La grève des avocats suspendue, reprise du dialogue avec le gouvernement Akhannouch
Les avocats mettent fin à la grève et reprennent le dialogue avec le chef du gouvernement. Le texte ne sera pas transmis au Parlement.
Après sept semaines de grève, les avocats mettent un terme à leur mouvement de protestation. Cette décision intervient après l’intervention du chef du gouvernement, qui a officiellement rouvert le dialogue avec la profession.
L’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a annoncé qu’une réunion se tiendra ce vendredi 13 février, à l’initiative de la primature. Les discussions auront lieu dans le cadre d’une commission conjointe, placée sous la supervision du chef du gouvernement. L’objectif consiste à ouvrir “un débat responsable, sérieux et participatif au sujet du projet de loi sur la profession”.
Le texte en suspens, l’activité reprend
Du côté de la primature, une décision importante accompagne cette initiative. Le projet de loi, adopté en Conseil de gouvernement le 8 janvier dernier, ne sera pas transmis au Parlement pour le moment. L’exécutif attendra l’achèvement des travaux de la commission nouvellement créée avant toute suite législative.
Du côté des robes noires, le mot d’ordre change. La grève prend fin, alors même qu’elle commençait à créer des dissonances au sein de la profession. Dans un communiqué daté du 11 février, l’ABAM annonce la reprise des activités normales à compter du lundi 16 février. Les juridictions nationales seront ainsi débloquées après plusieurs semaines de paralysie.
Sept semaines de grève
Pour rappel, le projet de loi encadrant la profession d’avocat, adopté début janvier en Conseil de gouvernement, a suscité un tollé dès sa divulgation. Son contenu a mis en rogne les avocats, qui dénoncent une atteinte à l’indépendance de leur profession et exigent le retrait du texte.
Le ministre de la Justice, à l’origine du projet, avait déclaré se montrer ouvert à la négociation, mais à condition de recevoir des propositions écrites. Cette exigence a nourri un dialogue de sourds entre les deux parties, les représentants de la profession réclamant le retrait du texte sans formuler officiellement d’amendements détaillés.
Finalement, le chef du gouvernement a repris le dossier en main. Il a pris l’initiative de rouvrir officiellement le dialogue avec les avocats et de relancer les discussions autour du texte. Reste à savoir si le projet sera profondément révisé. Quels articles seront modifiés ? Quels points feront l’objet d’un compromis ?
Des explications vaseuses
Jusqu’à présent, les avocats n’ont jamais exposé publiquement, de manière exhaustive et structurée, l’ensemble des dispositions qui posent problème.
Lors d’une conférence de presse présentée comme explicative, les représentants des barreaux se sont surtout attardés sur un point précis : la possibilité donnée aux avocats étrangers d’exercer au Maroc.
Cette disposition a cristallisé les tensions. Le texte prévoit pourtant un encadrement strict. Selon le texte, l’avocat étranger ne peut exercer que s’il accompagne un investisseur étranger dans le cadre d’un projet au Maroc, et uniquement pour ce projet spécifique.
Pour les robes noires, ces garanties ne suffisent pas. Elles réclament une véritable réciprocité avec les confrères étrangers. Elles exigent également que tout avocat souhaitant exercer au Maroc maîtrise la langue arabe ainsi que le droit marocain.
Si la justice reprend son cours normal dès lundi, le chantier de la réforme, lui, ne fait que commencer. La question demeure : cette réforme verra-t-elle réellement le jour durant l’actuelle législature ? Le mandat de Abdellatif Ouahbi ne compte plus que quelques mois, à l’approche des élections prévues en septembre 2026. À moins qu’il ne soit reconduit au ministère après ce scrutin.
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