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DROIT

Grève des avocats : Casablanca à bout, l’unité de la profession à rude épreuve

Dans la métropole, les tribunaux saturent et les voix appelant à la reprise se multiplient. La profession se divise face à la grève des avocats, source de paralysie judiciaire.

Grève des avocats : Casablanca à bout, l’unité de la profession mise à l’épreuve
Grève des avocats : Casablanca à bout, l’unité de la profession mise à l’épreuve
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Le 10 février 2026 à 17h45 | Modifié 10 février 2026 à 18h13

Casablanca va-t-elle supporter la grève illimitée des avocats ? La question se pose déjà au sein de la profession, après désormais sept semaines de grève. Les effets des protestations des robes noires deviennent de plus en plus visibles.

Dans la capitale économique, les juridictions ne supportent plus le rythme imposé par l’arrêt de l’activité. Les audiences connaissent des reports successifs et les dossiers s’accumulent. Or, Casablanca reste la ville où le plus grand nombre d’affaires judiciaires se traitent quotidiennement. Cette situation n’enlève rien à l’importance des dossiers en attente ailleurs dans le pays, mais elle accentue la pression dans ces juridictions stratégiques.

Sondés par nos soins, plusieurs avocats expriment leur volonté de mettre fin à une grève qu’ils jugent trop longue. D’autres souhaitent rester solidaires jusqu’au bout, même si la paralysie prolongée nuit à leurs propres dossiers.

“Après plus de six semaines de suspensions hachées, les retards ne jouent plus en faveur de la défense”, confie un avocat du barreau de Casablanca.

Déjà vu

Ce scénario n’est pas inédit. Lors de précédents mouvements de protestation des robes noires, certains avocats avaient tenté de reprendre du service. Leurs confrères les en avaient empêchés. Des avocats avaient même rapporté des agressions. Le différend avait fini devant la justice, et la Cour de cassation avait tranché.

Cette fois encore, le malaise dépasse Casablanca, même s’il s’y exprime plus fortement. De nombreux avocats ne soutiennent plus une grève générale et illimitée. D’autant que l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) réclame le retrait du projet de loi. Elle se dit favorable au dialogue, mais refuse de formuler des propositions écrites. Le ministre de la Justice, lui, exige des amendements écrits. Le dialogue ne risque pas de démarrer.

Des parlementaires ont proposé une médiation. Aucun cadre concret n’a encore émergé. Même la conférence de presse annoncée par les barreaux comme explicative pour les citoyens n’a pas apporté de réponses claires.

Une réunion mal accueillie

C’est dans ce contexte que le bâtonnier Mohamed Chehbi a publié, le lundi 9 février, un communiqué explicatif. Il y répond aux critiques visant une réunion tenue à son domicile avec plusieurs figures de la profession, dont Me Abdelkbir Tabih, en sa qualité de membre le plus ancien du Conseil, et Me Mustapha Ramid, ex-ministre de la Justice.

Il précise que cette rencontre s’est tenue à l’initiative du bâtonnier de Casablanca, qui témoigne lui même de la pression des avocats de la ville, difficiles à maintenir en grève.

Me Chehbi insiste sur le caractère “non officiel” et “non contraignant” de cette réunion. Il rappelle que le bâtonnier a le droit de se concerter librement. Il critique surtout la stratégie actuelle. Selon lui, une grève générale et illimitée, combinée à une simple demande de retrait du texte sans propositions d’amendements, “ne produira aucun résultat”.

Le communiqué révèle aussi que la situation spécifique de Casablanca a été signalée au bureau de l’Association, sans être prise en compte. Le bâtonnier de Casablanca a même décidé de ne plus publier de communiqué, selon la même source.

Le soir même, l’ABAM a réagi. Elle a tenu à réaffirmer l’unité des 17 barreaux. Malgré ce communiqué dont le but est d’assurer que la solidarité de la profession demeure intacte, reste à savoir si cette fracture finira par mettre un terme à la grève.

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Le 10 février 2026 à 17h45

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