img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
TOURISME

Tourisme : le Maroc se prépare à lancer périodiquement les visites mystères dans les hôtels

Des visites mystères seront lancées dans les établissements d'hébergement touristique par les pouvoirs publics. De nouvelles dispositions légales viennent les organiser et introduisent des changements concernant l'hébergement touristique:.

Nouveau système de classification des établissements touristiques
Etablissement touristique
Par
Le 9 juin 2025 à 9h15 | Modifié 10 juin 2025 à 16h55

Les visites mystères seront lancées dans les prochains mois dans les établissements d'hébergement touristiques, apprend Médias24 de source sûre. Un budget a été consacré à cette action de contrôle. Des appels d'offres seront lancés et des entreprises privées seront sélectionnées pour opérer ces contrôles qui constituent une démarche courante dans les principaux pays touristiques.

Au Maroc, cette action était parfois effectuée par le département du Tourisme; mais surtout par les chaînes auxquelles les hôtels sont affiliés.

Les choses vont désormais changer. Un nouveau cadre juridique, celui de la loi 80-14 visant à renforcer la qualité et la gestion des établissements touristiques, a été récemment adopté et publié au Bulletin officiel (tout le pack juridique des nouvelles dispositions peut être téléchargé ici). C'est lui qui servira de cadre légal pour ces contrôles.

Cette perspective suscite, comme on peut l'imaginer, de la circonspection chez les hôteliers. En fait, les actions de l'État ne concerneront pas seulement le contrôle des hôtels classés. Les Airbnb et autres locations informelles auront également un plan d'action spécifique.

De nouveaux textes réglementaires ont été publiés le 27 mai dernier au Bulletin officiel. Plusieurs hôteliers et gérants d’autres formes d’hébergement, contactés par nos soins, s'en félicitent, car ce texte apporte des évolutions positives.

Nos interlocuteurs marquent cependant leur désaccord avec l'organisation d'une seule visite mystère et notent l'absence d'une classification dédiée aux locations de meublés de type Airbnb. En fait, un plan concernant ces locations meublées type Airbnb sera lancé avant la fin de l'année et concernera 50.000 à 100.000 résidences.

Tous les types d’hébergement seront désormais classés par étoile

Avant de revenir sur "l'introduction de cette grande avancée qu’est la visite mystère", une source fiable nous apporte ses précisions sur les 3 principales nouveautés introduites par la nouvelle loi.

La première nouveauté concerne un changement de classification avec la disparition des trois catégories au bénéfice d’un classement allant jusqu’à 5 étoiles de tous les types d’hébergements.

"Jusqu'à présent, seuls les hôtels étaient soumis au régime des étoiles et tous les autres lieux étaient classés par catégorie. Avec cette loi, tous les hébergements de type apparts-hôtels, riads, maisons d’hôtes, camping seront répertoriés en étoiles", révèle notre interlocuteur en ajoutant que ce système permettra de mieux comparer la qualité de service avec ce qui se fait dans le monde.

Les riads et les kasbahs auront leur propre classification

Le deuxième changement prévoit que les riads et les kasbahs naguère répertoriés dans les maisons d’hôtes feront l’objet d’une nouvelle classification avec des spécificités propres à ce type d’hébergement.

En effet, si le classement des milliers de maisons d’hôtes continuera à exister, un autre motivé par la sauvegarde du patrimoine immobilier regroupera les 200 riads et kasbahs qui ont été répertoriés.

La création de ces deux types d’hébergement permettra, selon lui, de consolider le capital culturel.

Des visites mystères pour vérifier la qualité des services promis

Enfin, le texte de loi va instaurer une visite surprise ayant pour vocation de vérifier la qualité des infrastructures et des services de tous les établissements d’au moins 3 étoiles. Cette cible s’est en effet imposée par le fait que c'est à partir d’un classement de 3 étoiles qu’un établissement a des flux internationaux suffisamment importants pour nécessiter un contrôle des prestations promises.

"Si le client mystère pourra vérifier la réalité de certains éléments structurels promis comme la superficie de la chambre, sa priorité sera surtout de contrôler la qualité des services", précise notre interlocuteur en ajoutant que, dans un premier temps, une mise en demeure sera adressée au gérant de l’établissement en cas de rapport négatif pour remédier aux infractions relevées par le contrôleur.

Ainsi, quand le client mystère remarquera une fuite d’eau dans la chambre, l’établissement ne sera pas déclassé et le ministère devra reprogrammer une deuxième visite, voire même une troisième.

"D'ici 2027, l’ensemble du parc hôtelier sera reclassifié"

Et de préciser que faute de cabinets d’experts nationaux, des spécialistes étrangers des procédures relatives au contrôle de la qualité des prestations d’hébergement seront détachés au Maroc avant d’arriver à terme à un ratio de 50% de consultants privés locaux et 50% d’experts internationaux.

Si la partie structurelle des établissements sera contrôlée par des fonctionnaires, ce système de mystery-guest contribuera d’abord à mettre aux normes puis enfin à reclasser l’ensemble du parc d’hébergement d’au moins 3 étoiles à l’horizon 2027.

Ce délai de deux ans devrait, selon notre interlocuteur, être beaucoup plus court pour les grandes chaines hôtelières qui disposent déjà de procédures internes d’audit de leur qualité de services.

L’autre grande innovation concernera la périodicité du classement qui devra être renouvelé tous les 5 ans afin d’obliger les hôteliers à entretenir, voire à renouveler certains de leurs équipements structurels.

"Une seule visite surprise ne suffit pas pour sanctionner un lieu d'hébergement"

Tout en affirmant approuver 90% des nouveautés instaurées par le nouveau texte de loi régissant les établissements touristiques, un président d’une fédération régionale de l’hôtellerie et un dirigeant d’une grande chaine hôtelière se sont cependant dits réservés sur le système des visites surprises.

"Sachant que lors de la seule visite instaurée par la loi, le client mystère pourrait tomber sur un employé malade, de mauvaise humeur ou même sur un syndicaliste qui en veut à sa direction, il serait plus juste que le premier contrôle soit à blanc", recommandent nos sources en laissant entendre que cela permettra de se mettre à niveau et d’éviter des sanctions hâtives conjoncturelles.

En d’autres termes, le système de contrôle devra donner lieu à deux, voire trois, visites pour contribuer à créer une culture continue d’amélioration des prestations et ne pas être un moyen de sanctionner. En vérité, c'est exactement ce que nous a confirmé notre source proche du ministère.

"Le texte de loi a omis de réglementer les locations de type Airbnb"

"Comment est-il possible que cette loi tourne le dos à près de 50% des nuitées réalisées dans le cadre des locations de meublés non classés", s’interroge un grand opérateur de ces hébergements qui ne comprend pas l’absence d’un vrai texte dédié aux plateformes de type Airbnb qui génèrent une concurrence déloyale et un manque à gagner important à l’Etat en termes de taxes de séjour.

Notre source estime que ce vide juridique oblige au moins 90% des professionnels à rester dans l’informel.

Déterminé à "rentrer dans les clous", notre interlocuteur réclame au nom de sa profession que son parc de centaines d’appartements meublés soit classé par le ministère pour être considéré à l’avenir comme des établissements touristiques au même titre que les hôtels, résidences hôtelières, riads ….

Un changement qui permettra à sa profession de payer la taxe de séjour et de promotion touristique mais aussi de se mettre au même niveau de fiscalité que les hôteliers qui payent une TVA à 10% au lieu des 20% actuels imposée à toutes les locations de meublés.

Désireux de dégager sa responsabilité contre les risques sécuritaires inhérents au secteur de l’hébergement, l’opérateur estime qu’un classement en établissement touristique lui permettra d’établir des fiches de police à ses clients, une obligation qui n’est toujours pas d’actualité pour l’instant.

Sans plus de détails, nos sources nous confirment que tous ces hébergements et locations type Airbnb sont concernés par un plan d'action volontariste qui va les encourager à quitter l'informel.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 9 juin 2025 à 9h15

à lire aussi

SIEL : le Prince héritier Moulay El Hassan préside à Rabat l’ouverture de la 31e édition
CULTURE

Article : SIEL : le Prince héritier Moulay El Hassan préside à Rabat l’ouverture de la 31e édition

Le Prince héritier Moulay El Hassan a présidé, le jeudi 30 avril 2026 à Rabat, l’ouverture de la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), organisée du 1er au 10 mai sous le haut patronage du Roi Mohammed VI.

Maroc-Chine : l’ambassadeur du Royaume à Pékin mise sur le zéro droit de douane pour stimuler les exportations
DIPLOMATIE

Article : Maroc-Chine : l’ambassadeur du Royaume à Pékin mise sur le zéro droit de douane pour stimuler les exportations

Dans un entretien à CGTN, Abdelkader El Ansari indique que des discussions techniques sont en cours pour appliquer la mesure chinoise prévue le 1er mai 2026 pour 53 pays africains.

Cuivre : des résultats de forage prometteurs pour CMR sur le projet d’Agadir Melloul au Maroc
Quoi de neuf

Article : Cuivre : des résultats de forage prometteurs pour CMR sur le projet d’Agadir Melloul au Maroc

Le groupe britannique annonce des intercepts allant jusqu’à 5 mètres à 1,20% avec or et argent associés, et vise une première estimation de ressource dès le troisième trimestre 2026 sur un site encore très peu exploré.

Gaz : Predator accélère ses projets au Maroc et prépare un pilote de production à Guercif
Quoi de neuf

Article : Gaz : Predator accélère ses projets au Maroc et prépare un pilote de production à Guercif

Le groupe britannique cible en priorité un réservoir estimé à près de 62 milliards de pieds cubes, avec des forages prévus en 2026 après des travaux techniques sur le puits MOU-3.

TPME : le Maroc lance un plan 2026-2030 pour accélérer la croissance des petites entreprises
ECONOMIE

Article : TPME : le Maroc lance un plan 2026-2030 pour accélérer la croissance des petites entreprises

Porté par Maroc PME autour de quatre axes d’accompagnement, le dispositif doit faciliter l’accès des petites structures à des expertises en digitalisation et en management, avec l’appui de la CGEM et des régions.

Paiements : UnionPay obtient le statut CFC et renforce son ancrage au Maroc
Quoi de neuf

Article : Paiements : UnionPay obtient le statut CFC et renforce son ancrage au Maroc

Déjà présente dans 51 pays africains, la filiale du réseau chinois entend faire de Casablanca sa base régionale pour accélérer le déploiement de services transfrontaliers auprès des entreprises et des particuliers.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité