Fibre Excellence: syndicats et régions déplorent un “début de renoncement” de l'Etat
Collectivités locales et syndicats ont déploré vendredi un "début de renoncement" de l’État dans le dossier Fibre Excellence, groupe menacé de liquidation employant 670 salariés répartis entre Haute-Garonne et Bouches-du-Rhône.
Mercredi à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, a affirmé que le seul projet de reprise de cette entreprise, spécialisée dans la production de pâte à papier, ne s'appuyait pas sur un "réel investisseur industriel".
Ce propos "nous a fortement inquiété parce que c'est le début du renoncement", a déclaré Carole Delga, présidente (PS) de la région Occitanie, alors que l'offre de reprise en question, présentée par la direction actuelle du groupe, doit être formellement examinée mercredi prochain par le tribunal de commerce de Toulouse.
Propriétaire des deux dernières usines de pâte à papier de France, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône), à l'arrêt depuis fin avril, ce groupe a été placé en redressement judiciaire le 27 avril.
Il emploie actuellement 670 salariés et sa disparition fragiliserait une filière de plus de 10.000 emplois, selon syndicats et collectivités.
"Le message que nous portons tous, c'est que nous sommes mobilisés et que ces usines, elles ne fermeront pas", a martelé Mme Delga, entourée de syndicalistes et de représentants des collectivités locales, lors d'un point de presse à Saint-Gaudens, retransmis en visio-conférence.
Depuis le siège de la CGT à Montreuil, sa secrétaire générale, Sophie Binet, a qualifié l'audience de mercredi de "cruciale", estimant que "dans quelques jours, Fibre Excellence peut disparaître".
Elle a par ailleurs dénoncé l'appétit affiché, selon elle, par un "ferrailleur associé à un grand papetier canadien" qui aurait fait part de son intérêt pour Fibre Excellence dans une lettre d'intention communiquée au tribunal, alors que cet acteur "peut avoir intérêt à tuer l'industrie papetière française".
L'impact d'une disparition de Fibre Excellence "pour un territoire comme le nôtre serait dramatique", a de son côté insisté Sébastien Vincini, président (PS) du conseil départemental de Haute-Garonne.
"On marche sur la tronche" dans ce dossier, a-t-il insisté, dénonçant l'inaction du gouvernement.