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PORTRAITS

Souad Zaïdi, de la banque à la politique

Souad Zaïdi n’est pas que la fille de son défunt père Ahmed Zaïdi initiateur du courant réformateur puis scissionniste de l’USFP. La nouvelle vice-maire de Rabat revient pour Médias 24 sur son itinéraire et sur son futur politique. 

Souad Zaïdi, de la banque à la politique
Samir El Ouardighi
Le 22 septembre 2015 à 16h27 | Modifié 22 septembre 2015 à 16h27

Agée de 38 ans, cette mère de trois enfants a pris son temps avant de se lancer dans l’arène politique.

Souad Zaïdi refuse de se poser en pièce rapportée voulant utiliser la flamme politique de feu Ahmed Zaïdi pour exister même si elle ne cache pas vouloir perpétuer l’héritage paternel.

Pur produit des écoles marocaines, elle a décroché son baccalauréat au lycée Dar Salam de Rabat avant de poursuivre une année d’études à la faculté de pharmacie en Tunisie.

Préférant rentrer étudier dans son pays, elle change de voie et démarre ses études supérieures par l’obtention d’un DEUG en droit français à l’université de Rabat avant de se marier à l’âge de 20 ans.

Après une pause de 2 ans pour s’occuper de son 1er enfant, elle décroche un Bachelor à l’école IHEM.

Férue d’études, elle continue sur sa lancée et obtient en 2012 un master en marketing et communication à l’ISCAE tout en projetant de préparer à l’avenir un MBA dans cette même école.

A l’issue de son bachelor, elle intègre en 2006 la banque Attijariwafa bank comme conseillère commerciale avant de gravir les échelons jusqu’à chapeauter l’animation commerciale de 19 agences.

Habitant le Souissi depuis son mariage, cette ancienne responsable de l’agence bancaire de ce quartier date de cette époque sa proximité avec les habitants de son lieu de résidence.

Contrairement à d’autres candidats, elle avance qu’elle n’a pas été parachutée et s’est présentée aux communales comme une candidate du cru. Elue à la tête de la liste indépendante, elle a par la suite été désignée 10e vice présidente de la municipalité de Rabat siégeant aux côtés de la majorité menée par le PJD.

Elle confesse que si son père lui a donné goût à la chose publique, il lui a aussi prédit un avenir en la matière. Elle n’est cependant pas la seule car cette benjamine d’une famille de trois filles et d’un garçon tient à rappeler que son frère Saïd a été élu président de la commune de Oued Cherrat, le fief de feu son père.

Toute petite, elle était déjà impressionnée par les personnalités de gauche qui visitaient son défunt père au domicile familial ou lors de meeting électoraux. L’éloquence de Fathallah Oualalou et la grande culture de Mohamed Guessous la fascinaient et l’ont fortement influencée.

Regrettant de ne pas avoir connu Abderrahim Bouabid, elle révèle que le nom de son nouveau parti est inspiré en partie d’un discours du leader historique de l’USFP parlant de «Badil démocratique».

Sur sa récente rupture avec les rangs de l’USFP, elle poursuit que la crise cardiaque que traverse son ancien parti l’a contrainte à rendre sa carte au parti. Imputant la seule responsabilité à Driss Lachgar, elle explique que le 1er secrétaire du parti de la rose est simplement incapable de déléguer.

La preuve en est l’échec des derniers résultats électoraux qui incomberait au seul patron de l’USFP.

Souad Zaïdi va même plus loin en affirmant que le parti historique de la gauche est en train de mourir et que 50% de ses sympathisants ont opté pour d’autres partis ou pour l’abstentionnisme.

Concernant l’avenir du parti initié par son défunt père, elle affirme qu’il constitue la relève de l’USFP.

Optimiste, elle pense d’ailleurs que dès les prochaines législatives, Alternative Démocratique captera un vivier de députés et peut-être même un groupe parlementaire (20 députés).

Tout comme Tarik Kabbage, ancien maire d’Agadir pressenti à la tête du parti, elle explique l’échec des candidats AD par le retard de création de leur nouvelle formation politique.

Si à titre personnel, elle a été élue dans la circonscription du Souissi, elle pense que ça n’a pas été le cas pour tous ses amis car certains électeurs continuent de confondre l’USFP avec Al Badil Adimocrati.

Sur son pari risqué de se présenter dans le quartier le plus huppé de la capitale, la vice maire déclare que la majorité de ses voix provenait des propriétaires de villas et une minorité des bidonvilles.

«Nous avons su convaincre ceux qui étaient capables de faire la différence mais l’utilisation de l’achat de voix par d’autres partis dans la ruralité nous a desservi».

A l’avenir, AD n’exclut pas des alliances avec d’autres partis de gauche et avec ceux de la majorité. «Notre souhait est d’unifier la famille de gauche mais notre porte n’est pas fermée aux autres».

Avant d’en arriver là, son parti veut d’abord réussir le test électoral de 2016 qui déterminera son poids politique sur l’échiquier national. «Notre objectif final est évidemment de gouverner mais nous ne pouvons pas projeter d’éventuelles alliances avant le résultat des législatives».

Interrogée sur sa volonté de devenir députée, elle déclare que cette question ne sera tranchée qu’après la constitution officielle du parti lors du congrès prévu en novembre ou décembre prochain.

Décriée par certains pour s’être alliée «avec le diable PJD» lors de la création du bureau municipal de la ville de Rabat, elle répond calmement que c’est la volonté populaire qui a dicté cette alliance.

«C’est une alliance de raison car malgré nos divergences avec ce parti conservateur, nous voulons avant tout servir les habitants de Rabat aux côtés de ceux pour qui ils ont voté en masse».

Souad Zaïdi n’exclut pas une alliance avec le PJD à l’issue des législatives de 2016 car si le peuple continue de faire confiance à ce parti pour gouverner, Alternative démocratique pourra faire contrepoids et équilibrant le jeu politique.

Persuadée du fait que son parti va peu à peu s’installer dans le paysage politique marocain avec des cadres, des députés et peut être même des ministres, elle avance que les autres partis doivent faire leur aggiornamento sans quoi le PJD raflera seul la mise électorale.

«Pour moi, l’avancée inexorable du parti de la lampe s’explique surtout par les divisions au sein des deux grands partis nationalistes que sont l’Istiqlal et l’USFP. De nombreux sympathisants n’ayant pas trouvé d’alternative crédible ont opté pour la facilité en votant PJD».

A la question de savoir si son parti saura trouver un leader de la trempe d’Abdelilah Benkirane pour rassembler, Souad Zaïdi conclut que l’issue du congrès constitutif réservera des surprises.

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Samir El Ouardighi
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