Elections 2021: voici ce qui filtre sur les programmes des principaux partis

Quelques mois avant les trois scrutins, les partis politiques n’ont toujours pas dévoilé les thèmes de campagne qu'ils exploiteront pour convaincre les électeurs d’aller aux urnes. L’occasion de solliciter les dirigeants des 7 plus grandes formations de la majorité et de l’opposition pour connaître les contours de chaque programme électoral.

Elections 2021: voici ce qui filtre sur les programmes des principaux partis

Le 1 mars 2021 à 20h01

Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Quelques mois avant les trois scrutins, les partis politiques n’ont toujours pas dévoilé les thèmes de campagne qu'ils exploiteront pour convaincre les électeurs d’aller aux urnes. L’occasion de solliciter les dirigeants des 7 plus grandes formations de la majorité et de l’opposition pour connaître les contours de chaque programme électoral.

Sachant que la question du report des élections s’est posée à maintes reprises après l’arrivée de la pandémie, la plupart des partis ont tardé à élaborer puis à rendre publics leurs programmes électoraux. Après avoir consulté des experts sur les thèmes de campagne qui devront être adoptés pour séduire les électeurs, Medias24 a sollicité les grandes formations représentées au Parlement et au gouvernement.

Le programme du RNI est prêt à 95%

Le retard engendré par la pandémie est certainement la raison pour laquelle le RNI est le seul des 7 partis à nous déclarer avoir finalisé à 95% sa feuille de route alors que le PJD, PI, PAM, USFP, PPS et enfin MP disent toujours travailler dessus.

Selon une importante source du RNI requérant l’anonymat, son parti qui avait commencé à travailler sur son programme au lendemain des scrutins de 2016 a accéléré la cadence depuis un an et notamment durant le confinement qui a duré 3 mois.

« Quasi terminé, notre programme requiert cependant encore des arbitrages avant et même après avoir été rendu public car les choses évoluent et on ne peut pas venir avec des solutions déjà dépassées.

Au menu, protection sociale, santé, éducation, création d’emplois

« Nous avons réuni toutes nos compétences qui ont travaillé chacune, en fonction de leur champ d’expertise, sur des grands thèmes comme la protection sociale, la santé, l’éducation et la création d’emplois qui constituent les grands piliers mais ne couvrent pas toutes les priorités du RNI.

« En réalité, ce sont les priorités fixées par un travail d’écoute réalisé par le parti depuis 2016 avec plusieurs tournées régionales (100 jours, 100 villes …) qui ont permis de recueillir toutes les attentes de nos concitoyens.

« Après avoir reçu leurs doléances, des propositions de mesures ont été faites durant 2020 par des cadres qui ont profité de la crise et de l’absence de meetings possibles pour faire avancer le débat.

Des mesures sans hausse de la fiscalité

« La deuxième phase a concerné le chiffrage des mesures proposées par notre programme et leur impact sur les grands agrégats de l’économie (croissance, emplois, déficit budgétaire …).

« Une fois chiffrées, nous avons pu trouver des gisements alternatifs de financement excluant toute hausse de la fiscalité à l’instar de la TVA, l’impôt sur le revenu ou même de l’impôt sur les sociétés.

« Pour résumer, le RNI va donc mettre en avant un plan de bataille chiffré contre les inégalités qui ont été mises à nu par la crise sanitaire (pertes d’emploi, problèmes de couverture médicale …) », conclut notre interlocuteur qui pense que sa tâche sera facilitée par la grande expérience aux affaires du RNI.

La feuille de route du PJD sera finalisée en avril prochain

Interrogé sur les thématiques de campagne qu’utilisera son parti, Driss Adaoui Skalli, membre du forum des cadres et experts du PJD chargés d’élaborer le programme affirme dans un 1er temps que le travail de rédaction est toujours en cours avant de consentir à nous livrer quelques détails.

« Aujourd’hui, notre forum est en phase de discussion sur les problématiques qui devront être mises en avant auprès des électeurs et les réponses opérationnelles qui devront leur être apportées.

« Sachant que nous sommes toujours en train de travailler sur le programme électoral, je ne pourrais pas évoquer ses grandes orientations avant qu’elles ne soient validées au plus tard à fin avril prochain.

Valoriser les réalisations gouvernementales du parti de la lampe

« La seule chose que je peux vous révéler est que nous allons mettre en avant le bilan des réalisations du gouvernement dirigé par notre parti depuis 2011. Si certains partis commencent déjà à attaquer le PJD sur son bilan, cela ne constitue pas pour autant un vrai programme électoral.

« Une partie de notre feuille de route reposera donc sur les avancées réalisées par le gouvernement et une autre plus conséquente devra s’atteler à trouver des solutions socioéconomiques à la crise actuelle.

Un contenu qui s’inspirera aussi du modèle de développement

« A l’image des autres partis politiques, le PJD ne pourra pas éluder l’impact dévastateur du Covid-19 sur les Marocains et devra faire des propositions pour faire rebondir l’économie marocaine.

« A partir de là, le volet socioéconomique de notre programme va partir de ce qui n’a pas encore été fait tout en valorisant nos actions précédentes, continuer sur les chantiers qui ont déjà démarré et enfin tenir compte des nouvelles orientations du futur modèle de développement qui va définir le Maroc de demain », résume le membre du secrétariat général du parti de la lampe.

L’Istiqlal a mobilisé plusieurs commissions de travail avec des jeunes

De son côté, Adnane Benchekroun, vice-président de l’Alliance des économistes de l’Istiqlal nous déclare que le programme de son parti d’opposition à la coalition gouvernementale menée par les deux poids lourds PJD et RNI aura des déclinaisons locales, régionales et nationale.

« Nous avons élaboré des mesures crédibles et faisables qui tiennent compte des contraintes budgétaires et de la situation actuelle de crise économique.

« Pour cela, l’Istiqlal a créé des commissions avec de nombreux jeunes qui travaillent sur les axes suivants :

Priorité à l’éducation, la santé, le stress hydrique, la protection sociale, la gouvernance

– Réussir la réforme de l’enseignement et de la formation professionnelle

– Gouvernance privée et publique de la santé : Révolution AMO, CHU, ressources médicales humaines

– L’économie de l’eau avec un plan consacré aux barrages, au dessalement, à l’assainissement…

– Le climat des affaires avec une charte de l’investissement, une loi sur la grève, une loi-cadre sur la fiscalité, CRI, fonds souverains / PPP, réindustrialisation et visibilité pour libérer les énergies

– Contrat social : Prestation sociale, Indemnité perte emploi, Retraite …

Un programme qui évoluera en fonction de la situation socioéconomique

– Gouvernance régionale et des sujets comme l’économie du sport et de la culture », conclut notre économiste qui précise que le programme évoluera en fonction du contenu du nouveau modèle de développement mais aussi de l’évolution de la situation socioéconomique au 3ème trimestre de 2021.

En d’autres termes, tout peut encore changer sur les priorités qui seront mises en avant le moment venu, même s’il apparaît de plus en plus évident que la critique du bilan de la coalition gouvernementale sera au centre du menu des arguments qui seront développés pendant la campagne pour séduire les électeurs hésitant entre les deux partis conservateurs que sont le parti de la balance et celui de la lampe.

Le PAM privilégie des solutions socioéconomiques à court et moyen terme

Une évolution nécessaire confirmée par Mehdi Bensaïd, membre du bureau politique du PAM, pour qui les années 2021, 2022 et 2023 seront toutes marquées par la crise mondiale due à la pandémie.

« Sachant que ses effets négatifs vont perdurer, l’objectif principal du programme du PAM est de trouver des solutions à court (2022-23) et moyen terme (2026) pour redémarrer l’économie du Maroc », nous déclare Bensaïd pour qui le programme devrait être terminé à la fin du mois de mars.

Aider les secteurs sinistrés en élargissant l’assiette fiscale

« En effet, pour relancer des secteurs très touchés comme celui du tourisme dont dépend de très nombreux ménages, il faut d’une part élaborer un plan d’action qui s’étendra sur plusieurs années mais également trouver des solutions étatiques à court terme pour lui permettre de survivre.

« Avec la diminution de la collecte des différents impôts à cause de la crise, nous recommandons par conséquent d’élargir l’assiette fiscale en créant une nouvelle économie dans des secteurs inexploités.

Créer une industrie légale du kif et développer celles de l’automobile et de l’aéronautique

« D’autre part, le PAM va traiter la problématique du kif qui est un secteur économique intéressant avec des parts de marché à gagner dans la pharmacologie et la cosmétique sans parler des gisements d’impôts importants qui seront les bienvenus dans les caisses de l’Etat.

« L’autre priorité sera de développer les réussites existantes des industries automobiles et aéronautiques qui sont assez mûres pour attirer d’autres marques capables de recruter davantage et surtout de former les cohortes de jeunes au chômage qui n’ont aucune formation.

Cap sur une croissance de 6% en 2026

« Tous ces efforts ambitionnent d’arriver à un taux de croissance de 5-6% au terme de la législature, sans quoi le Maroc ne sera pas en mesure de rebondir en récupérant les pertes post-Covid 19 », conclut celui qui est candidat au scrutin législatif dans une des circonscriptions de Rabat.

Le MP attend le vote des lois électorales et le nouveau modèle de développement

Moins prolixe, le secrétaire général du MP, Mohand Laenser, déclare que son programme électoral est toujours en cours de rédaction et que sa finalisation dépendra de plusieurs facteurs.

« Certaines choses peuvent encore changer comme les lois électorales qui apporteront des nouveautés à prendre en considération dans la mouture finale du programme.

« De plus, il faut prendre en considération le fait que tous les partis attendent de connaitre le contenu du futur modèle de développement » a résumé Laenser qui a préféré temporiser en refusant de révéler les grands axes du programme MP.

Le programme haraki sera connu au plus tard début mai prochain

« Aujourd’hui, je ne peux encore rien révéler de plus parce que la commission chargée de l’élaborer n’a même pas encore transmis pour validation finale ses grandes lignes à notre bureau politique », conclut Lanser qui avance qu’il devrait être finalisé à la fin du mois d’avril avant d’être rendu public.

Un nouveau pacte social du PPS pour les électeurs

A l’image du PI et du PAM situés dans l’opposition, le PPS nous déclare par la voix de la cheffe du groupe parlementaire de la 1ère chambre, Aïcha Lablak, être optimiste pour boucler rapidement son programme puis mettre en avant les thématiques qui seront utilisées pour convaincre les électeurs.

« En effet, le PPS n’en est pas à son coup d’essai car ce n’est pas la première fois que nous menons des campagnes électorales après 75 ans d’existence.

« Tout ce que je peux vous dire, c’est que nous procédons avec une démarche participative au niveau local, régional et enfin national qui mettra à contribution toutes les organisations du parti du livre.

« Sachant que nous avons un socle de valeurs de gauche, il y aura comme à l’accoutumée un renouvellement du pacte social qui nous lie à nos électeurs et à ceux proches de notre vision.

« Pour exemple, la thématique de l’égalité femme-homme sera très présente dans le pacte social proposé par le PPS à nos concitoyens qui iront voter aux urnes le jour J », conclut Lablak qui se veut très optimiste sur l’impact du pacte en cours de rédaction pour s’ouvrir sur un maximum d’électeurs.

L’USFP préfère prendre son temps avant de publier son programme électoral

En dernier lieu, un membre important du bureau politique de l’USFP préférant s’exprimer sous couvert d’anonymat nous confirme simplement que le programme électoral 2021 n’est pas encore bouclé.

« En effet, nous venons à peine de former la commission chargée d’élaborer les grands axes des thématiques qui seront présentés durant la campagne électorale puis d’établir l’échéancier qui sera retenu.

« Si nous connaissons déjà les axes qui devront être abordés, il nous faut encore hiérarchiser les priorités pour être en mesure de constituer un socle social et une base politique », résume notre source qui espère que le programme sera prêt en avril avant d’être rendu public dans la foulée.

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