Parlement, Mansouri conteste la candidature de Talbi Alami
EXCLUSIF. L’ancien patron du RNI Mustapha Mansouri dénonce une décision non consensuelle et n’exclut pas de se présenter contre le candidat officiel. Le scrutin est prévu pour la deuxième semaine d’avril.
Les chefs des quatre partis formant l’actuelle coalition gouvernementale, Abdelilah Benkirane du PJD, Nabil Benabdellah du PPS, Mohand Laenser du MP, et Salaheddine Mezzouar se sont engagés à soutenir Talbi Alami, numéro 2 du RNI et président du groupe parlementaire du RNI, au prochain scrutin de la présidence de la chambre basse.
Une façon de mettre en garde la possible candidature de Mustapha Mansouri, qui maintient toujours le suspense sur son éventuelle participation à ce scrutin qui aura lieu le deuxième vendredi du mois d’avril.
Petits arrangements entre amis
Abdelilah Benkirane a affirmé que même si « Mansouri jouissait du respect de tous, la question du choix du candidat à la présidence de la Chambre des représentants avait été tranchée au moment de la formation de l’actuel gouvernement ».
Il a poursuivi en assurant que Talbi Alami offrait « l’avantage d’avoir le ton et la capacité d’affronter l’opposition au sein de l’hémicycle grâce à son expérience de chef du groupe parlementaire du RNI ».
Soulignons que lors des négociations pour l’entrée du RNI dans le 2e gouvernement d’Abdelilah Benkirane, hormis les maroquins ministériels réclamés par le parti de la colombe, sa participation gouvernementale avait aussi été conditionnée par l’obtention du perchoir de la Chambre des représentants.
Le nom de Rachid Talbi Alami, numéro 2 du RNI, n’était déjà pas une surprise car il était souvent cité comme successeur probable de la majorité à Karim Ghellab à la tête de la chambre basse.
Malgré cela, pour Mustapha Mansouri, les dés ne sont pas jetés car il semble qu’il n’ait pas dit son dernier mot sur son éventuelle candidature en enchaînant un marathon de réunions au sein de son parti.
Mansouri devant le fait accompli du RNI
Interviewé par Médias 24, il se dit profondément surpris par la récente décision de la coalition gouvernementale de valider « un oukase de certaines personnes du RNI dans une tentative d’imposer un candidat non validé officiellement par les instances de son parti ».
Il met ainsi sur le compte d’un manque de démocratie au sein du RNI, la décision unilatérale de désigner Talbi Alami comme candidat au perchoir de la chambre basse en déplorant que « cette désignation se soit faite sans réunion préalable des instances officielles de son parti ».
Il nous apprend que son parti n’a pas réuni depuis plus de 8 mois le Conseil national, les groupes parlementaires ainsi que le Bureau politique du RNI. Il assure que ce gel forcé des activités du parti serait dû à une volonté délibérée de tuer dans l’œuf les tentatives de ses partisans de l’imposer par voie démocratique comme candidat du parti à la tête de la Chambre des représentants.
Sans nommer personne, il laisse entendre qu’il n’est toujours pas en odeur de sainteté au sein des instances dirigeantes de son parti qui se méfieraient toujours de sa popularité parmi les militants.
Il est vrai que s’il devait confirmer sa candidature, cela pourrait embarrasser la majorité et surtout le RNI en soustrayant lors du scrutin à venir nombre de voix potentielles à Talbi Alami.
A la question de savoir, si face à la candidature désormais officielle de son collègue du RNI, il excluait dorénavant de se présenter, il répond que personne ne pourra lui enlever ce droit individuel consacré par la constitution. S’il se refuse toujours à se prononcer comme candidat, il avance qu’actuellement, il prend la température auprès de ses troupes dans tout le Maroc.
En fonction de leur soutien, il tranchera le moment venu sur son éventuel participation au scrutin.
Pour l’heure, il affirme que son combat est de promouvoir la démocratie au sein du RNI qui bafouerait les fondamentaux du fonctionnement d’un parti politique.
Pour le député-maire de la région de Nador qui avait déjà présidé le parlement de 2007 à 2010, sa volonté n’est pas de créer un conflit au sein du RNI mais simplement de faire respecter les règles démocratiques universelles.
Rappelons que malgré sa déposition de la présidence du RNI par Salaheddine Mezzouar, Mustapha Mansouri reste un homme qui compte de nombreux partisans au sein de son parti.
Si le RNI s’est clairement prononcé pour Rachid Talbi Alami, il devra cependant composer d’une manière ou d’une autre avec Mustapha Mansouri en apaisant les tensions car au final, il s’agit de deux poids lourds du RNI bénéficiant chacun de larges soutiens.
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