Mondial 2030 : un responsable américain salue l’apport du Maroc à la sécurité des grands événements
Lors d’un échange à l’Atlantic Council, Andrew Giuliani a cité les enseignements tirés des expériences marocaines dans la préparation du Mondial 2026, avant d’évoquer le futur Grand Stade de Casablanca et le parcours des Lions de l’Atlas au Qatar.
Le Maroc apporte une contribution jugée précieuse par les États-Unis dans la préparation sécuritaire des grands événements footballistiques, a affirmé le mardi 9 juin 2026 à Washington Andrew Giuliani, directeur exécutif de la Task Force de la Maison-Blanche pour la Coupe du monde 2026, en saluant également les préparatifs du Royaume pour le Mondial 2030.
Interrogé lors d’un événement organisé par l’Atlantic Council sur ce que le Maroc apporte à la coopération sécuritaire avec les États-Unis, Andrew Giuliani a d’abord replacé cette collaboration dans le cadre plus large de l’IPCC, un dispositif de coordination associant des représentants sécuritaires des pays qualifiés pour la Coupe du monde.
Ce mécanisme, a-t-il expliqué, existe déjà dans plusieurs grands événements sportifs internationaux et permet aux organisateurs de mieux anticiper les comportements des supporters venus de différentes régions du monde.
Il y a, selon lui, "une grande valeur" dans ce type de coopération, notamment parce qu’un cortège de supporters africains ou européens ne se présente pas nécessairement de la même manière aux yeux d’un policier américain habitué à d’autres pratiques sportives.
"Un fan march peut paraître un peu différent pour un policier de terrain à Philadelphie qui n’est peut-être pas aussi habitué aux supporters de football", a-t-il relevé.
Le responsable américain a indiqué que les équipes chargées de la préparation du Mondial 2026 avaient tiré profit de plusieurs expériences internationales récentes, notamment au Maroc, en Italie et au Qatar.
"Je connais la grande valeur que nous avons pu retirer du fait d’aller au Maroc", a-t-il déclaré, citant aussi Milan, pour observer la préparation italienne aux Jeux olympiques, et le Qatar, pour étudier l’organisation de la Coupe arabe.
L’objectif, a-t-il poursuivi, est de bâtir le plan opérationnel américain pour une compétition d’une ampleur inédite, en agrégeant l’expérience de responsables ayant déjà travaillé sur des Super Bowls, des Jeux olympiques ou d’autres rendez-vous internationaux.
Selon Andrew Giuliani, les États-Unis envisagent le Mondial 2026 comme une accumulation de défis sécuritaires : matchs de football, grands rassemblements, dispositifs de transport, événements diplomatiques et célébrations nationales.
"Nous avons regardé tout cela, du discours sur l’état de l’Union à l’Assemblée générale des Nations unies, en passant par le Super Bowl et le championnat national, et nous nous sommes dit : tout cela va arriver en même temps", a-t-il résumé.
La conversation a ensuite glissé vers la Coupe du monde 2030, organisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, avec trois matchs de célébration du centenaire en Amérique du Sud.
Sur ce point, Andrew Giuliani s’est montré très élogieux. "S’agissant spécifiquement du Maroc, en regardant vers la prochaine Coupe du monde, cela va être incroyable".
Le responsable américain a rappelé que le Portugal et l’Espagne étaient déjà reconnus pour leur tradition footballistique, avant de souligner le parcours marocain lors du Mondial-2022 au Qatar. "Tout le monde connaît évidemment la puissance footballistique du Portugal et de l’Espagne, mais voir le Maroc aller jusqu’en demi-finales la dernière fois, c’était incroyable".
Andrew Giuliani a également évoqué le futur Grand Stade prévu près de Casablanca, qu’il a décrit comme un équipement appelé à marquer les esprits. "Ce stade paraît incroyable. Je crois qu’il pourra accueillir 120.000 ou 130.000 personnes. J’ai hâte de voir à quoi il ressemblera une fois qu’il sera enfin construit".
Plus tôt dans l’échange, le responsable américain avait également souligné que la sécurité constituait la condition première de réussite du Mondial-2026, organisé aux États-Unis, au Mexique et au Canada.
Il a notamment indiqué que les 78 matchs prévus sur le territoire américain seraient traités, en matière de sécurité, comme autant de Super Bowls, avec plusieurs périmètres de contrôle et une couverture anti-drones pour l’ensemble des rencontres.
L’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, également présent dans la salle, est intervenu en fin d’échange pour témoigner de l’accueil réservé récemment à la sélection marocaine à son arrivée à l’aéroport de Newark, dans la région de New York. Il a dit avoir été "étonné et surpris par la qualité de la sécurité" mise en place à cette occasion, évoquant une opération achevée en quatre-vingt-dix minutes.
Selon lui, deux remorques avaient été placées près de l’avion pour permettre aux joueurs de passer les contrôles de sécurité directement à proximité de l’appareil. "C’était incroyable. Nous n’avions pas demandé cela, nous l’avons trouvé sur place", a-t-il déclaré, estimant que l’organisation avait été "parfaite".
L’ambassadeur marocain a aussi insisté sur la nécessité de traiter les enjeux de sécurité "avec transparence", tout en rappelant le rôle fédérateur du football. "Quatre-vingt-dix minutes de football donnent parfois plus de résultats pour rapprocher les gens que quatre années pour un diplomate".
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