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CDM 2026. Pourquoi les transitions pourraient décider du choc Maroc-Brésil

Pour son entrée en lice dans le groupe C de la Coupe du monde 2026, ce samedi 13 juin dans le New Jersey (23h GMT+1), l’équipe nationale affrontera des Brésiliens qui ont mué depuis quelques semaines sous les ordres de Carlo Ancelotti. Moins flamboyants que par le passé, ils sont toutefois redoutables sur les phases de transitions offensives.

CDM 2026. Pourquoi les transitions pourraient décider du choc Maroc-Brésil
Chady Chaabi
Le 12 juin 2026 à 10h48 | Modifié 12 juin 2026 à 11h19

L’essentiel :

Le Maroc et le Brésil s’affrontent pour leur entrée en lice dans la Coupe du monde 2026, ce samedi 13 juin dans le New Jersey, lors d’un match où les transitions pourraient peser davantage que toute autre phase de jeu.

Sous les ordres de Carlo Ancelotti, le Brésil s’appuie sur un 4-3-3 mobile et une animation offensive fondée sur la vitesse de projection, la qualité des circuits courts et la capacité de ses joueurs offensifs à attaquer immédiatement les espaces.

Vinícius Júnior incarne cette menace permanente dans la profondeur et en un contre un. Le Maroc, de son côté, devra s’appuyer sur la rigueur de son organisation défensive et sa résistance lors des temps faibles.

La gestion des pertes de balle, des alignements et de la profondeur sera déterminante pour exister dans cette rencontre.

Les faits en bref :

  • Le Brésil d’Ancelotti excelle dans les phases de transition offensive avec Vinícius Júnior, Raphinha et Bruno Guimarães comme principales armes de projection rapide vers l’avant ;
  • Le Maroc sera attendu dans la gestion des temps faibles, avec une attention particulière portée à la profondeur et aux courses dans le dos de la défense ;
  • Le Brésil est structuré dans un 4-3-3 très mobile, avec un milieu en triangle capable de se déformer ;
  • La fixation côté brésilien sert à libérer Vinícius en situation de un contre un ;
  • Le pressing brésilien est orienté vers la densité axiale, avec un déclenchement coordonné sur les côtés pour obliger le porteur à jouer vers l’intérieur ;
  • Les coups de pied arrêtés sont bien tirés côté Brésil. Raphinha et Bruno Guimarães sont les principaux tireurs. Gabriel Magalhães est la plus grande menace aérienne ;

Les détails :

Il y a une phrase bateau qui dit que l’équipe qui commettra le moins d’erreurs l’emportera. Mais elle pourrait prendre tout son sens lors du match d’ouverture du groupe C de la Coupe du monde 2026, opposant le Maroc au Brésil, ce samedi 13 juin au MetLife Stadium dans le New Jersey (23h GMT+1).

Ce n’est pas tant que nous ramons ou manquons d’inspiration pour mettre le doigt sur la principale clé du match, c’est seulement que l’une des meilleures affiches de la phase de groupe mettra en scène deux équipes performantes en phase de transition.

Dans le football moderne, cela s’apparente à un doux euphémisme lorsque l’on souhaite obtenir des résultats. Et c’est d’autant plus vrai au regard de la force caractérisée de ces deux nations dans cette phase de jeu.

Si la dangerosité des Lions de l’Atlas dans cet aspect du jeu n’a que peu de secrets pour nous, celle du Brésil ne l’est pas totalement et peut parfois surprendre. Fini le temps où la beauté du geste primait. Désormais, c’est tout pour l’efficacité.

Nous avons étudié en détail les dernières rencontres de la Seleção afin de vous dévoiler les enjeux stratégiques d’une opposition qui tiendra sans doute toutes ses promesses.

CDM 2026. Pourquoi les transitions pourraient décider du choc Maroc-Brésil

L’animation offensive

Dans quel système de jeu évolue le Brésil ?

Avec le ballon, le Brésil s’articule autour d’une base en 4-3-3. L’animation de ce schéma de jeu le rend assez mouvant avec 3 lignes dans le sens de la verticalité et surtout un triangle au milieu de terrain qui se déforme, parfois avec une pointe haute et parfois avec une pointe basse.

Raphinha participe également à la déformation de ce système puisqu’il est assez libre et se balade souvent entre les lignes adverses.

La ligne arrière passe de 4 à 3 défenseurs, avec le latéral gauche, soit Douglas Santos, soit Alex Sandro, ou l’un des milieux de terrain qui s’y insère.

CDM 2026. Pourquoi les transitions pourraient décider du choc Maroc-Brésil
La ligne arrière passe de 4 à 3 défenseurs, avec le latéral gauche.

Ainsi, on retrouve un joueur de chaque côté en phase offensive qui mange la ligne pour étirer le bloc adverse. Il s’agit notamment de Vinícius Júnior à gauche et du latéral droit de l’autre côté, dont l’identité n’est pas connue.

Pour le moment, Carlo Ancelotti entretient le mystère au sujet de l’arrière droit qu’il alignera à la place de Wesley, dont le forfait a été acté après avoir contracté une blessure musculaire contre l’Égypte.

Ederson, milieu de terrain de l’Atalanta Bergame, a été convoqué à sa place. Mais ce serait étonnant qu’il soit l’heureux élu.

Quel est le style de jeu du Brésil ?

Le style de jeu du Brésil est assez versatile et adaptatif selon les situations. En ce sens, l’équipe du technicien italien est imprévisible.

En tout cas, elle possède assez de talent et de technicité au milieu de terrain pour construire avec une progression basée sur des passes courtes.

C’est la stratégie privilégiée lors des relances dans les zones basses, à savoir dans ses propres 30 mètres, surtout quand aucune solution n’est évidente en profondeur.

D’ailleurs, en matière de relance, Alisson est assez fiable. En attestent ces statistiques où il atteint le taux de 88 % de passes courtes réussies et 81 % de passes en avant complétées.

Néanmoins, il peut partir à la faute s’il est mis sous pression en raison d’une gestuelle assez saccadée et lente.

Quels sont les joueurs clés en matière de relance ?

C’est le central le plus adroit. Raison pour laquelle Marquinhos, le défenseur axial droit et coéquipier d’Achraf Hakimi, est responsabilisé.

Cela n’a sans doute pas échappé à Mohamed Ouahbi et son staff, qui n’hésiteront pas à isoler le Parisien ou orienter le pressing de telle sorte que ce soit le central le moins à l’aise avec le ballon qui hérite de la relance.

Même si en vérité, il est difficile d’affirmer que ce soit le cas de Gabriel Magalhães, récent vainqueur de la Premier League avec Arsenal.

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Marquinhos est l’option prioritaire sur les relances basses brésiliennes.

Mais s’il faut choisir son poison, il est préférable que ce soit ce dernier. D’ailleurs, c’est son compère dans la charnière, William Saliba, qui s’occupe de cette phase de jeu dans le nord de Londres.

Mais il ne suffira pas d’isoler ou d’orienter le pressing pour gêner la première passe vers l’avant du Brésil. Il faudra aussi couper les transmissions vers les joueurs les plus recherchés.

Et comme vous vous en doutez sûrement, c’est l’un des trois milieux de terrain. Mais plus généralement Casemiro et surtout Bruno Guimarães, dont la qualité de passe longue est extrêmement utile pour lancer les attaquants en profondeur.

La recherche de la profondeur

Justement, la progression de la Seleção dans le camp d’en face à partir d’une phase de construction prend deux visages. Et dans un cas comme dans l’autre, l’objectif est de fixer le bloc défensif adverse pour créer de l’espace.

Soit en fixant dans l’axe pour trouver un joueur libre et rapide sur le côté, en l’occurrence Vinícius Júnior. Ou bien en aspirant l’adversaire au niveau de la ligne médiane afin de lancer en profondeur par exemple Thiago, attaquant de Brentford à l’aise en appui et dans la prise d’espace.

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Guimarães est une superbe rampe de lancement dont la qualité de pied lui permet de trouver aisément des joueurs lancés dans la profondeur.

En revanche, si c’est Mateus Cunha qui est aligné en pointe, il va falloir s’attendre à ce que l’attaquant de Manchester United descende très bas pour attirer avec lui les centraux marocains et ouvrir des espaces dans leur dos pour Vinícius ou Raphinha.

Quels que soient l’identité et le profil de l’avant-centre qui sera titularisé par Ancelotti, la gestion de la ligne défensive sera cruciale côté marocain. On espère que la paire Diop-Riad n’a pas oublié les règles à suivre dans ce genre de situation.

Lorsque le porteur du ballon est cadré, il faut jouer le hors-jeu et avancer. En revanche, lorsqu’il ne l’est pas, il est impératif d’orienter son corps afin d’être prêt pour suivre et accompagner la course de l’attaquant lancé.

S’agissant de Vinícius Júnior, le rôle d’Achraf Hakimi sera important pour limiter son pouvoir de nuisance. Ce qui réduira mécaniquement l’apport offensif du capitaine de l’équipe nationale.

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Le Brésil essaye souvent de trouver Vinícius en profondeur à la récupération du ballon.

À moins que Neil El Aynaoui ou Issa Diop n’assure la couverture. Une option qui serait assez périlleuse car ni l’un ni l’autre n’ont l’explosivité nécessaire pour rivaliser avec l’attaquant du Real Madrid.

Évidemment, si au cours de la rencontre, le Maroc commence à prendre l’eau sur ce côté, il va sans doute falloir baisser la hauteur du bloc pour réduire la profondeur.

Outre les moments où le Brésil est obligé de construire ses actions après une sortie de balle, les phases de transition défense-attaque sont tout aussi importantes.

Et c’est sans doute sur ces situations que les Auriverde sont les plus dangereux. Tout simplement car ils cherchent en toute logique à exploiter les qualités de vitesse et de puissance de leurs attaquants.

Il y a au moins 3 à 4 joueurs qui se projettent. Mais ce sont les attaquants excentrés qui sont les plus visés, avec une priorisation des appels de Vinícius qui est quasi systématiquement en un contre un.

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L’animation défensive

Quelle est la hauteur du bloc brésilien ?

Commençons par la hauteur du bloc équipe qui varie selon les situations et surtout la temporalité du match. En début de rencontre, les Brésiliens n’hésitent pas à chercher très haut dans le demi-terrain offensif.

Les Égyptiens en ont d’ailleurs fait les frais sur l’ouverture du score signée Bruno Guimarães. Articulé le plus souvent autour d’un schéma en 4-4-2, le bloc équipe de la Seleção est très compact.

Les distances entre les lignes dans le sens de la largeur et de la profondeur sont réduites. Cela n’empêche pas que des espaces soient disponibles dans plusieurs zones du terrain. Notamment à l’opposé. Car le bloc brésilien coulisse fortement côté ballon.

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Les Brésiliens peuvent être mis en danger sur les renversements de jeu.

Dans ce cas-là, les Lions de l’Atlas devront fixer sur un flanc pour basculer de l’autre. Ou bien dans le dos des défenseurs. Mais pour ce faire, la relation entre le passeur et l’attaquant qui fait l’appel doit être coordonnée.

D’autant qu’Alisson n’est pas renommé pour sa lecture parfaite de la profondeur et encore moins pour sa vitesse. Donc il y aura vraiment des coups à jouer pour le Maroc dans le dos de la défense.

Un pressing orienté vers la densité axiale

Les Brésiliens ont montré davantage de dispositions dans le pressing que les Lions de l’Atlas. Comme en témoignent les passes permises par action défensive.

C’est un indicateur fiable de la qualité du pressing d’une équipe. Plus son nombre est bas, plus le pressing est efficace.

Pour comprendre les rouages brésiliens sur cette phase de jeu, nous allons déterminer les starters et les zones de pressing recherchées.

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Comme vous pouvez le voir sur la capture ci-dessous, les hommes de Carlo Ancelotti déclenchent leurs mouvements à l’unisson dès que le latéral est en possession du ballon.

Et ils orientent la passe en direction de l’axe du terrain en coupant la ligne de transmission vers le côté pour profiter de leur surnombre et donc récupérer le ballon plus facilement.

Ce cadrage vers la densité axiale permet également aux joueurs les mieux outillés à la relance d’être rapidement en possession du ballon pour lancer instantanément la phase de transition défense-attaque dans l’axe du terrain.

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Le Brésil oriente la relance adverse vers la densité axiale.

La gestion des transitions défensives

À l’arrivée de Carlo Ancelotti, cette volonté de récupérer le ballon rapidement à la perte n’était pas aussi bien exécutée que maintenant. Que ce soit face à la Croatie, Haïti ou l’Égypte, les progrès du collectif auriverde sont évidents sur ces séquences de jeu.

L’attitude de l’équipe à la perte de balle s’est vraiment améliorée. Mais Casemiro and co ne sont pas suicidaires pour autant. En fait, tout dépend du positionnement aussi bien des Brésiliens que des adversaires.

Si les lignes sont assez resserrées et le bloc compact lorsque le ballon est perdu, ils n’hésitent pas à sortir très fort sur le porteur pour récupérer et jouer rapidement vers l’avant.

L’objectif est de profiter de la désorganisation de l’équipe d’en face qui se désarticule puisqu’elle s’apprête à attaquer.

Par contre, quand la distance entre le premier et le dernier joueurs dans le sens de la profondeur est importante, le Brésil prend le temps de reculer et de se replier intelligemment.

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Lorsque leur bloc est coupé en deux, les Auriverdes n’hésitent pas à reculer et se recroqueviller devant leur cage.

Les coups de pied arrêtés

Il restera un domaine qu’on ne peut occulter car il représente plus d’un tiers des buts. Il s’agit bien évidemment des coups de pied arrêtés.

Sur l’aspect offensif, les principaux tireurs sont Raphinha (gaucher) et Bruno Guimarães (droitier). Donc il faut s’attendre quasi systématiquement à des corners rentrants.

La zone recherchée par Bruno Guimarães est souvent le second poteau, alors qu’il y a une grosse densité de joueurs au premier. Celles visées par l’ailier du FC Barcelone sont plutôt le premier poteau, avec un joueur qui coupe la trajectoire du ballon.

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Le Maroc doit être vigilant sur les corners tirés à deux.

Cela dit, les Brésiliens surprennent parfois leurs adversaires en jouant les corners à deux. Les bons joueurs de tête du Brésil sont nombreux (Thiago, Lucas Paquetá, Casemiro), mais la principale menace se nomme Gabriel Magalhães.

Son rendement en Premier League avec Arsenal dans cet exercice est affolant. Sur les corners défensifs, le Brésil allie marquage mixte et marquage individuel, avec une tendance à dépeupler quelque peu le second poteau.

Au fond, la rencontre pourrait bien se jouer dans les détails. Le Maroc possède les armes pour rivaliser avec la Seleção dans le jeu placé, mais la moindre perte de balle, le moindre mauvais alignement ou la moindre erreur de lecture dans les transitions offensives pourrait se payer au prix fort. Et ce n’est pas qu’une façon de parler.

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Le 12 juin 2026 à 10h48

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