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Mehdi Bensaïd: “Notre parti est en ordre de bataille”

Le député du PAM et président de la Commission des affaires étrangères et de la défense, nous répond sur la diplomatie marocaine, le PAM, le Maroc et l’Algérie, l’Egypte.

Mehdi Bensaïd: “Notre parti est en ordre de bataille”
Jamal Amiar
Le 24 février 2016 à 8h38 | Modifié 24 février 2016 à 8h38

A 32 ans, le jeune député de Rabat Mehdi Bensaid est très actif au sein de son parti et dans les cercles diplomatiques. Il répond à nos questions sur le mouvement diplomatique annoncé début février, sur le PAM au lendemain de son congrès, l’invitation faite à l’Egyptien Al Sissi, la situation au Maghreb et les rapports maroco-algériens.

Médias24: Quelle appréciation portez-vous sur les changements affectant la diplomatie marocaine?

Mehdi Bensaid: Tout d’abord, j’aimerais saluer la nomination de Nasser Bourita au poste de ministre délégué. M. Bourita  est un diplomate de carrière reconnu par ses pairs pour le travail qu’il effectue au sein du ministère des Affaires étrangères et de la coopération.

-Pour vous, qui présidez la commission des AE de la Chambre des représentants, que signifie cette nomination de M. Bourita au poste de ministre délégué?

-Je pense que c’est un renforcement pour le ministère. Le travail diplomatique est tellement énorme qu’il faut être plus nombreux pour être plus présents.

Ce renforcement intervient au moment où nous ouvrons une ambassade au Rwanda et que nous renvoyons un ambassadeur en Afrique du Sud et au Panama.

Puis il faut préparer la Cop 22 et les élections avec un nouveau gouvernement. La nomination de M. Bourita va assurer une continuité. Salaheddine  Mezzouar, avec toute la bonne volonté du monde, ne pourra gérer tous les dossiers en même temps, d’ici la fin de l’année.

Notre diplomatie change de stratégie

- Quelle a été votre réaction lorsque vous avez entendu qu’il y avait un vaste mouvement diplomatique?

-C’est le signe d’un changement de stratégie.  Une stratégie nouvelle se met en place. C’est le signe que le Maroc a d’importants  défis à relever. Nous avons besoin de redéployer nos forces. Il y a des personnes de haut calibre, des politiques, des diplomates de carrière. C’est un nouveau message adressé au monde

-Qu’attendez-vous des nouveaux ambassadeurs?

-On attend plus de mouvement et une meilleure communication. Le message à faire passer est qu’on va mieux s’adapter a nos interlocuteurs. Il ne suffit pas d’être convaincu par son discours et ses propres arguments. Il faut savoir vendre ses idées.

C’est un bon casting, avec la question genre prise en compte et les profils adéquats.  Maintenant, la diplomatie marocaine doit prendre en compte de nouvelles composantes, dont la diplomatie parlementaire, avec de nouvelles institutions comme le Parlement européen, le Congrès américain et l’union parlementaire panafricaine

Le PAM est prêt pour la bataille électorale

-Vous êtes membre du Conseil national, mais pas du bureau politique. Que pouvez-vous nous dire de la stratégie du PAM pour les élections d’octobre 2016?

- Notre stratégie est d’abord de mener un travail au jour le jour avec les citoyens. Par exemple au niveau de la commune de Rabat, on tient une réunion hebdomadaire sur l’arrondissement d’Agdal-Ryad. L’idée est d’encourager les citoyens à assister aux travaux du Conseil de la ville.

-Etes-vous satisfait de la manière dont le congrès du parti s’est déroulé?

-Les gens extérieurs au parti voient ça comme une non démocratie. Le fait est que nous étions unis autour d’une même personne.  Nous sommes unis. On peut ne pas être d’accord sur une idée, mais à la fin, on est unis.

-Donc aujourd’hui, vous êtes dans la meilleure forme possible pour aller aux élections d’octobre ?

-En interne, on est dans la meilleure forme possible. Maintenant, il faut transmettre cela vers l’extérieur.

-Que pensez-vous changer ou maintenir, par rapport à votre campagne électorale de septembre 2015?

- Il y a toujours des choses à améliorer.

-Comme par exemple la manière dont s’est déroulé le meeting de Casablanca?

- Oui

- La fédération de la jeunesse, qui a parlé sévèrement de la politique saoudienne?

-Non. La jeunesse est faite pour critiquer, faire des erreurs et se relever. Mais il faut éviter les problèmes organisationnels lors des grands meetings. On est satisfait du travail du PAM en interne ; il faut l’ouvrir sur l’extérieur.

- Vous menez vos propres études pour connaître les tendances et l’état de l’opinion?

-Pour 2015, on a fait cela au niveau d’Agdal-Ryad, avec un questionnaire auprès de 1.500 personnes. Après, il faut démultiplier cela au niveau des villes et des régions. Ce n’est pas encore le cas.

Les résultats de septembre 2015 sont aussi le reflet d’une situation nationale et pas seulement de situations locales et régionales. L’an dernier, c’est  Benkirane qui a mené une campagne nationale. Cela nous a peut-être manqué.

-Don,c le PJD a mieux analysé la situation que vous?

-Ils ont joué le tout pour le tout. Cependant et en termes de chiffres on est passés de 800.000 voix à 1,3 million. Le PJD est à moins de 1,5 million. Le chef du gouvernement a utilisé le gouvernement pour communiquer sur lui.

Je suis prêt à parier que si Benkirane n’est plus à sa tête, le PJD baissera. Moi ce n’est pas mon styl,e mais c’est un style qui plaît aux Marocains. Nous devons réfléchir à cela.

-Que vous inspire le mouvement du 20 Février. C’était bien, c était raté?

- C’était une date.

-Où étiez-vous ce jour-là? Que faisiez-vous?

- J’étais dans la rue avec des citoyens. C’était une phase riche politiquement. J’ai fait la connaissance de gens différents, des gens d’extrême-gauche. On a essayé d’instrumentaliser le mouvement contre des gens. Mais quand vous parlez avec les citoyens, ils étaient pour quelque chose et non contre des personnes.

-Le 20 Février et la nouvelle Constitution, ce sont deux choses qui vont ensemble ?

 -Le 20 Février c’est un mouvement, une nouvelle génération de politiques et de politiciens. On s’est posé la question de savoir comment on pouvait intéresser les  gens à la politique. C’est un  peu Mai 68 en France. Tout le monde est sorti dans la rue dire tout et n’importe quoi.

Puis cela a mûri, on découvre des sensibilités différentes, on débat au quotidien.

Quand on parle de l’exception marocaine, c’est de cela que l’on parle: le débat dans le respect existe, malgré les difficultés.

-Le président égyptien Al Sissi est-il bienvenu au Maroc?

-Raoul Castro était bien à Paris il y a quelques semaines. Je crois que ce n’est jamais une bonne idée de s’immiscer dans les affaires intérieures d’un Etat. La diplomatie, c’est d’abord la discussion et la négociation. Et cela permettra peut-être un jour à cet Etat de s’ouvrir à ses citoyens.

Ce n’est pas en isolant un Etat qu’on améliorera le quotidien de ses citoyens, bien au contraire. L’ouverture au monde et aux différents modèles inspirent.

Marocains et Algériens doivent se rapprocher, tourner la page

-Qu’évoque pour vous la date du 17 février?

-C’est l’échec du Maghreb. La situation actuelle en Libye aurait pu être différente, si on avait réussi ce Grand Maghreb dont nous rêvons tous. Cela aurait permis au Maroc et à l’Algérie de soutenir les Etats maghrébins avant les Nations-Unies ou l’Union européenne.

Economiquement, on perd des points de PIB. Sur le plan sécuritaire, notre collaboration peut être meilleure. L’Algérie doit tourner les pages du passé et approuver l’ouverture des frontières. Il faut penser à l’avenir. Notre génération n’a pas connu la guerre des sables et ses suites entre Rabat et Alger.

 Il nous faut tous regarder vers l’avenir.

Les peuples marocain et algérien sont des peuples frères et cela se voit dans toutes les rencontres internationales, voire même dans les relations interpersonnelles d’étudiants issus des deux pays à l'étranger. Je pense véritablement qu’aujourd’hui, la construction du Grand Maghreb est un combat des peuples et je crois qu’elle sera aussi l’œuvre des peuples.

Au niveau des dirigeants, le Maroc a tourné la page et a changé de génération, Sa Majesté le Roi et la grande majorité de la classe politique nationale a changé.

Tandis qu’en Algérie, la rancœur est aussi liée à un problème de génération, où ceux qui étaient là au plus fort du conflit demeurent au pouvoir et agissent donc en défaveur des intérêts de leur pays et de leur peuple.

La Libye n’est pas la seule perdante du «non-Maghreb». Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Mauritanie y perdent beaucoup.

Sa Majesté le Roi, dès son intronisation est allé en Algérie. Qu’est-ce que le Maroc peut faire de plus? Nous savons que l’ouverture changera la donne économique, sociale et sécuritaire au Maghreb. Malheureusement, les réactions algériennes restent ancrées dans des histoires des années 70 ou bien l’attentat et la décision de fermer la frontière en 1994. Cette année-là, j’avais 10 ans et c’était il y a plus de deux décennies.

Il faut pouvoir avancer ensemble, que chacun puisse excuser les torts de l’autre et avancer. La France et l’Allemagne en sont un parfait exemple. Non seulement le sort des Marocains et des Algériens en dépend, mais aussi celui des Tunisiens, des Libyens et des Mauritaniens.

Nos problèmes influent désormais même sur nos relations avec le reste du monde. Là où nous allons, nos interlocuteurs sont dans l’incompréhension et se demandent pourquoi ce conflit hérité d’une guerre froide désormais révolue, continue d’exister entre deux peuples dont la proximité culturelle n’en fait qu’un.

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Jamal Amiar
Le 24 février 2016 à 8h38

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