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Etats-Unis-Iran. Voici venu le temps de la diplomatie

Depuis plusieurs semaines, on annonçait qu’un accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran était imminent. Cette semaine, et au terme d’intenses tractations, menées principalement par la médiation pakistanaise, un compromis a vu le jour et a été signé le 17 juin à Versailles en France.

Le 18 juin 2026 à 16h22

En plein dîner organisé par le président Macron à l’occasion du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance des Etats-Unis, Donald Trump a signé en direct l’accord qui ouvre, d’abord le détroit d’Ormuz que Téhéran a su exploiter en sa faveur, et espère-t-on, une paix durable au Moyen-Orient.

Les Iraniens sont restés exigeants jusqu’au bout pour obliger le président américain à la signature du texte en persan d’abord pour éviter toute mauvaise interprétation de son contenu. Ce texte, comme il a été diffusé par les médias, préconise la cessation immédiate et permanente des opérations militaires, y compris au Liban. Le respect des souverainetés et de l’intégrité territoriale des parties. De procéder à un accord final dans deux mois. La fin du blocus du détroit d’Ormuz et la reprise du trafic commercial. L’aide à la reconstruction de l’Iran et la fin de toutes les sanctions contre l’Iran, y compris au sein du Conseil de sécurité. Dans ce même document, l’Iran réaffirme qu’elle ne cherchera ni à acquérir ni à développer des armes nucléaires. Et enfin un mécanisme serait instauré pour surveiller la bonne application de l’accord.

Dès l’annonce de ce projet en fin de semaine dernière, c’est d’abord le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif qui avait annoncé la nouvelle. Dans un style lyrique, il écrit qu’aujourd’hui le monde assiste à un pas historique vers la paix. Après les ténèbres de la guerre, le soleil de la paix s’est levé. Peu de temps après, c’était le tour du président Trump qui informe, à travers son réseau social, que désormais il autorise pleinement l’ouverture du détroit d’Ormuz sans restrictions. Il souligne également qu’il autorise la levée immédiate du blocus naval de son pays sur le détroit. Et puis, fidèle à lui-même, il commande aux navires du monde de démarrer les moteurs et que le pétrole coule de nouveau à flot.

Du contenu du message de l’Américain on peut déduire une première vérité et une leçon. Ce qui a été déterminant et a poussé Trump à signer le projet d’accord avec Téhéran est bien plus le blocage d’Ormuz que la paix elle-même avec l’Iran. Les Européens qui se trouvaient à la réunion du G7 en France, et qui ont laissé les Américains naviguer tout seuls dans le marécage iranien, ont été les premiers à applaudir Trump pour ce geste qu’ils ont pris pour un cadeau du ciel. Le président Français a su résumer le sentiment de ses collègues du vieux continent. La France et le Royaume-Uni sont prêts pour accompagner la réouverture du détroit d’Ormuz qui doit le rester dans la durée, a-t-il ajouté. Il n’a pas omis non plus de faire référence au Liban, en espérant la mise en place d’un cessez-le-feu robuste et durable, selon ses termes.

Si cet accord semble satisfaire une majorité des Etats, ainsi que le Secrétaire général Antonio Guterres qui l’a salué comme une étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit, c’est en Israël que ce processus de paix a été sévèrement dénoncé. C’est un sentiment général de désapprobation et de rejet de cette entente américano-iranienne qu’on constate dans la classe politique israélienne et les médias du pays. On pouvait lire dans le journal Maariv : on avait promis une victoire totale et nous avons maintenant un désastre total. Ce journal, comme bien d’autres, n’a pas les mots assez durs pour dénoncer l’accord-cadre conclu entre Washington et Téhéran, à l’insu et derrière le dos de Tel-Aviv. Tous dénoncent cet abandon, pour ne pas dire la trahison, de l’allié Trump.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui a su convaincre Trump de l’accompagner dans cette chevauchée pour changer tout bonnement le régime islamique d’Iran comme hier en Irak, a encaissé le coup et n’a pas cherché à provoquer outre mesure le président américain. Mais l’opposition israélienne a saisi l’occasion pour critiquer sévèrement la politique du Premier-ministre israélien. Pour le chef de l’opposition Yair Lapid, Netanyahou assume la totale responsabilité de cet échec. Et il en tire un sombre bilan : le régime iranien survit, et ses programmes sur les missiles balistiques et le nucléaire se poursuivent toujours.

Alors face aux critiques qui l’assaillent de partout, Netanyahou est sorti face caméra pour se justifier, sans cependant convaincre. "J’entends des gens se demander : qu'avons-nous obtenu ?", s’est-il demandé, avant de citer tous ses acquis obtenus de cette guerre. Nous avons éliminé une menace existentielle, nous avons lancé la plus grande attaque du plus grand ennemi d’Israël, nous avons éliminé les dirigeants iraniens, détruit les installations nucléaires, les missiles, les infrastructures, et la marine, l’armée de l’air que l’Iran aurait besoin de plusieurs années pour reconstruire. Nous avons affaibli aussi les Gardiens de la révolution qui massacraient le peuple iranien, plaçant Israël comme un pays qui défend les peuples opprimés.

Mais pourrait-on croire le Premier ministre israélien quand il déclare après l’annonce de l’accord que, sans cette guerre menée avec les Etats-Unis, l’Iran aurait déjà maintenant la bombe atomique ? "On était tous en danger", a-t-il affirmé, et on a éloigné de nous le danger d’éliminer Israël que nous avons sauvé de la destruction. Il a énuméré par la suite les actions menées pour liquider les terroristes, selon sa formulation, à Gaza, en Cisjordanie, en Syrie et au Yémen. Nous devons continuer à être sur nos gardes et à être forts. La force, a-t-il dit, est pour lui la clé de l’avenir d’Israël, avant de finir par annoncer que l’Iran restera l’axe du mal de la région.

Bien que les relations semblent au plus bas entre Trump et Netanyahou, en raison des intérêts divergents et des responsabilités qui incombent à la première puissance mondiale, les détails du protocole d’accord ont été divulgués à partir de l’Europe qui a refusé d’accompagner Trump et Netanyahou dans cette aventure irréfléchie et à haut risque. La priorité maintenant est de prolonger le cessez-le-feu de deux mois sans hostilités, la fin du blocus et l’ouverture du détroit d’Ormuz au commerce mondial, le temps que les deux parties négocient les autres points en suspens.

Pour parvenir à cette entente, les Etats-Unis ont cru un moment que seule la force peut les aider à avoir des gains et à s’imposer en dehors du droit international. Ils espèrent maintenant obtenir par le dialogue et le retour au multilatéralisme ce qu’ils n’ont pas pu conquérir par les armes.

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Le 18 juin 2026 à 16h22

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