Nouveau gouvernement: El Otmani a pris les commandes
La cérémonie de passation entre Benkirane et El Otmani a eu lieu ce jeudi. Elle a été marquée par un échange d'allocutions de circonstance. Saâdeddine El Otmani prend les rênes du gouvernement.
Les cérémonies de passation entre les différents ministres ont commencé mercredi soir et se poursuivent ce jeudi. Le nouveau gouvernement s’installe au pas de charge, pour démarrer au plus vite.
Le programme sur lequel travaillera le nouveau gouvernement sera annoncé dans les “48 heures“. Deux éléments au moins sont connus: poursuivre les réformes, se mettre rapidement au travail.
Dans certains ministères, la reprise s’effectuera sous le signe de la continuité. C’est le cas aux Finances, à l’Industrie, à l’Agriculture.
Dans d’autres, tout est à (re)faire. Par exemple, le tourisme.

Le 5 avril, Benkirane, chef de gouvernement sortant et secrétaire général du PJD, reçoit chez lui les 12 ministres PJD, dont El Otmani, chef du gouvernement désigné.
Au sommet du gouvernement, on se demande quel sera le style El Otmani. Ceux qui le connaissent bien disent qu’il sera totalement différent de celui de Benkirane. Présenté comme un homme (trop) conciliant, il a en réalité un caractère bien trempé.
Le moment le plus médiatisé devait évidemment être la passation à la primature. La cérémonie s'est finalement déroulée dans une grande discrétion et en petit comité. Entre les deux Chefs de gouvernement, le sortant et l’entrant, il y a des non-dits et une compétition à la tête du parti, et maintenant en tant que chefs de gouvernements.


La cérémonie de passation, jeudi 6 avril 2017
Tout oppose les deux hommes: la conception de la politique, le discours, le parcours, la culture.
El Otmani n’a certainement pas oublié la manière dont il a été débarqué du ministère des Affaires étrangères en octobre 2013. Il avait été sacrifié à une alliance avec le RNI. Et Benkirane avait évoqué l’intérêt de la nation.
Aujourd’hui, l’enjeu à court terme, dans les quelques mois, c’est le secrétariat général du PJD. Benkirane souhaitait rempiler pour un troisième mandat. Son second mandat à la tête du parti a pris fin en 2016. Il a été prolongé d’une année car le parti a voulu éviter des dissensions ou un éventuel changement à sa tête à la veille des élections.
Le règlement intérieur interdit plus de deux mandats successifs. Il faudrait donc l’amender et cela ne peut être fait que par le Conseil national ou le congrès.
Au moment où il espérait un troisième mandat, Benkirane disait qu’il est impossible de diriger le gouvernement sans diriger le PJD. Aujourd’hui, cette maxime se retourne contre lui.
Ses soutiens au sein du PJD ou ceux qui se présentent comme tels, disent aujourd’hui le contraire il faut séparer le parti du gouvernement. Il est vrai que Benkirane dirigeait les deux et donnait parfois l’impression de les confondre et d’autres fois, d’être dans l’opposition.
A partir de cette affirmation concernant une supposée nécessité de séparer le parti du gouvernement, l’idée est donc d’une part de barrer la route à une ascension d’El Otmani et d’autre part, de baliser la voie à un troisième mandat de Benkirane.
Tel est l’enjeu qui se jouera dans les prochaines semaines. D’ores et déjà, des barons du PJD se comportent comme s’ils étaient dans l’Opposition. Ces barons ainsi que les brigades électroniques du parti, seront à l’affut du moindre faux-pas du gouvernement et de leurs propres ministres.
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