Mondial 2026 : prudente, la presse brésilienne voit dans le Maroc un vrai test d’entrée pour la Seleção
Entre incertitudes dans le onze de Carlo Ancelotti, inquiétude autour des transitions marocaines et respect affiché pour la solidité des Lions de l’Atlas, les médias brésiliens abordent le choc de samedi 13 juin dans le New Jersey avec un mélange d’attente et de méfiance.
À la veille du choc Maroc-Brésil, samedi 13 juin dans le New Jersey, la presse brésilienne aborde l’entrée en lice de la Seleção avec une prudence inhabituelle. Loin de présenter les Lions de l’Atlas comme un simple premier obstacle, les principaux médias brésiliens décrivent une affiche piégeuse, entre intensité marocaine, transitions rapides, solidité défensive et incertitudes persistantes dans le onze de Carlo Ancelotti.
Une Seleção encore en réglage
Le ton est donné par UOL, qui estime que le Brésil arrive à la veille de sa première sortie avec plusieurs zones d’ombre. Selon le média brésilien, Ancelotti observe encore trois secteurs : les deux couloirs défensifs et le poste d’avant-centre. La blessure de Wesley a rebattu les cartes à droite, où Danilo, Ibañez et même Ederson ont été testés. À gauche, Alex Sandro reste en balance avec Douglas Santos, tandis qu’en pointe Matheus Cunha paraît tenir une longueur d’avance sur Igor Thiago, grâce à sa mobilité et à sa capacité à libérer Vinicius Junior sur le côté gauche.
Cette incertitude contraste avec le socle déjà identifié par la presse brésilienne : Alisson, Marquinhos, Gabriel Magalhães, Casemiro, Bruno Guimarães, Raphinha et Vinicius Junior sont présentés comme des titulaires quasi certains. CNN Brasil avance une équipe probable articulée autour d’un trio offensif Raphinha-Matheus Cunha-Vinicius Junior, avec Lucas Paquetá dans l’entrejeu, aux côtés de Casemiro et Bruno Guimarães.
Le Maroc n’est plus regardé de haut
Mais c’est surtout le Maroc qui occupe une place centrale dans les analyses. Pour Folha de S. Paulo, la principale préoccupation d’Ancelotti tient à la solidité défensive marocaine. Le sélectionneur italien y est cité décrivant les Lions de l’Atlas comme l’une des équipes les plus importantes d’Afrique, difficile à déséquilibrer et contre laquelle "marquer n’est pas si facile".
Le site ge, du groupe Globo, va plus loin dans l’analyse tactique. Après avoir observé le dernier match de préparation du Maroc contre la Norvège, le média relève une entame "impressionnante" des Marocains, marquée par un pressing haut, des transitions rapides et une forte intensité. Il insiste notamment sur le côté droit marocain, animé par Achraf Hakimi et Brahim Diaz, présenté comme l’un des principaux foyers de danger pour une Seleção qui a parfois souffert, lors de ses derniers tests, lorsqu’elle devait défendre en courant vers son propre but.
Dans cette lecture brésilienne, le Maroc n’est pas seulement dangereux par son organisation. Il l’est aussi par sa dynamique. ge rappelle que les Marocains ont gagné plus de matchs que toute autre sélection qualifiée depuis le dernier Mondial et qu’ils affichent l’un des meilleurs bilans du cycle. Terra, via Jogada10, insiste de son côté sur une série d’invincibilité de 29 rencontres, présentée comme l’un des signes de la confiance actuelle des Lions de l’Atlas.
Le respect va jusqu’à l’inquiétude assumée chez certains éditorialistes. Sur UOL, Juca Kfouri juge que le Maroc est "plus prêt que le Brésil" pour ce premier match, tout en maintenant la Seleção dans le rôle de favorite. Son argument : l’intensité marocaine, la proximité au classement FIFA et la nécessité probable, pour Ancelotti, d’aborder la rencontre avec plus de prudence qu’à l’accoutumée.
Un test de statut pour les deux équipes
La presse brésilienne identifie cependant aussi des failles. ge note que le Maroc a baissé de rythme après une forte entame contre la Norvège, laissant davantage d’espaces à l’entrée de la surface et reculant progressivement sous la pression adverse. Pour le média, ces zones peuvent être exploitées par les milieux brésiliens, notamment si la Seleção parvient à survivre au premier temps fort marocain.
Les absences et les incertitudes alimentent aussi le récit. Côté brésilien, Neymar reste pratiquement écarté de la première rencontre, en raison de sa blessure au mollet droit. La presse locale évoque plutôt un possible retour contre Haïti, lors de la deuxième journée du groupe C. Côté marocain, ge souligne le forfait d’Abdessamad Ezzalzouli, touché au genou droit contre la Norvège, tandis que Noussair Mazraoui, sorti avec un problème à l’épaule, devrait être disponible.
Au-delà des données tactiques, l’affiche est également présentée comme un duel de statuts. Le Brésil reste le Brésil : cinq fois champion du monde, invaincu lors de ses débuts en Coupe du monde depuis 1934, et toujours attendu au tournant dans une compétition où il porte l’objectif du "hexa". Mais le Maroc n’est plus regardé comme un outsider exotique. Sa demi-finale historique au Qatar, sa stabilité compétitive et la qualité de ses cadres installés en Europe en font, aux yeux de la presse brésilienne, le vrai test de la phase de groupes.
Le match apparaît ainsi comme un révélateur pour les deux équipes. Pour le Maroc, il s’agira de confirmer qu’il peut prolonger au Mondial 2026 son changement de dimension amorcé quatre ans plus tôt. Pour le Brésil, il faudra prouver que l’autorité d’Ancelotti, la vitesse de Vinicius Junior et le retour d’un cadre tactique plus lisible suffisent déjà à transformer une Seleção encore en construction en candidate crédible au titre.
CDM 2026. Pourquoi les transitions pourraient décider du choc Maroc-Brésil
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