Bourse de Casablanca : un été pas comme les autres pour le MASI

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Par | Le 13/7/2026 à 17:03
Au cours des trois dernières années, l'indice phare de la place casablancaise a gagné successivement 4,06%, 3,72% et 6% entre la mi-juillet et la fin août, sans baisse systématique des volumes. En 2026, la consolidation du marché, le recul du PER estimé à 18,8x et les incertitudes extérieures dessinent une configuration différente.

L'essentiel

  • Entre la mi-juillet et la fin août, le MASI a progressé de 4,06% en 2023, 3,72% en 2024 et 6% en 2025, montrant que les congés estivaux n'ont pas interrompu le dernier cycle haussier.
  • Depuis le début de 2026, le volume quotidien moyen sur le marché central ressort à 373,6 millions de dirhams (MDH), contre 481,85 MDH sur la même période en 2025, soit un recul de 22,47%.
  • La correction a détendu les valorisations : le PER 2026 estimé du marché est passé de 20,9x en janvier à 18,8x au 10 juillet, avec des baisses plus marquées dans la construction, les infrastructures et certaines valeurs bancaires.

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Les détails

Après trois exercices de forte progression, le marché boursier est entré dans une phase de consolidation, marquée par des prises de bénéfices et une plus grande sélectivité des investisseurs, mais aussi par un environnement international incertain.

Ce changement de rythme se lit également dans les échanges. Depuis le début de l'année, le volume quotidien moyen sur le marché central ressort à 373,6 MDH, contre 481,85 MDH sur la même période en 2025, soit une baisse de 22,47%.

Où en est la Bourse à l'entrée de l'été 2026 ?

"L'activité reste toutefois supérieure aux niveaux observés avant l'accélération de 2025. Il ne s'agit donc pas d'une rupture, mais d'un retour à un marché moins animé, après une année particulièrement soutenue", commente un analyste de la place.

Les échanges se concentrent régulièrement sur un nombre limité de valeurs, tandis que plusieurs secteurs restent à l'écart de la dynamique. Le marché ne corrige donc pas de manière uniforme : certains titres subissent des prises de bénéfices après avoir fortement progressé, alors que d'autres continuent d'être soutenus par leurs perspectives propres.

À cette consolidation s'ajoute un environnement extérieur plus incertain. Les tensions géopolitiques et les perturbations sur les marchés énergétiques entretiennent la prudence, notamment en raison de leur incidence potentielle sur les cours du pétrole, les coûts de production et les marges des entreprises. Cette prudence est notamment alimentée par la nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz et les risques qui en découlent.

Les investisseurs attendent également les résultats semestriels, qui permettront de confronter les niveaux de valorisation aux performances opérationnelles des sociétés cotées. "Durant cette période, le marché évolue dans une phase d'attentisme, dans l'attente de nouveaux catalyseurs susceptibles de relancer l'activité et les volumes. Comme nous l'avons indiqué à plusieurs reprises, le marché manque actuellement de liquidité", souligne l'analyste.

Trois étés qui n'ont pas interrompu l'essor du marché

La prudence qui domine actuellement tranche avec le comportement observé au cours des trois derniers étés. Entre 2023 et 2025, la période comprise entre la mi-juillet et la fin août n'a pas constitué une parenthèse baissière pour la Bourse de Casablanca. Le MASI a, au contraire, poursuivi sa progression durant chacune de ces périodes, même lorsque l'activité ralentissait temporairement.

En 2023, l'indice a gagné 4,06% entre le 13 juillet et le 31 août, passant de 11.488,31 à 11.954,29 points.

La progression ne s'est pas faite sans hésitations, mais le marché a conservé une orientation favorable, avec 18 séances positives contre 15 négatives. Le repli maximal observé durant la période n'a pas dépassé 2,79%, signe que les mouvements de correction sont restés contenus.

Le scénario s'est répété en 2024. Entre les séances du 15 juillet et du 30 août, le MASI a progressé de 3,72%, de 13.433,94 à 13.933,46 points. La hausse a été mieux répartie dans le temps, puisque 20 des 31 séances observées se sont achevées dans le vert. Le marché a néanmoins traversé un épisode de volatilité au début du mois d'août, avec un recul maximal de 2,85%, rapidement absorbé au cours des séances suivantes.

L'été 2025 a été le plus dynamique des trois. Le MASI a gagné 6% entre le 14 juillet et le 29 août, passant de 18.920,24 à 20.054,88 points. Malgré 13 séances négatives sur les 31 observées, le repli maximal est resté limité à 1,33%. Autrement dit, les corrections ont été moins profondes alors même que l'indice évoluait à des niveaux nettement plus élevés.

"En effet, on a l'impression que les mois de juillet et d'août sont moins dynamiques, car c'est la période des vacances. Il y a donc moins d'activité et plusieurs personnes, qu'il s'agisse d'investisseurs ou d'autres intervenants, partent en congé. Mais cela ne veut pas dire que le marché dort, bien au contraire. Cette régularité ne permet pas d'ériger l'été en période systématiquement favorable. Trois années restent une séquence courte et correspondent surtout à un même cycle d'expansion de la cote. Cette séquence montre néanmoins que la saison estivale n'a, jusqu'ici, ni interrompu la hausse ni entraîné de correction durable. Même avec une participation parfois moins importante, les acheteurs ont continué à soutenir le marché, dans un environnement marqué par l'amélioration des résultats, le retour des introductions en bourse et un intérêt croissant pour les actions", explique notre analyste.

"L'été 2026 ne démarre toutefois pas dans les mêmes conditions. Les années précédentes, le marché abordait cette période porté par une tendance haussière déjà installée. Cette fois, il y entre après plusieurs mois de consolidation. La comparaison avec les trois derniers étés ne fournit donc pas une trajectoire automatique, mais un point de repère pour mesurer l'ampleur du changement actuellement à l'œuvre".

Une liquidité estivale loin d'être systématiquement faible

"L'évolution des volumes invite également à nuancer l'idée selon laquelle l'été serait nécessairement synonyme d'un marché déserté".

Sur le seul marché central, le volume quotidien moyen est passé de 115,39 MDH durant l'été 2023 à 193,60 MDH en 2024, avant d'atteindre 535,42 MDH en 2025. Les montants cumulés sur les périodes étudiées se sont établis respectivement à 3,81 milliards de dirhams (MMDH), 6 MMDH et 16,60 MMDH.

Cette progression spectaculaire d'une année à l'autre ne traduit cependant pas un effet propre à l'été. Elle accompagne surtout le changement d'échelle opéré par la Bourse de Casablanca durant son dernier cycle haussier. La montée des cours, l'élargissement de la base des investisseurs et le retour des opérations financières ont progressivement relevé le niveau général des échanges. Pour apprécier la saisonnalité, il faut donc comparer l'été au reste de la même année, et non les trois périodes entre elles.

En 2024, cette comparaison fait bien apparaître un ralentissement. Le volume quotidien moyen du marché central s'est établi à 193,60 MDH entre la mi-juillet et la fin août, contre 225,19 MDH depuis le début de l'année jusqu'au 12 juillet. L'activité a ainsi reculé de 14,03% pendant l'été. Cette baisse est réelle, mais elle n'a pas empêché le MASI de progresser de 3,72% sur la période. Le marché a donc continué à avancer avec des échanges moins soutenus.

En 2025, le constat est totalement différent. Le volume central quotidien moyen a atteint 535,42 MDH durant l'été, contre 482,53 MDH avant cette période, soit une hausse de 10,96%. La médiane s'est, elle aussi, établie à 537,33 MDH, un niveau très proche de la moyenne. L'activité ne repose donc pas seulement sur quelques séances exceptionnelles : elle est restée élevée sur l'ensemble de la période.

Les valorisations sont-elles redevenues attractives ?

"Oui, clairement. En janvier 2026, le P/E de l'ensemble du marché s'établissait à 20,9x. Il est actuellement de 18,8x".

La détente est particulièrement visible dans les secteurs qui avaient atteint des niveaux de valorisation élevés. Dans la construction, les matériaux et les infrastructures, le PER 2026 est passé de 27,3 fois à 21,2 fois. Plusieurs valeurs illustrent ce réajustement : le multiple de JET Contractors a reculé de 28,6 fois à 18,7 fois, celui de TGCC de 33,7 fois à 25,1 fois et celui de SGTM de 40,6 fois à 24,4 fois.

Le mouvement concerne également les banques, mais dans des proportions moins importantes. Le PER 2026 du secteur est revenu de 13,1 fois à 11,8 fois. Celui d'Attijariwafa bank est passé de 14 fois à 12,7 fois, celui de BCP de 10,9 fois à 9,9 fois, tandis que CIH Bank affiche désormais un multiple de 10,1 fois, contre 11,9 fois au début de l'année.

D'autres valeurs ont connu une détente plus marquée. Le PER 2026 de LabelVie est passé de 20 fois à 14,4 fois, sous l'effet combiné du recul du titre et du relèvement des bénéfices attendus. Dans les télécommunications, le multiple de Maroc Telecom est revenu de 18,9 fois à 14,4 fois. TAQA Morocco reste, en revanche, valorisée à des niveaux élevés, malgré une baisse de son PER 2026, de 45,4 fois à 39,5 fois.

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Source: medias24.com

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