Maroc-Écosse : de Zerouali à Igamane, l’autre histoire marocaine du football écossais
Avant leur duel en Coupe du monde, Marocains et Écossais partagent une mémoire footballistique plus dense qu’il n’y paraît. De Pittodrie à Ibrox, plusieurs générations de joueurs marocains, binationaux ou nés au Maroc ont laissé une trace dans le championnat écossais.
Il y a, bien sûr, le souvenir de 1998. À Saint-Étienne, le Maroc avait battu l’Écosse 3-0, grâce à un doublé de Salaheddine Bassir et un but de Kamatcho. La victoire était restée superbe mais insuffisante, la Norvège ayant renversé le Brésil dans l’autre match du groupe. Vingt-huit ans plus tard, avant de retrouver l’Écosse en Coupe du monde, vendredi 19 juin, les Lions de l’Atlas croisent aussi une autre mémoire, moins officielle mais plus continue : celle des Marocains passés par le football écossais.
"Zero", le premier mythe marocain d’Écosse
Le plus romanesque d’entre eux reste Hicham Zerouali. À Aberdeen, où il arrive à la fin des années 1990, l’attaquant marocain devient rapidement "Zero", surnom tiré de son nom mais aussi du numéro 0 qu’il porta, singularité alors autorisée dans le championnat écossais. À Pittodrie, son talent imprévisible, son sourire et ses coups d’éclat lui valent une affection durable. Sa mort dans un accident de voiture, en décembre 2004 à Rabat, a figé cette relation dans une forme de nostalgie. Vingt ans plus tard, son nom reste associé à l’une des présences marocaines les plus fortes jamais vues en Écosse.
Aberdeen n’a pas seulement accueilli Zerouali. Le club a aussi vu passer Rachid Belabed, milieu belgo-marocain, autre visage de cette première vague nord-africaine dans un championnat alors très physique, longtemps regardé comme peu naturel pour des joueurs venus de cultures footballistiques plus techniques. Ce contraste a souvent accompagné les trajectoires marocaines en Écosse : réussir là-bas exigeait moins de séduire que de résister.
Au tournant des années 2000, d’autres internationaux marocains tentent l’expérience. Saïd Chiba, milieu de terrain de la génération 1998, passe par Motherwell. Youssef Rossi, défenseur du Maroc lors du Mondial français, rejoint Dunfermline Athletic, où son passage sera plus heurté. Quelques années plus tard, Hassan Kachloul, ancien joueur de Southampton et d’Aston Villa, termine sa carrière britannique à Livingston. Son séjour, bref, reste surtout lié à une affaire réglementaire autour de son enregistrement.
D’Édimbourg à Glasgow, une histoire de diaspora
Mais c’est à Édimbourg que l’empreinte marocaine devient la plus visible. À Hibernian, Merouane Zemmama et Abdessalam Benjelloun incarnent une période où le club écossais regarde vers le Maroc avec insistance. En 2007, Hibs remporte la Coupe de la Ligue écossaise contre Kilmarnock. Benjelloun marque deux fois en finale. Zemmama, milieu offensif élégant, demeure l’un des joueurs les plus appréciés de cette séquence. Pour beaucoup de supporters marocains, Hibernian devient alors un nom familier.
La capitale écossaise continuera d’accueillir des profils liés au Maroc. Mehdi Taouil s’impose à Kilmarnock puis à Hearts, avec lequel il remporte la Coupe d’Écosse en 2012. Soufian El Hassnaoui, néerlandais-marocain, joue également à Hearts. Abdellah Zoubir passe par Hibernian. Faycal Rherras, international marocain, connaît les deux rives d’Édimbourg, Hearts puis Hibs. Mohamed El Ouriachi, né à Nador et formé au FC Barcelone, arrive plus tard à Hearts par le détour de Stoke City. Tous n’ont pas laissé la même trace, mais leur accumulation dit quelque chose : l’Écosse n’a jamais été une terre totalement étrangère pour les footballeurs marocains ou issus de la diaspora.
Cette histoire ne se limite pas à l’élite. Farid El Alagui, franco-marocain, marque les esprits à Falkirk avec une saison prolifique, avant de poursuivre sa route à Dundee United, Hibernian, Dunfermline, Ayr United ou Edinburgh City. Faissal El Bakhtaoui, autre franco-marocain, devient une figure de Dunfermline grâce à ses buts en divisions inférieures, avant de passer par Dundee et Queen of the South. Loin des vitrines européennes, ces trajectoires racontent une autre réalité du football écossais : des stades plus modestes, des hivers durs, un jeu direct, et des carrières construites dans l’effort plus que dans la lumière.
Glasgow, enfin, a donné à cette histoire une dimension plus symbolique. Au Celtic, Badr El Kaddouri arrive en prêt du Dynamo Kiev en 2011 et marque même dans un Old Firm contre les Rangers, fait rare pour un joueur marocain dans l’un des derbies les plus chargés d’Europe. Quelques années plus tard, Mohamed Elyounoussi, né à Al Hoceima mais international norvégien, porte lui aussi le maillot du Celtic lors de deux saisons en prêt depuis Southampton.
Chez les Rangers, le lien marocain se resserre avec Hamza Igamane. Arrivé de l’AS FAR en 2024, l’attaquant s’impose rapidement par son intensité, ses buts et son adaptation à un environnement exigeant. Son passage à Ibrox, marqué notamment par un but décisif dans l’Old Firm, ouvre ensuite la voie à un transfert vers Lille. Dans le même temps, le club écossais avait aussi fait appel à Issame Charaï comme adjoint de son équipe première, après le titre remporté avec le Maroc lors de la Coupe d’Afrique des nations U23.
À l’approche de Maroc-Écosse, cette généalogie donne au match une résonance particulière. Les deux pays ne se connaissent pas seulement par leur duel de 1998 ou par les clichés habituels opposant technique marocaine et engagement écossais. Ils se sont aussi croisés dans des vestiaires, des tribunes, des derbies, des finales de coupe et des carrières parfois glorieuses, parfois cabossées.
Ce vendredi, au Boston Stadium de Foxborough, le Maroc cherchera à confirmer après son nul contre le Brésil. L’Écosse, elle, abordera la rencontre avec l’élan de sa victoire contre Haïti. Mais derrière l’enjeu immédiat de la qualification se jouera aussi, en filigrane, une histoire moins connue : celle d’un football écossais qui, depuis plus de vingt-cinq ans, a souvent servi de terrain d’épreuve, de relance ou de révélation à des joueurs venus du Maroc ou de sa diaspora.
à lire aussi
Article : Alerte météo. Vague de chaleur et averses orageuses dans plusieurs provinces
Une vague de chaleur et des averses orageuses accompagnées de grêle et de rafales de vent sous orages sont attendues, du vendredi 19 au dimanche 21 juin, dans plusieurs provinces du Maroc.
Article : Le canadien Telus Digital inaugure un nouveau site à Casablanca Finance City
Présente dans plus de 35 pays, Telus Digital a inauguré un nouveau site à Casablanca Finance City, d’une capacité d’accueil de plus de 1.700 collaborateurs.
Article : Vendredi 19 juin 2026 : le dirham se déprécie face au dollar
Ce vendredi 19 juin 2026, vers 8 h 30, la première cotation centrale USD/MAD de la journée, telle que publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), fait […]
Article : Coupe du monde 2026. Le Maroc en terrain inconnu face à l’Écosse
Assurés d’être qualifiés pour le second tour en cas de victoire contre la Tartan Army, ce vendredi 19 juin à Boston, les Lions de l’Atlas devront démontrer leurs capacités d’adaptation à un adversaire qui leur opposera une résistance d’une toute autre nature que celle rencontrée face au Brésil.
Article : Ouahbi avant l’Écosse : “Nous voulons imposer notre rythme et notre style”
À la veille du choc face à l'Écosse pour la deuxième journée de la Coupe du Monde 2026, le sélectionneur Mohamed Ouahbi et le milieu de terrain Azzedine Ounahi ont tenu une conférence de presse à Boston. État des troupes, ajustements tactiques, rumeurs de transferts et ambitions populaires : aucun sujet n'a été éludé.
Article : Maroc-Écosse (Mondial 2026) : quelle heure, quelles chaînes
Le Gillette Boston Stadium de Foxborough sera le théâtre, ce vendredi 19 juin, de la deuxième rencontre de l’équipe nationale en cette Coupe du monde 2026.