Affaire du Casino Es Saadi : épilogue en cassation pour Abdouh et Cie
La Cour de cassation vient de rejeter les pourvois des accusés condamnés dans cette vielle affaire de corruption, impliquant plusieurs anciens élus locaux de la ville de Marrakech. Les intéressés devront purger des peines allant de 2 à 5 ans. Jugés en liberté depuis près de 15 ans, leur arrestation dépend de l'émission d'un mandat de dépôt.
Une vieille affaire de corruption vient de connaître de nouveaux rebondissements. La Cour de cassation a rejeté, mercredi 18 décembre, les pourvois des accusés condamnés dans l'affaire dite "Casino Es Saadi", impliquant plusieurs anciens élus locaux de la ville de Marrakech.
Ce rejet signifie la confirmation des peines rendues en 2020 par la section des crimes financiers près la Cour d'appel. Abdellatif Abdouh, ancien président (PI) de l'arrondissement Ménara-Guéliz, devra purger sa peine de 5 ans ferme et s'acquitter d'une amende de 50.000 DH. L'istiqlalien est actuellement en état de liberté, le temps que le ministère public émette un mandat de dépôt.
La confirmation des sanctions concerne sept autres anciens conseillers locaux ayant écopé de 3 ans de prison en appel. La liste des condamnés est complétée par un entrepreneur aujourd'hui sous le coup d'une peine de deux ans. Comme Abdellatif Abdouh, ces accusés ont été jugés en état de liberté. La condamnation devenue définitive, l'arrestation sera possible après l'émission d'un mandat de dépôt.
Parmi les motifs de ces condamnations, les juges avaient retenu des infractions de corruption et de dissipation de deniers publics, des charges en lien avec la cession, courant 2001, du foncier sur lequel a été bâti le Casino Es Saadi, qui a depuis prêté son nom d'enseigne à l'affaire.
Ancien élu PI, M. Abdouh est accusé d’avoir validé, moyennant de précieux cadeaux, la vente de ce terrain municipal d’un hectare au prix de 600 DH/m2, bien loin de sa valeur établie alors à 8.000 DH/m2.
En contrepartie de ses "loyaux services", l’accusé avait, selon l’enquête de la BNPJ, reçu « des appartements » dans un complexe résidentiel à Marrakech, biens aujourd'hui confisqués par la Justice.
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