Le premier conseil d'administration du Fonds Mohammed VI pour l'investissement se prépare
Après le parachèvement des prérequis nécessaires au démarrage effectif du Fonds, notamment sur les plans réglementaire et juridique, le ministère des Finances prépare le premier conseil d'administration du Fonds Mohammed VI pour l'investissement. Le point avec Mohamed Benchaâboun, ministre de l'Economie et des Finances;
La création du "Fonds Mohammed VI pour l’Investissement" a été décidée par le Roi Mohammed VI qui avait évoqué un Fonds d’Investissement Stratégique « pour remplir une mission d’appui aux activités de production, d’accompagnement et de financement des grands projets d’investissement public-privé, dans divers domaines ». La loi n° 76-20 a doté ledit Fonds du statut de société anonyme pour plus de performance et de transparence.
Pour parachever les prérequis nécessaires au démarrage effectif du Fonds, plusieurs démarches ont été effectuées:
- la publication du décret d’application permettant d’approuver les statuts du Fonds et la fixation de son capital initial à 15 milliards de dirhams ;
- la libération du capital social prévu à la constitution de la société. La loi n°76-20 portant création du Fonds Mohammed VI fixe son capital social à 15 milliards de DH (MMDH) entièrement souscrit par l’Etat et correspondant à la contribution du budget à l’effort d’investissement du Fonds. Ce montant a déjà été débloqué dans un compte distinct réservé au fonds dans l’attente de son opérationnalisation effective.
- l’inscription du Fonds sur la liste des entreprises stratégiques dont la nomination du Directeur Général relève des prérogatives du Conseil des Ministres ;
- l’enregistrement du Fonds au Registre du Commerce.
Les préoccupations de relance économique et de sauvetage d'entreprises dans certains secteurs, conduit à s'interroger sur la date à laquelle le fonds sera opérationnel, le volet réglementaire et juridique étant bouclé. Benchaâboun répond à cette question:
"Les diligences sont en cours pour la tenue de la première réunion du Conseil d’Administration du Fonds devant porter sur l’approbation des résolutions marquant son démarrage effectif, notamment en ce qui concerne le plan d’action prioritaire, l’identification des premiers grands projets à financer en partenariat avec le secteur privé et la création de la structuration et l’opérationnalisation des fonds sectoriels et thématiques prioritaires par le choix des sociétés de leur gestion, ainsi que la mise en place d’autres instruments de gouvernance tels que les comités, la convention de contrôle financier de l’État, et les instruments de gestion", nous explique Mohammed Benchaâboun, ministre de l'Economie et des Finances.
"L'objectif, c'est de démarrer au plus tôt, les interventions du Fonds", ajoute le ministre.
Outre la date du démarrage, l'autre question qui se pose concerne les 30 milliards de DH supplémentaires que le Fonds doit lever pour boucler les 45 milliards ciblés par le Fonds.
Le Fonds Mohammed VI devra en effet investir un montant global de 45 milliards de DH dont 15 MMDH provenant du budget de l’État et 30 MMDH à lever auprès d’investisseurs institutionnels nationaux et internationaux.
"Des contacts soutenus sont établis avec des investisseurs institutionnels nationaux publics et privés ainsi qu’avec des institutions internationales et régionales. Ces contacts ont permis de présenter le cadre juridique du fonds et les grandes orientations qui s’en dégagent, en matière d’objectifs stratégiques et de politique d’investissement et d’identifier les attentes de ces investisseurs", nous répond M. Benchaâboun.
"A ce titre, les questions abordées concernent l’alignement sur les meilleures pratiques d’investissement à l’international, le niveau des rendements financiers potentiels, le dispositif de gouvernance, la politique de gestion des risques et le respect des principes de durabilité et d’investissement responsable", ajoute le ministre des Finances; des questions légitimes de la part de tout investisseur.
"Ces contacts ont montré un grand intérêt de la part de ces investisseurs, tant nationaux qu’internationaux, à accompagner le déploiement du fonds et à l’inscrire dans leur priorité d’investissement, notamment sur le volet de la structuration et l’investissement dans les sous-fonds thématiques à mettre en place".
Le Fonds Mohammed VI va également cibler des secteurs. Le ministre des Finances nous annonce que les domaines et secteurs jugés prioritaires ont déjà été identifiés: "la restructuration industrielle, l’innovation et les activités à haut potentiel de croissance, la promotion des PME, les projets d’infrastructure et des secteurs stratégiques comme l’agriculture et le tourisme.
"Pour le lancement de ces sous-fonds thématiques, le Fonds Mohamed VI pourra, soit opter pour le lancement de nouveaux fonds comme « sponsor principal », mettant en place de nouveaux véhicules structurés, sous forme de fonds publics-privés donnés en gestion à des sociétés de gestion sélectionnées sur la base d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI), soit intervenir et investir dans des véhicules de financement existants et/ou en création dont les équipes ont développé une expertise dans le capital-investissement et dont la stratégie d’investissement s’inscrit dans l’objet du Fonds", ajoute-t-il.
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