Contesté, Mohamed Sadiki, maire de Rabat, s'explique
Accusé par le PAM de toucher une pension d’invalidité pour maladie mentale, le président du Conseil de la ville de Rabat sort de son mutisme et rejette ces accusations en bloc.
La gestion du Conseil de la ville de Rabat ne se fait pas du tout dans le calme, mais dans les cris, les déclarations polémiques, les accusations, les tables renversées et les violences verbales et physiques. Il est impossible de savoir qui a tort et qui a raison et les vidéos elles-mêmes ne permettent pas de se faire une opinion avec certitude. Ce qui est certain, c'est que le conseil n'est pas totalement maîtrisé, au moins sur le plan de la méthode et de la discipline, par ceux qui ont été élus pour le diriger.
Deux nouvelles polémiques ont agité le landernau politique: la pension d'invalidité du maire de Rabat et la dernière réunion du conseil.
«C’est un pur mensonge. Je ne touche pas de pension d’invalidité et je n’ai jamais déposé de certificat dans ce sens à mon ancien employeur Redal. Je défie quiconque de produire un document authentique qui prouve le contraire», soutient Mohamed Sadiki, maire de Rabat, dans une déclaration à Medias 24. Et d’ajouter: «après 28 ans de service, j’ai négocié mon départ volontaire avec Redal, en même temps qu’une centaine d’autres cadres».
Samedi 20 février, Aziz Benazzouz, député PAMiste au Conseil de la ville de Rabat a demandé publiquement l’ouverture d’une enquête au sujet de «la pension d’invalidité de 38.000 DH versée par Redal au maire de Rabat, pour cause de maladie mentale».
«Ceux qui veulent ternir mon image doivent savoir que je compte porter l’affaire devant la justice», nous confie M. Sadiki, par ailleurs ex-directeur de la logistique et du patrimoine à Redal.
Cette série de déclarations fait suite aux événements ayant marqué la réunion du Conseil de la ville de Rabat, tenue vendredi 19 février. Des joutes verbales suivies d’échanges de coups ont eu lieu entre les élus PAM et ceux du PJD.
Lors de cette rencontre qui s’est mal terminée, les élus du PAM ont interrompu les discussions et accusé le maire de vouloir passer au vote le budget des arrondissements sans laisser aux élus le temps de l’étudier. «Ce point ne figurait même pas à l’ordre du jour», a protesté Aziz Benazzouz, lors d’un point de presse organisé le lendemain.
«Cela justifie-t-il d’en arriver aux mains?», s’interroge le maire. Et de poursuivre: «le budget des arrondissements est en discussion depuis quelques mois. Lors de la séance de vendredi, seul un point secondaire relatif aux dépenses d’eau et d’électricité devait être voté. Il ne s’agit pas du budget dans sa totalité», affirme M. Sadiki.
Dans un communiqué publié samedi 20 février, la Fédération de la gauche démocratique n’y est pas allée par quatre chemins pour dénoncer la violence qui a marqué cette rencontre, montrant du doigt les élus du PAM.
«Cela fait cinq mois que le Conseil de la ville peine à traiter des sujets de fond -le rôle et les attributions de Rabat Aménagement et Rabat Animation par exemple-.», peut-on lire dans ce communiqué, qui appelle les élus à avoir pour seul objectif de servir la population r'batie.
Ci-dessous deux vidéos filmées lors de la réunion du Conseil de la ville de Rabat, le 19 février 2016.
Ci-dessous une vidéo de la conférence de presse organisée samedi 20 février.
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