkat. Naturellement, ces hausses provoquent déjà une augmentation des prix et des complications d’approvisionnement en matière première.

« Cependant, il est compliqué de prédire quel impact précis, cela aura sur l’inflation dans notre pays. Le principal c’est que notre économie a été résiliente et que notre système bancaire accompagne ses clients. Nous accompagnons des clients pour augmenter les lignes sur l’import en cette phase particulière » précise-t-il. Ces répercussions d’inflation et de pouvoir d’achat érodés des ménages entraînent également des risques d’impayés de la part des ménages et des entreprises. « Nous demeurons vigilants sur ces points, car il y a certainement un effet de latence, donc nous observons la situation. Le comportement de notre coût du risque à fin février 2022 est meilleur qu’en 2021 » explique Lotfi Sekkat.

Un niveau de risque similaire à 2021 attendu cette année

Si les risques sur le marché sont encore présents, une évolution du coût du risque n’est pas à prévoir pour le moment selon Lotfi Sekkat. Actuellement, des niveaux normatifs sont observés. « Nous sommes actuellement à 0,6% en termes de risque à fin 2021, ce qui est normatif car généralement compris entre 0,4% et 0,7%. A priori, 2022 devrait s’inscrire dans cette logique également » précise-t-il.

Il est à rappeler que le groupe est historiquement lié aux secteurs hôtelier et immobilier. Ce dernier a fortement souffert durant la crise, mais actuellement, le portefeuille n’est pas sous pression particulière. « Notre exposition au secteur se situe entre 1,5 et 2 MMDH dont la moitié est constituée des hôtels en développement, ce qui veut dire qu’il n’y a pas encore d’impact. Qui plus est, la reprise s’amorce depuis quelques mois. Pour l’autre moitié en exploitation, elle a bien résisté car elle a bénéficié des mesures d’accompagnement » précise le PDG, tout en signalant que les provisions ont été effectuées au cas où la situation se dégrade.

Le groupe est également revenu sur la cession de ses parts minoritaires dans Maghreb Titrisation et Maroc Leasing à la BCP, tout en expliquant le montant et les motivations de l’opération.

Une volonté d’indépendance dans les activités de titrisation et de leasing

L’une des opérations phares de l’année 2021 a été la cession des parts de CIH dans Maghreb Titrisation et Maroc Leasing à la BCP. Cela a été annoncé au début du mois de juillet 2021. Durant la conférence, le PDG a précisé que le montant de l’opération s’était évalué à près de 500 MDH.

Les motivations de l’opération visaient à faire gagner de l’indépendance sur ces activités. « Nous étions dans ses structures pour faire du leasing et de la titrisation avec des partenaires. Aujourd’hui, CIH a des structures où il traite exactement les mêmes activités, mais où il se trouve majoritaire et seul. Nous avons une structure de titrisation et nous avons SOFAC qui traite du crédit consommation. Nous avons également demandé l’extension de la licence de SOFAC à Bank Al Maghrib pour qu’elle puisse faire du leasing, et elle nous a été accordée » explique le PDG du groupe. L’opération a donc permis de libérer des fonds propres en 2021 à hauteur de près de 500 MDH.

Sans dévoiler le moindre détail, le PDG a également indiqué que pour faciliter la croissance du groupe, « une augmentation de capital est à l’étude ».

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