Oujda : Omar Hjira défend son bilan et se montre optimiste pour les futures élections
Pour son 6ème bilan communal des grandes villes du Maroc, Médias24 a donné la parole au président Istiqlalien sortant du conseil de la ville d’Oujda et à un élu d’opposition du PJD, pour revenir sur leurs mandats.
Après s’être intéressée à la gestion communale d’Agadir, Fès, Tanger, Marrakech et Rabat, notre rédaction a invité Omar Hjira, président sortant du conseil de la ville d’Oujda et Rachid Chetouani, élu d'opposition du PJD, à nous livrer le bilan de leur mandat 2015-2021 et à se prononcer sur leurs chances d’être élus ou réélus.
De nouveaux projets et un programme d’entretien
Elu en 2009 puis réélu en 2015, l’Istiqlalien nous déclare que les 6 dernières années ont permis d’une part de réaliser plusieurs nouveaux projets et d’autre part d’entretenir les chantiers initiés en 2009.
« Sachant qu’entre 2009 et 2015, notre équipe a conçu de nombreux projets, une fois réélue, nous avons donc dressé un plan pour maintenir en bon état ce qui avait été réalisé durant les six années précédentes », explique le maire.
9 mètres carrés d’espace vert par habitant contre 2 en 2009
« Grâce à de nombreux investissements de la commune, chaque habitant dispose désormais de 9 m2 d’espace vert contre seulement 2 m2, avant notre arrivée aux affaires.
« De plus, nous avons délégué au secteur privé l’entretien de parcs et de jardins publics (Lalla Aicha, Sidi Yahia, Oasis …), ce qui a permis aux habitants de bénéficier d’espaces verts en bon état.
5 millions de dirhams pour équiper 10 terrains de proximité
« La commune a également signé une convention avec le ministère de la Jeunesse et des Sports pour rénover complètement une dizaine de terrains de proximité à raison de 500.000 dirhams par unité.
« Si trois d’entre eux sont déjà prêts, les autres devraient à leur tour, en 2022 ou 2023 au plus tard, être tous équipés de clôture et de gazon synthétique au lieu de simple goudron actuellement.
La piscine olympique datant du protectorat va renaître de ses cendres
« De son côté, le ministère de l’Intérieur va ressusciter la piscine historique de la ville, fermée au public depuis plusieurs années à cause de fissures dues à des infiltrations d’eau.
« Une fois retapée, la gestion de cet édifice olympique situé au cœur du parc Lalla Aicha de 16 hectares, sera confiée à un opérateur privé mais restera dans le portefeuille de la municipalité.
Les 16 hectares du parc Lalla Aicha serviront à l’entrainement des athlètes
« A terme, elle contiendra plusieurs piscines, dont une sera couverte pour être utilisée en hiver.
« Il y aura aussi des espaces destinés à l’entrainement des athlètes de l’Oriental, avec un parcours dédié pour courir sans compter et un autre réservé aux marches des promeneurs et des familles.
« Hormis la rénovation de la piscine d’origine et la création des circuits pour les athlètes et les familles, le premier club de tennis de la ville est également en pleine restauration.
« D’autres conventions qui ont été signées par la commune avec d’autres départements ministériels vont permettre de résoudre le problème de l’assèchement de plusieurs oueds de la ville.
Le boulevard périphérique, désormais achevé, va fluidifier la circulation
« Concernant les problèmes de circulation routière, nous sommes très fiers d’avoir achevé la construction d’un boulevard périphérique appelé ceinture urbaine qui avait démarré en 2011.
« Ce grand chantier permet de fluidifier la circulation autour de la ville afin que les automobilistes ne passent plus obligatoirement par le centre qui devenait de plus en plus saturé chaque année.
« En effet, auparavant, il fallait traverser toute la ville pour pouvoir en sortir alors qu’aujourd’hui, il suffit d’emprunter une bretelle de ce nouveau boulevard périphérique pour aller en dehors d’Oujda », se félicite Hjira qui regrette cependant de ne plus pouvoir initier d’autres grands projets à cause d’un budget communal limité et surtout d’un manque d’aide étatique depuis quelques années.
La chute des investissements publics explique plusieurs abandons de projets
« Lors de mon premier mandat, la ville a bénéficié de plusieurs programmes, pilotés par les départements de l’Intérieur, de l'Habitat et de l’Environnement, mais le flux public d’investissements s’est tari depuis le dernier programme royal de rénovation routière d’un budget de 400 MDH (2011).
« Sachant que l’Etat n’a plus les moyens d’initier ce genre de programmes d’infrastructures, et que la commune s’est beaucoup agrandie sans hausse conséquente de son budget, nous n’avons pas pu mettre en œuvre plusieurs grands chantiers.
« Ainsi, le marché de gros de fruits et légumes et les nouveaux abattoirs de la ville qui font partie de notre programme sont malheureusement toujours à l’état de projet et n’ont pas pu être construits.
« Idem pour la rénovation des voiries construites en 2011 pour laquelle nous n’avons pas de budget.
« S’il est facile de critiquer notre action ou notre bilan, il est bien plus difficile d’obtenir les budgets pour être en mesure d’initier les grands projets d’infrastructures qui n’ont pu être menés à bout.
Un budget communal qui souffre de la baisse des recettes fiscales
« Avec la crise actuelle et le manque d’efforts financiers gouvernementaux, nous avons beaucoup de mal à faire payer des impôts supplémentaires aux habitants.
« En effet, notre ville est devenue la moins bâtie du Maroc à cause d’une nette régression des autorisations de construire et de lotir », regrette Hjira qui ne sait pas encore s’il va briguer un troisième mandat à la tête du conseil d’Oujda.
« Que je sois candidat ou pas, l’Istiqlal remportera à nouveau le conseil de la ville »
« Sachant que le cumul des mandats législatifs, régionaux et communaux n’est plus possible pour une ville de plus de 300.000 habitants, la décision de savoir à quel scrutin je vais me présenter appartient à mon parti qui devra trancher », temporise le premier édile de la capitale régionale.
Sur les chances de son parti de remporter à nouveau le scrutin communal, Hjira se dit très optimiste sur une nouvelle victoire de « son parti qui dirige la ville d’Oujda depuis l’indépendance du pays »
« Sachant que l’Oriental a toujours été un fief historique de l’Istiqlal, une défaite électorale n’est absolument pas à l’ordre du jour », prédit Hjira qui table sur une très large victoire de son parti aussi bien dans la ville d’Oujda que dans la région.
Le groupe local du PJD, désireux de collaborer avec la majorité, désavoué par sa direction
Se disant incapable de juger le bilan de l’Istiqlal, Rachid Chetouani explique que la seule question qui soit vraiment d’actualité concerne les travaux du conseil qui ont beaucoup souffert des divisions, aussi bien dans les rangs de la majorité que dans l’opposition.
« En effet, le travail de notre groupe a pâti de la position du secrétariat général du PJD qui s’est prononcé contre toute éventuelle participation dans la gestion locale aux côtés d’autres élus et en particulier du PAM qui était à l’époque encore une ligne rouge.
« Malgré la sollicitation des autorités pour que nous participions aux affaires courantes et notre volonté de le faire, la direction a refusé de nous laisser travailler avec le PAM et avec l’Istiqlal.
« Le PJD part très affaibli au prochain scrutin communal »
« Notre groupe de conseillers qui jouit de beaucoup d’estime et de crédibilité était pourtant d’accord pour soutenir plusieurs projets d’infrastructures permettant de sauver la ville et de la développer.
« Positifs et sans partis pris lorsqu’il s’agissait de soutenir des projets dans l’intérêt de la ville comme la résolution des problèmes dans la zone industrielle, les complexes sociaux…, nous avons été totalement désavoués par notre propre parti qui nous a interdit toute collaboration contre-nature avec le PAM en particulier », dénonce Chetouani qui avance que le PJD va sortir très affaibli de ce mandat et ne pèsera pas lors du prochain scrutin communal à cause du départ de plusieurs élus.
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