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Visas Schengen : une procédure spéciale pour les professionnels du TIR

Les représentants diplomatiques de la France au Maroc se sont engagés à faciliter la procédure d’obtention de rendez-vous pour le dépôt des demandes de visa des transporteurs internationaux de marchandises, mais aussi à accélérer le traitement de leurs dossiers, apprend Médias24 de sources informées. Les détails.

Visas Schengen : une procédure spéciale pour les professionnels du TIR

Le 7 décembre 2021 à 16h49

Modifié 7 décembre 2021 à 16h58

Les représentants diplomatiques de la France au Maroc se sont engagés à faciliter la procédure d’obtention de rendez-vous pour le dépôt des demandes de visa des transporteurs internationaux de marchandises, mais aussi à accélérer le traitement de leurs dossiers, apprend Médias24 de sources informées. Les détails.

La décision des autorités françaises de réduire de 50% l’octroi de visas aux Marocains, entrée en vigueur en septembre dernier, a également concerné les chauffeurs du transport international de marchandises, portant atteinte aux échanges commerciaux entre les deux pays, notamment aux exportations et importations de fruits et légumes frais.

Ainsi à l’approche de la campagne d’exportation des agrumes et des primeurs, et au vu de la conjoncture actuelle marquée par la surchauffe du fret maritime, les exportateurs du secteur expriment leur inquiétude face à cette problématique et appellent à une solution urgente. C’est le cas des exportateurs de tomates qui font déjà face à des barrières indirectes à l’entrée du marché européen, en pleine saison d’export.

Baisse de 10% des réponses favorables aux demandes de visa

Interpellé sur ce sujet, lundi 6 novembre au Parlement, le ministre du Transport et de la logistique, Mohamed Abdeljalil, a indiqué que le ministère avait été saisi par de nombreux acteurs du secteur du transport international routier au sujet des difficultés d’obtention de visas Schengen.

« Les autorités marocaines ont eu des échanges de haut niveau dans ce sens avec les représentants diplomatiques de France au Maroc, dans le but de faire face à cette problématique. Ces derniers nous ont assuré que cette année (2021, NDLR) le nombre de demandes de visa déposées (auprès des services consulaires français, NDLR) a connu une très grande augmentation par rapport à l’année précédente, au vu de la croissance qu’a connu le secteur du transport international routier de marchandises en comparaison avec les années précédentes », a-t-il souligné en se gardant de dévoiler les chiffres.

« Le nombre de visas accordés est resté presque similaire à celui de l’an passé [2020, année du confinement]. C’est le nombre de réponses favorables qui a baissé d’environ 10%. »

Mohamed Abdeljalil s’est voulu rassurant après les rencontres tenues avec les représentants français au Maroc. « Nous avons reçu des signes positifs, qui vont dans le sens de l’élaboration de solutions concrètes pour mettre fin à cette problématique. Ils se sont ainsi engagés à faciliter la procédure de prise de rendez-vous, et à accélérer le délai de traitement des dossiers de demande de visa, pour accompagner au mieux les échanges commerciaux entre la France et le Maroc. »

Joint par nos soins ce mardi 7 novembre au matin, le ministre du Transport et de la logistique n’a toutefois pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

« Un nouveau cahier des charges pour minimiser le risque de refus »

Abdelilah Hifdi, président de la Fédération du transport et de la logistique, affiliée à la Confédération générale des entreprises du Maroc (FTL-CGEM), nous a, pour sa part, livré les éclaircissements suivants.

« Le président de la CGEM, Chakib Alj, et le ministre délégué français chargé du Commerce extérieur et de l’attractivité, Franck Riester, ont tenu une première réunion le 22 novembre dernier, durant laquelle ont été soulevées les difficultés rencontrées par les entreprises marocaines, notamment les transporteurs internationaux de marchandises, relatives aux visas Schengen. »

À la suite de cette première réunion, une délégation de la CGEM, constituée de Abdelilah Hifdi, Samia Terhzaz, directeur général délégué de la Confédération, Badr Aloui, président de la Commission internationale, Rachid Tahiri, vice-président de la Fédération de transport et de la logistique, et Driss Bernoussi, président de l’Association marocaine des transporteurs routiers inter-continentaux (AMTRI), a été reçue jeudi 2 décembre par l’ambassadrice de France au Maroc, Hélène Le Gal, accompagnée de deux consuls généraux de France à Rabat et à Casablanca, et de la conseillère économique de l’ambassade de France au Maroc.

« Au cours de cette réunion, marquée par la volonté de trouver une issue à cette problématique, chaque partie a présenté les difficultés rencontrées sur ce dossier », nous confie le président de la FTL.

« Les représentants français nous ont ainsi expliqué que le nombre de visas accordés aux transporteurs de marchandises marocains n’avait pas baissé. Il continue d’augmenter depuis 2018. C’est le nombre de refus qui a augmenté, suite à un manque de transparence dans de nombreux dossiers. Cet obstacle les a poussés à allonger le délai de traitement, afin d’étudier les documents déposés en profondeur. D’autres sont incomplets ou non conformes. »

« Pour réduire ce délai d’attente, qui porte préjudice au secteur, il a donc été décidé de mettre en place une procédure claire, sur la base d’un cahier des charges élaboré conjointement, dont l’objectif est de faciliter la procédure de dépôt des demandes, mais aussi de mettre fin au manque de transparence. Une première réunion est prévue ce mardi après-midi, pour discuter de ce projet. »

Concrètement, « nous avons convenu plus de transparence dans les dossiers de demande de visa, avec davantage d’implication de la part de la FLT, et à travers elle, toutes les entreprises du secteur », indique notre source.

« Le cahier des charges aura notamment pour objectif de réduire la marge d’appréciation » des représentations diplomatiques de France au Maroc. « Nous allons entrer dans les détails concernant le volet technique des dossiers, le but étant de minimiser le risque de refus. »

« D’un autre côté, il n’y aura plus de relation directe entre les transporteurs et les services consulaires. Avant, nous avions un Fast-Track de 48h, qui a atteint les trois semaines actuellement. Cela signifie que quand le visa d’un conducteur prend fin, ce dernier est immobilisé durant près d’un mois. Nous avons donc proposé de procéder de la même manière qu’avec la Grande-Bretagne. »

« À un mois de la fin du visa d’un conducteur, le patron de la société se chargera de déposer une demande de renouvellement au profit de ce dernier auprès des services consulaires, sans pour autant leur présenter son passeport. Ces services ont donc un mois pour traiter le dossier. Une fois le visa accordé, le patron de la société leur livrera le passeport du conducteur en question pour lui apposer son visa. »

« La raréfaction des visas a engendré une croissance des rémunérations, puisque les détenteurs de visas se font de plus en plus rares, mais aussi un grand turnover au niveau des entreprises. »

« En mettant en place cette procédure, les patrons des différentes sociétés se portent garants. Cela permet d’un côté de maintenir les emplois, et de mettre fin au manque de transparence », mais aussi d’éviter l’immobilisation des conducteurs pendant de longues périodes.

« Le secteur du transport de marchandises au Maroc connaît une croissance de 10% à 15% par an, ce qui implique une hausse du nombre de demandes de visa. Le transport est un outil de mobilité, et le flux entre les deux pays (Maroc-France, NDLR) nécessite des visas valides. De plus, nous avons un statut avancé dans les échanges avec la France et sommes en train de parachever un ALECA (accord de libre-échange complet et approfondi) ; la libéralisation des services est donc au premier plan. »

Abdelilah Hifdi a tenu à assurer que la réunion avec les représentants diplomatiques français s’était déroulée dans un climat particulièrement cordial. « Nous avons senti une volonté d’aller de l’avant et d’octroyer davantage de visas à cette catégorie de personnes. Ils ont ainsi accepté toutes nos propositions. »

Les exportateurs nationaux souffrent déjà d’un problème de rareté des bateaux et de disponibilité de conteneurs, ainsi que de la flambée des prix du fret. Si en plus les chauffeurs de TIR sont privés de visas, cela risque de porter atteinte à l’acheminement de leurs produits vers l’Europe.

La décision française de réduire de 50% l’octroi de visas aux Marocains a pour but d’obliger le Maroc à revenir au niveau de réadmission des ressortissants en situation irrégulière en France d’avant la crise du Covid.

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