Hantavirus : ce que l'on sait de la souche mortelle qui frappe à bord du MV Hondius
Depuis le dimanche 3 mai 2026, le MV Hondius ne poursuit plus sa route. Immobilisé au large de Praia, au Cap-Vert, ce navire d’expédition battant pavillon néerlandais est devenu le centre d’un foyer de hantavirus, une maladie rare, redoutée pour ses complications respiratoires, et déjà associée à trois décès parmi les personnes liées à cette traversée.
L'affaire a pris une dimension internationale en l'espace de quarante-huit heures. L’alerte est rendue publique le lundi 4 mai 2026, lorsqu’un foyer de cas est signalé à bord. À son bord, 147 personnes, dont 88 passagers et 59 membres d’équipage, représentant 23 nationalités, sont confinées depuis que le navire a jeté l’ancre.
Le bilan actuel est lourd : sept cas identifiés, dont deux confirmés en laboratoire, et déjà trois décès. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), les premiers symptômes sont apparus entre le 6 et le 28 avril. Le scénario clinique associe fièvre et troubles gastriques, avant une possible évolution rapide vers une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et un état de choc. À l'heure actuelle, un patient demeure dans un état critique.
Face à cette urgence, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a annoncé que l’évacuation de trois cas suspects vers les Pays-Bas avait été coordonnée avec le soutien de l'Espagne et du Royaume-Uni.
Le chef de l’OMS a tenu à souligner que “le risque pour le grand public est faible”, précisant que l’hantavirus ne se transmet pas comme des virus respiratoires tels que la grippe ou le Covid-19, mais résulte principalement d’un contact avec des rongeurs infectés ou leurs excrétions.
Mais alors que l'on pensait le foyer épidémique circonscrit aux passagers présents à bord lors du signalement, les autorités sanitaires suisses ont indiqué, le mercredi 6 mai 2026, qu'un homme infecté par le virus était actuellement hospitalisé dans un état stable à l'Hôpital universitaire de Zurich (USZ).
Des analyses menées par le Centre national de référence pour les infections virales émergentes des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont confirmé une infection par la souche Andes, un hantavirus présent en Amérique du Sud, également identifiée chez les passagers du navire MV Hondius.
Contrairement aux souches européennes, généralement transmises à la suite d’un contact avec des rongeurs, cette souche peut, dans de rares cas, se transmettre d’une personne à une autre, mais uniquement lors de contacts étroits, explique l’OFSP. L’épouse du patient, asymptomatique, s’est placée en isolement par précaution, tandis que les autorités cantonales cherchent à retracer d’éventuels contacts.
"Le risque global reste faible" (Dr Mouad Mrabet)
Au Maroc, les autorités suivent la situation sans céder à la panique. Selon le Dr Mouad Mrabet, coordonnateur du Centre national des opérations d’urgence de santé publique, si le drame à bord est réel, il ne faut pas y voir le début d'une catastrophe mondiale.
"La situation n'est pas alarmante. C'est une maladie rare avec des épisodes épidémiques sporadiques. Il y a des cas chaque année en Allemagne ou en Finlande. Les types de virus circulent un peu partout".
Pour l'expert marocain, la forte médiatisation actuelle est liée à la fois à la présence de décès et à de probables flottements dans la communication initiale. "Les responsables n'ont pas bien communiqué au début. On attend encore de savoir exactement ce qui s'est passé, mais pour la santé publique mondiale, le risque reste faible".
L’OMS a instauré un suivi rigoureux pour toutes les personnes ayant déjà débarqué du navire. Bien que le risque soit jugé "faible" à l'échelle globale, la mortalité élevée de ce foyer rappelle la dangerosité de ce virus lorsqu'il n'est pas détecté et isolé à temps. Le MV Hondius reste, pour l'heure, sous surveillance sanitaire internationale. Selon des sources espagnoles, il devrait accoster dans les prochains jours à Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries.
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