L'Ecole centrale de Casa démarrera en septembre 2014
Le ministre de l'Industrie, Abdelkader Amara s'est informé à Paris des préparatifs pour la création de l'Ecole centrale de Casablanca.
Au cours d'une visite, ce lundi à Paris, au campus de l'Ecole centrale Paris, à Châtenay-Malabry (banlieue sud de Paris), le ministre de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Abdelkader Amara, s'est entretenu avec Hervé Biausser, directeur de cette prestigieuse institution sur la stratégie internationale de l'Ecole.
Les discussions ont porté en particulier sur la création de l'Ecole centrale Casablanca, développée sur le modèle centralien et l'apport de Centrale Paris dans ce projet d'établissement d'enseignement supérieur de l'ingénierie et des sciences (notamment le fonctionnement, les missions, la gouvernance et la pédagogie).
L'ouverture de l'Ecole centrale Casablanca, qui avait fait l'objet d'une convention signée à l'occasion de la visite de François Hollande les 3 et 4 avril dernier, est prévue pour septembre 2014. Elle sera implantée sur le campus universitaire de Bouskoura. Sa construction (plus équipements) sera financée par l'Etat marocain pour un montant de 151 millions de DH (plus de 13 millions d'euros).
Centrale de Casablanca, dont les travaux de construction démarreront sous peu, sera une école publique adossée à une fondation à but non lucratif, dans le cadre d'un partenariat avec l'école centrale qui supervisera le cursus, la pédagogie et les enseignements importants, a expliqué M. Amara dans une déclaration à l'issue de ces entretiens.
Selon lui, l'accès à Centrale Casablanca obéira aux mêmes critères qu'à Centrale Paris: un processus sélectif via concours et les frais de scolarité seront payants, avec un système de bourse qui permettra aux étudiants issus de couches modestes d'avoir la chance d'accéder à cette école.
Bien que la totalité du cursus se fera au Maroc, il n'est pas exclu que certains modules/diplômes puissent être complétés à Centrale Paris ou chez l'un de ses partenaires dans le monde.
Le ministre a réaffirmé l'importance de ce partenariat entre le Maroc et Centrale Paris, « l'une des écoles les plus prestigieuses en France et dans le monde », soulignant qu'il s'inscrit dans une vision globale où le Maroc dans sa « recherche de l'excellence » essaie d'attirer des écoles prestigieuses pour répondre à ses besoins dans les domaines de l'industrie.
L'installation de l'Ecole Centrale à Casablanca s'inscrit dans le cadre du Pacte pour l'émergence industrielle qui vise à faire décoller des Métiers mondiaux comme l'aéronautique, l'automobile, l'offshoring, l'électronique, l'agro-industrie et le textile, auxquels se sont ajoutés récemment la chimie et parachimie, la métallurgie, la mécanique et l'électromécanique.
Dans le cadre de l'ouverture de l'économie marocaine sur ces métiers, le Maroc doit relever les défis de la qualité de ses ressources humaines aux niveaux des techniciens, des ingénieurs et des agents de management, a-t-il relevé, ajoutant que Centrale Casablanca s'inscrit aussi en droite ligne des ambitions du Royaume de se positionner comme un hub en Afrique dans le domaine de l'enseignement supérieur, qui est une activité très prisée à l'international.
Pour sa part, M. Biausser a expliqué que le choix porté sur Casablanca par Centrale Paris pour sa deuxième installation à l'international après celle de Pékin en 2005, préside de sa stratégie d'implantation dans « les pays qui comptent et qui sont importants pour demain ».
« On était convaincu qu'il fallait être présents en Afrique, une zone qui connaîtra une importante croissance dans les prochaines années et très rapidement on était arrivé à la conclusion que le seul endroit où c'était possible c'est le Maroc, en particulier grâce à l'excellent niveau d'éducation et, d'autre part, parce que le pays avait un vrai projet de développement industriel », a souligné à la MAP le Directeur de Centrale Paris.
Il a rappelé que l'idée de ce projet a germé en 2008 et s'est concrétisée par un premier accord en 2009 avant d'être finalisée par la convention signée début avril sous la présidence des deux chefs d'Etat.
M. Biausser a exprimé sa fierté de voir que « le Maroc est le pays qui contribue le plus à l'internationalisation de Centrale Paris », grâce aux élèves ingénieurs marocains formés à cette institution et qui constituent « le premier contingent d'étudiants étrangers de l'Ecole ».
Rien que pour l'année dernière, Centrale Paris en a accueilli 49 nouveaux étudiants, soit près de 9% de l'effectif total des nouveaux inscrits (511), a-t-il expliqué, soulignant que les lauréats marocains sont de « très bons centraliens et font de très belles carrières en France, au Maroc ou dans d'autres pays ».
Il n'a pas manqué de relever que Centrale Casablanca est aussi un projet « porté par les Centraliens marocains », grâce à leur association qui compte près de 200 membres actifs et qui aura un représentant au Conseil d'administration de l'école.
Créée à Paris en 1829 sous le nom officiel d'«Ecole Centrale Arts et Manufactures » par une initiative privée d'un homme d'affaires et de trois scientifiques, cette grande école d'ingénieurs française est devenue publique en 1857 après un legs de ses fondateurs. Elle est à l'origine du Groupe Centrale qui compte cinq autres écoles à Lyon, Marseille, Nantes, Lille, en plus de Pékin.
L'Ecole Centrale Paris, qui forme des ingénieurs généralistes, a acquis une grande renommée internationale grâce aux grands noms de l'industrie qui y sont formés, à l'image de Gustave Eiffel, Georges Leclanché, André Michelin, Armand Peugeot, Louis Blériot, Francis Bouygues, etc.).
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