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ECONOMIE

Le FMI explore de nouvelles politiques de croissance pour le Maroc

  Comment assurer une croissance durable pour le pays ? Comment améliorer un meilleur accès aux services publics de base ? Comment lutter contre l’exclusion ?  Le FMI repense le modèle de croissance économique du Maroc.  

Le FMI explore de nouvelles politiques de croissance pour le Maroc
Hajar Raouf
Le 21 mai 2013 à 15h10 | Modifié 21 mai 2013 à 15h10

Le dernier «rapport pays» du FMI sur le Maroc, rendu publique début mai, se penche sur l’intégration de plusieurs facteurs socioéconomiques au modèle de croissance nationale. Ces derniers deviennent indispensables au redressement d’un équilibre inclusif et soutenable à long terme.

Le rapport cite, les progrès que le Maroc a réalisé durant les trente dernières années lui permettant d’afficher une croissance annuelle moyenne de 4%, bien au dessus des 3,5% retrouvés dans des économies émergentes ou en voie de développement sur la période 1980-2010. Cette croissance positive est expliquée par une forte accumulation du capital du côté de l’offre et du côté de la demande et par une évolution de la demande intérieure par l’augmentation des niveaux de consommation et des investissements. Cela dit, les réformes ne sont pas finies.

Selon le FMI, l’ancrage de l’économie marocaine à celle de certains pays de l’Union européenne en cette période de récession devrait impacter négativement la performance du pays sur le court et le moyen terme. Les analystes du rapport estiment qu’une variation négative de 2% en Europe ralentirait la croissance du pays de 0,6% sur le court terme (un an après l’occurrence de la baisse en UE) et de 1,3% sur les trois années ultérieures.

De ce fait, le royaume devrait plutôt mettre l’accent sur les réformes structurelles urgentes, surtout que la marge de manœuvre en matière de politique macroéconomique à court terme reste étroite pour booster la demande et favoriser un meilleur niveau de croissance (dilemme entre déficit et besoins budgétaires élevés et maîtrise de l’inflation).

Vers un équilibre socioéconomique

Dans cette optique, la vision nouvelle du FMI vise à internaliser encore plus les outils externes de mesure de croissance économique, socle d’une réforme inclusive durable. Celle-ci voudrait réduire en premier les inégalités encore présentes entre les classes sociales en terme de revenus, d’accès à l’emploi, à l’éducation et aux services de santé.

A cet effet, les analystes proposent de revoir les six piliers suivants :

·  Une réforme du système actuel de subventions,

·  La refonte du système fiscal principalement des dépenses fiscales,

·  Le ciblage des charges de production,

·  Un meilleur accompagnement des entreprises et soutien à leur développement,

·  La réduction de la pauvreté et des inégalités,

·  Un meilleur accès aux services publics de base surtout en matière de santé et d’éducation.

Réforme du système de subventions

Les auteurs de l’étude stipulent que l’augmentation des ressources budgétaires en faveur du secteur social peut être obtenue à travers la réforme du système actuel des subventions par la réorientation des économies faites sur ce système vers un programme social mieux ciblé.

Refonte du système fiscal

Il est question dans le rapport de revoir principalement les dépenses fiscales à la baisse car ces dernières profitent plus aux détenteurs de hauts revenus par des dérogations au régime normal. Ces dépenses peuvent être transformées en subventions directes le cas échéant. Cette démarche favorisera une équité des revenus et une amélioration du niveau du PIB par habitant sur le long terme. Elle permettra en outre d’atténuer la complexité du système fiscal actuel, d’améliorer sa conformité et d’alléger les coûts associés à la collecte. Il est aussi mentionné le passage à un modèle d’imposition progressif pour plus d’équité fiscale entre opérateurs économiques.

Ciblage des charges de production

Les charges de production doivent cibler les investissements en infrastructure, la santé et l’éducation en priorité. Améliorant ainsi la qualité de vie et l’accès aux services de bases pour la population, ce ciblage devrait également réduire l’arbitrage entre les objectifs de croissance et le régime d’imposition progressif sus cité. Bien que le dernier semble entraver les premiers, des dépenses structurantes sont essentielles pour favoriser et le climat des affaires et le niveau de vie des citoyens.

Accompagnement effectif des entreprises

Le rapport souligne que les autorités doivent manifester plus de support aux entreprises et stimuler leur processus de développement. D’une part, cela rejoint le précédent point concernant l’amélioration des infrastructures et d’une autre part, les analystes souhaitent un accompagnement plus patent aux très petites entreprises comme aux PME en termes d’accès au financement. La finalité attendue par cette mesure est en toute évidence l’encouragement à la création d’entreprises et donc la contribution à la richesse économique, la réduction du taux de chômage dans les milieux urbains et ruraux, l’augmentation des revenus et la réduction de la pauvreté et des inégalités.

Réduction des niveaux de pauvreté et d’inégalités

Le FMI loue les efforts de l’Etat en matière sociale. La pauvreté a d’ailleurs baissé de 40% au cours de la décennie précédente pour sortir plus de 1,7 million de personnes des états de vulnérabilité et d’indigence. Les résultats de l’INDH également ont, dès son lancement en 2005, permis d’assainir les disparités entre plusieurs zones rurales. Toutefois, pour renforcer l’inclusion sociale de cette partie de la population, il faudrait réexaminer les politiques de redistribution des richesses, notamment par un ciblage de subventions à accorder (voir premier pilier), étendre les réseaux d’accès aux services de base aux communautés locales et à travers toutes les régions du royaume en plus de réduire le chômage des jeunes.

Santé et éducation

C’est également un chantier qui a connu de réelles refontes, notamment par la mise en place de l’Amo (assurance maladie obligatoire) et du Ramed (régime d’assistance médicale) mais d’autres avancements sont encore à faire. Il reste à couvrir plus de citoyens par ces services médicaux, élargir les types d’allocations et déployer plus de ressources publiques pour améliorer la qualité des services de santé. Une coopération entre le secteur privé, les ONG et les communautés locales devraient également pouvoir réduire les inégalités interrégionales. Au niveau de l’éducation, il est question d’augmenter le budget alloué à l’enseignement primaire en priorité, particulièrement dans les milieux ruraux, mais aussi d’améliorer les installations et les équipements des écoles puis encourager le passage à l’enseignement secondaire pour élever les niveaux de formation de la future main d’œuvre.

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Hajar Raouf
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