Au RNI, les alliances locales pour les communales et les régionales soumises à l'aval du siège
Contrairement à 2015, les partis ne laissent plus la main à leurs troupes à l'échelon local, car les élections des organes des communes et des régions sont des cartes importantes pendant la négociation pour la formation du gouvernement.
Les élections communales et régionales ne sont pas terminées. Le scrutin du 8 septembre a sélectionné des conseils régionaux et des conseils communaux, c'est-à-dire des assemblées d'élus qui vont gérer les villes, les villages, les communes ou les régions. Pour fonctionner, ces assemblées devront élire un président, et constituer un bureau en se partageant les tâches et les responsabilités.
Il ne suffit pas d'avoir obtenu des sièges, aussi nombreux soient-ils. Si un parti n'a pas la majorité, il est obligé de composer avec d'autres. C'est une négociation où chacun utilise ses cartes pour obtenir le maximum, une présidence ici, une vice-présidence par là, une commission etc...
Cette année, le processus électoral prendra fin le 5 octobre avec l'élection de la chambre des conseillers. Pour ce qui concerne les conseils communaux, régionaux, provinciaux et préfectoraux, le scrutin aura lieu entre le 16 et le 25 septembre. D'ici là, ont lieu les habituelles négociations d'alliances.
En 2015, les négociations d'alliances se faisaient à l'échelon régional et local des partis. Chaque représentation locale ou régionale construisait sa stratégie de négociation et nouait ses alliances.
Cette année, il en est différemment, parce que la négociation pour la composition du gouvernement se tient parallèlement au processus d'élection des organes des communes et des régions. Or, les acteurs de la négociation sont les mêmes, qu'il s'agisse de composer un gouvernement ou d'élire les organes des communes et régions. Ce sont les partis politiques, sauf exception (candidats indépendants).
Les consultations pour constituer le gouvernement sont menées par Aziz Akhannouch, redoutable négociateur. En face, des partis dont chacun essaiera d'obtenir le maximum en fonction des cartes qu'il détient. Akhannouch peut donner par exemple un coup de pouce décisif pour une présidence de la Chambre des représentants, un joker car c'est une position très prestigieuse. C'est évidemment grâce au président du RNI que l'USFP a dirigé la chambre depuis 2017. Cette fois-ci, il est possible ou même probable que cette carte sera gardée pour les troupes du RNI.
Les organes des communes et des régions sont un atout maître. Numériquement, le RNI a une excellente position par rapport à ses compétiteurs. Il utilisera probablement ces cartes dans ses échanges avec les autres partis politiques. Son objectif à lui sera un gouvernement stable, avec une majorité confortable et maîtrisée. L'objectif des partenaires sera un maximum de maroquins, des portefeuilles prestigieux (Justice, Finances, Industrie etc).
Pour améliorer sa position de négociation, il va manifestement utiliser une panoplie de cartes: le joker de la Chambre des représentants, des promesses de nominations à des postes prestigieux ou à des instances entrant dans le périmètre du gouvernement; et enfin et surtout, des présidences de régions, de villes, des mairies... Maire de Casablanca, de Rabat ou d'une grande ville, est une prise très prestigieuse pour un parti politique.
Depuis 24 heures, se multiplient les annonces au sujet d'accords conclus localement par les Indépendants. Par exemple au sujet des mairies de Rabat, de Casablanca ou de Fès.
Ce samedi en début d'après-midi, Akhannouch a rappelé à l'ordre ses troupes. Pas d'alliance locale sans validation préalable par le parti à l'échelon central, annonce un communiqué du parti ( fac-similé ci-dessous). C'est de bonne guerre.
Ci-dessous, l'accord conclu à Fès pour la mairie, avant sa validation par les instances centrales du RNI.
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