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Menacée par le stress hydrique, la région Casablanca-Settat prend les devants

Trois projets sont en cours de réalisation pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable de la région Casablanca-Settat. L’enjeu est aussi de développer une offre qui ne soit pas dépendante des aléas climatiques.

Menacée par le stress hydrique, la région Casablanca-Settat prend les devants

Le 9 juin 2020 à 19h45

Modifié 11 avril 2021 à 2h46

Trois projets sont en cours de réalisation pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable de la région Casablanca-Settat. L’enjeu est aussi de développer une offre qui ne soit pas dépendante des aléas climatiques.

Le Comité de veille économique de la région de Casablanca-Settat a tenu sa première réunion mercredi 3 juin au siège de la wilaya de Casablanca. Parmi les chiffres vertigineux qui ont été annoncés, certains ont fait état du niveau de sécheresse enregistré dans la région, qui impacte l’eau potable et l’irrigation.

En effet, le taux de remplissage des barrages de la région est tombé entre 16% et 17% début juin. En septembre prochain, il sera de 13% environ. La région est donc en proie au stress hydrique, c’est-à-dire que sa demande en eau dépasse ses ressources disponibles.  »La demande en eau est effectivement très forte et se conjugue avec une baisse des ressources. La baisse de la pluviométrie se répercute sur le débit de nos rivières », nous explique Omar Benjelloun, directeur de la recherche et de la planification de l’eau au ministère de l’Équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, joint par Médias24.

Néanmoins, Omar Benjelloun ne se montre pas pessimiste sur la disponibilité des ressources en eau :  »Nous avons suffisamment anticipé pour ne pas avoir de pénurie. Dans la région du Grand Casablanca, la demande en eau potable actuellement se situe aux alentours de 200 millions de m³ par an. Rien qu’au niveau du barrage de Bouregreg, qui alimente la région Casablanca-Settat et la zone côtière entre Rabat et Casablanca, nous disposons actuellement de près de 800 millions de m³. » Et d’ajouter :  »Notre stratégie au niveau du ministère, c’est de sécuriser l’approvisionnement en eau potable – la priorité –, d’assurer un approvisionnement correct de l’irrigation pour l’agriculture et d’alléger la pression sur le bassin de l’Oum Errabia. » Situé dans la région de Khénifra, le bassin de l’Oum Errabia fait l’objet d’une forte pression en eau potable et en irrigation (pour les besoins agricoles) car il approvisionne Casablanca et toute la côte Atlantique jusqu’à El Jadida. Il alimente aussi la ville de Marrakech.

Une batterie de barrages et des projets en cours

Des dispositions sont en cours afin de  »développer des offres qui ne soient pas dépendantes des aléas climatiques », explique Omar Benjelloun.  »On s’oriente aussi vers des projets comme la réutilisation des eaux usées pour l’arrosage des espaces verts à Casablanca, afin de réduire les effets du stress hydrique : d’une part pour augmenter l’offre ; d’autre part pour maîtriser la demande », souligne-t-il.

Trois projets sont actuellement en cours de réalisation : un projet de sécurisation entre le sud et le nord de Casablanca pour pouvoir assurer l’approvisionnement de toute la ville à partir du bassin du Bouregreg, qui consiste à raccorder le nord et le sud de la ville  »en cas de besoin » ; un projet de station de dessalement de l’eau mer au sud de Casablanca,  »dont les études sont en cours pour assurer la diversification des sources d’approvisionnement de Casablanca-Settat » ; un projet d’interconnexion entre trois bassins : le barrage de garde au niveau du bassin de Sebou, le barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah au niveau du Bouregreg et le barrage Al Massira au niveau du bassin de l’Oum Errabia.  »Comme nous avons un excédent au niveau du bassin de Sebou et que nous avons une forte pression au niveau du bassin de l’Oum Errabia, qui alimente la ville de Casablanca et d’autres villes, notamment Marrakech, nous allons alléger cette pression grâce à l’interconnexion entre les trois bassins. Sur le long terme, il y aura une interconnexion entre le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah et le barrage Al Massira », explique encore Omar Benjelloun.

Ces trois nouveaux projets viendront s’ajouter aux deux grands barrages de stockage de la région Casablanca-Settat que sont les barrages Hansali et Al Massira : à ce jour, le premier possède une réserve disponible de 166 millions de m³, contre 446 m³ pour le second. Al Massira fournit en eau potable les provinces et villes de Casablanca, Settat, Berrechid, Sidi Bennour et El Jadida, ce qui nécessite 250 millions de m³ par an.

 »Ces deux grands barrages permettent la régularisation interannuelle des apports : en d’autres termes, ils permettent de faire des stocks en cas d’importants apports en eau pour avoir suffisamment d’eau pendant les périodes de pénuries », détaille Omar Benjelloun.

En aval des barrages Hansali et Al Massira, se tiennent les trois barrages Imfout, Sidi Said Maachou et Daourat.  »Ils ne permettent pas la régularisation interannuelle, mais c’est à partir de ces complexes que partent les systèmes d’approvisionnement et les conduits d’eau potable qui se répandent dans la région Casablanca-Settat. Il y a donc une batterie de barrages à partir des deux grands barrages de stockage. »

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