Kénitra-Marrakech à 320 km/h : travaux de LGV lancés, essais et démarrage dès 2029
Avec le lancement officiel, ce jeudi 24 avril, du chantier d'extension de la ligne à grande vitesse Kénitra–Marrakech par le Roi Mohammed VI, le projet entre dans une nouvelle phase. Plusieurs marchés stratégiques ont déjà été attribués, et un calendrier ambitieux a été fixé : les premiers TGV devraient circuler entre Kénitra et Marrakech dès novembre 2029.
Pour mener à bien ce chantier d’envergure à l’horizon 2030, l’Office national des chemins de fer (ONCF) a multiplié les appels d’offres.
La majorité des marchés ont déjà été attribués, portant sur plusieurs volets : études, travaux de dégagement, préparation des emprises, installations de chantier, démolitions (immeubles, villas en zone urbaine), coupe et dessouchage d’arbres, terrassements (remblais et déblais ponctuels), construction d’ouvrages en béton armé, ainsi que prestations topographiques et administratives pour l’établissement des plans et enquêtes parcellaires sur l’axe Kénitra-Marrakech-Agadir.
La réalisation du tronçon Casablanca-Marrakech devrait être finalisée en 2029. Les essais dynamiques devraient démarrer vers janvier 2029, d'abord sur le tronçon Kénitra-Casablanca entre janvier et mai, puis entre Casablanca et Marrakech entre mai et septembre 2029. La mise en service est prévue pour novembre 2029.
96 MMDH pour la mise à niveau du secteur ferroviaire national, 53 MMDH pour la LGV Casablanca-Marrakech
Estimé à plus de 96 milliards de DH à l'horizon 2030, le financement du programme d’investissement de l'ONCF est bouclé. L’extension de la LGV jusqu’à Marrakech mobilisera ainsi un budget de 53 MMDH. Par ailleurs, 29 MMDH seront alloués à l'acquisition de 168 trains, incluant 18 TGV auprès du français Alstom, 40 trains intervilles attribués à la société espagnole CAF et 110 trains navette rapides et métropolitains pour son programme de RER auprès de la société sud-coréenne Hyundai Rotem.
Quelque 14 MMDH seront consacrés à la poursuite de la rénovation et de la réhabilitation du réseau actuel.
Ce programme génèrera 430.000 emplois durant les travaux et 2.000 postes permanents. Son financement est partagé à 53% entre l'État et les collectivités territoriales, contre 43% pour l'ONCF.
Le train du futur
Les 18 trains à grande vitesse seront fournis par l’entreprise française Alstom, implantée au Maroc depuis près de cent ans. Il s’agit du modèle Avelia Horizon, des trains à double étage d’une capacité allant jusqu’à 640 voyageurs et pouvant atteindre une vitesse de 320 km/h.
Les trains seront produits dans les usines d’Alstom en France puis transportés et testés au Maroc. L’usine d’Alstom à Fès produira les armoires électriques et les faisceaux de câbles, contribuant ainsi au développement de l’écosystème ferroviaire marocain et renforçant l’expertise ferroviaire locale.
La future ligne, longue de 390 kilomètres, permettra des vitesses comprises entre 170 et 320 km/h. Elle bénéficiera à 58% de la population, couvrira 65% des déplacements nationaux et desservira cinq destinations touristiques majeures.
Les temps de parcours seront considérablement réduits :
Voici les durées de quelques trajets:
-Tanger- Rabat: 1 h.
-Tanger-Casablanca: 1h40.
-Tanger-Marrakech: 2h40.
-Rabat-aéroport Mohammed V: 35 mn, en desservant le nouveau Stade Hassan II.
-Casablanca-Marrakech: 1h15.
-Rabat-Marrakech: 1h40.
-Marrakech- Aéroport Mohammed V: 55 mn.
-Fès- Marrakech: 3h40.
Il est prévu également un service à grande vitesse entre Fès et Marrakech avec un temps de parcours de 3h40 (avec des trains à grande vitesse circulant sur la ligne classique de Fès jusqu’au nord de Kénitra, avant de poursuivre sur la nouvelle ligne à grande vitesse jusqu’à Marrakech).
Depuis 2019, l'ONCF a enregistré une hausse de 80% du nombre de voyageurs, selon des données de l'Office, avec un taux de régularité des trains de 96% et un taux de remplissage de 71%. À terme, la ligne à grande vitesse (LGV) devrait transporter 100 millions de voyageurs, dont 12 millions sur la ligne Al Boraq. Elle contribuera à la réduction des trajets en voiture, autocar ou grand taxi, et donc à une baisse des émissions de CO₂ estimée à 360.000 tonnes par an.
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