Vie chère, carburants, Aïd : l’Istiqlalien Omar Hejira défend l’action du gouvernement
Face à la hausse des prix et aux inquiétudes sur le pouvoir d’achat, Omar Hejira défend le bilan du gouvernement et attribue l’inflation aux crises internationales, aux intermédiaires et aux marges excessives. Le secrétaire d’État met en avant les aides sociales directes, la stabilité de l’offre pour l’Aïd Al-Adha et les grands chantiers de l’eau comme preuves d’une action gouvernementale "honorable" malgré un contexte difficile.
Le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a défendu le bilan du gouvernement lors de son passage sur une émission de la chaîne publique Al Aoula, mettant en avant la cohésion de la majorité et les efforts engagés pour préserver le pouvoir d’achat des Marocains dans un contexte international marqué par de fortes tensions.
Il a estimé que la sortie médiatique du chef du gouvernement pour présenter le bilan de l’Exécutif relève d’un exercice institutionnel normal, prévu par la Constitution. Selon lui, cette démarche vise à renforcer le débat politique et à rapprocher les citoyens de la vie publique, alors que la participation électorale reste limitée.
Sur le plan social, Omar Hejira a rappelé les principaux chantiers engagés, notamment la généralisation de la couverture médicale, l’aide sociale directe et le soutien aux familles vulnérables. Il a souligné que certaines familles bénéficient désormais d’aides mensuelles allant de 500 à 1.350 dirhams, contre des montants bien plus faibles auparavant dans le cadre des anciens mécanismes indirects de compensation.
Concernant la hausse des prix, il a reconnu qu’elle demeure la principale préoccupation des ménages, tout en l’attribuant à plusieurs facteurs externes, notamment la guerre en Ukraine, la sécheresse, les inondations et la hausse mondiale des coûts de l’énergie. Il a affirmé que le Maroc subit, comme d’autres pays, les répercussions de cette conjoncture internationale.
Sur le dossier des carburants, il a expliqué que la fin des subventions directes rend les hausses plus visibles pour les consommateurs. Il a estimé que la question centrale concerne surtout les marges bénéficiaires pratiquées dans le secteur, rappelant que le Conseil de la concurrence a été saisi pour examiner ce point.
Pour les produits alimentaires, notamment les fruits, légumes et viandes, il a mis en cause le rôle des intermédiaires et des spéculateurs. Selon lui, plusieurs produits quittent les exploitations agricoles à des prix raisonnables avant d’être revendus à des tarifs nettement plus élevés au consommateur final.
À l’approche de Aïd Al-Adha, il a assuré que l’offre en ovins reste suffisante, avec près de 10 millions de têtes disponibles pour un besoin estimé à 6,5 millions. Il a indiqué que les prix devraient varier entre 3.000 et 6.000 dirhams, avec une légère baisse de 200 à 300 dirhams, sur certains marchés grâce à l’amélioration des conditions climatiques et des pâturages.
Interrogé sur les exportations agricoles, il a rejeté l’idée d’un lien direct avec la hausse des prix sur le marché local, affirmant que l’approvisionnement national demeure prioritaire. Il a également évoqué l’impact des inondations sur près de 100.000 hectares de cultures.
Sur le plan politique, Omar Hejira a affirmé que le Parti de l’Istiqlal se prépare déjà aux prochaines échéances électorales avec l’ambition d’arriver en tête. Il a déclaré que le parti serait en mesure de former seul un gouvernement en cas de majorité absolue, mettant en avant son ancrage historique et institutionnel. Une hypothèse qui supposerait l’obtention d’au moins 198 députés, extrêmement improbable soit dit en passant.
Il a également défendu le bilan de l’actuelle majorité, citant les avancées sociales, les infrastructures et les grands projets liés à l’eau, notamment le dessalement de l’eau de mer. Selon lui, 60 % de l’eau potable proviendra bientôt du dessalement, avec un objectif à terme de généralisation pour l’eau potable et de 80 % pour l’irrigation.
Enfin, il a insisté sur la continuité de l’action publique, estimant que le développement du Maroc s’inscrit dans une vision de long terme portée par la monarchie. Il a cité plusieurs projets structurants, comme Tanger Med, le futur port de Nador, le port atlantique de Dakhla et Agadir, tout en soulignant l’importance pour les partis politiques de s’adapter aux nouveaux usages numériques, notamment à travers les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, pour mieux toucher les jeunes générations.
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