Aïd al-Adha : vers l'identification d'environ 6,8 millions de têtes, légère hausse des prix prévue
Pour Aïd al-Adha, l'objectif officiel est d'identifier près de 6,8 millions de têtes, apprend Médias24 de source sûre. Malgré les nombreuses problématiques auxquelles fait face la filière des viandes rouges, les professionnels assurent que l'offre sera au rendez-vous. Les prix risquent toutefois d'augmenter légèrement.
Le ministre de l’Agriculture, Mohammed Sadiki, a tenu, le lundi 15 avril à Rabat, une réunion avec les professionnels de la filière des viandes rouges, en prévision de Aïd al-Adha. Durant cette rencontre, les professionnels ont fait le point sur le marché national, en termes d’effectifs notamment, mais aussi sur les mesures prises pour assurer l’approvisionnement et la stabilité du marché à l’approche de cette fête.
"Nous avons prévu d’identifier au moins 6,8 millions de têtes"
La filière des viandes rouges est confrontée cette année à plusieurs défis, notamment la sécheresse et l’inflation, mais aussi aux répercussions de la crise du Covid-19 qui ont perturbé son équilibre de production. Malgré toutes ces problématiques, les professionnels du secteur se montrent rassurants. "L’offre sera au rendez-vous pour satisfaire le besoin national", assure à Médias24 une source ayant participé à cette réunion.
"À ce jour, 2 millions de têtes ont déjà été identifiées par l'Association nationale des éleveurs ovins et caprins (ANOC)", ajoute-t-elle, "même si l'opération s'est déroulée durant le mois de Ramadan, où la cadence est généralement faible. Celle-ci va être à présent accélérée".
Et de préciser : "400 identificateurs sont mobilisés à cet effet, qui travaillent tous les jours de la semaine, notamment les week-ends".
"Un total de 6,8 millions de têtes ont été identifiés l’an passé. On ambitionne d’atteindre le même niveau cette année. En tant que professionnel du secteur, je peux dire que l’offre sera au rendez-vous, ainsi que la qualité".
Rappelons-le, auparavant, cette opération d'identification était menée à la fois par l’ANOC et la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (FIVIAR)."Cette année, l’opération sera réalisée uniquement par l’ANOC, qui se chargera donc d’identifier la totalité du cheptel au niveau national", d'après notre interlocuteur.
Probable augmentation des prix de 5% à 10%
La situation actuelle de la filière des viandes rouges impactera forcément les prix des bêtes destinés à l’abattage durant Aïd al-Adha.
"Cette situation est due notamment aux répercussions de la crise du Covid-19, lorsque le cheptel ne s’était pas reconstitué, mais aussi à la sécheresse. D’habitude, on avait une production de 7 à 8 millions de têtes par an, dont 5 à 6 millions destinés à l’abattage durant Aïd al-Adha, ce qui nous laissait environ 2 millions de têtes pour reconstituer le cheptel national pour l’année suivante". La situation est différente cette année.
En ce qui concerne les prix, "ceux des aliments, notamment le fourrage et les aliments solides, ont presque doublé par rapport à l’année dernière et les précédentes, en raison de la sécheresse qui sévit dans le pays".
"Les aliments solides représentent à eux seuls près de 50% du prix de la bête. Et cette année, leur prix a atteint des niveaux élevés, en raison de la faible production nationale notamment".
"Cette situation ne manquera donc pas d’impacter le prix final des bêtes destinées à l'abattage. Les prix pourraient augmenter de 5% à 10% par rapport à l’an passé", poursuit notre interlocuteur, qui souligne toutefois que, "par rapport à d’autres pays, les prix au Maroc restent faibles".
"Dans d’autres pays, ils ont été multipliés par cinq ou six. En France par exemple, le kilogramme de viande rouge coûte entre 18 et 20 euros, contre 160 DH/kg en Arabie saoudite".
Pour leur part, "les marges des agriculteurs resteront faibles, malgré la hausse des prix prévue", note notre source.
Les importateurs face à la cherté du marché étranger
Durant cette rencontre, à laquelle ont pris part les importateurs d'ovins qui se sont engagés dans le cadre de l’opération lancée par l’Office national des céréales et légumineuses (ONICL), les professionnels ont également fait le point sur les mesures mises en place pour alimenter le marché national en ovins en prévision de l’Aïd.
"Cette mesure à été mise en place à l’avance, pour éviter de s’y prendre à la dernière minute", explique notre source. "Le gouvernement a ouvert l’importation à 300.000 têtes d’ovin, avec une prime de 500 DH par tête".
"Des quotas ont donc été octroyés à chacun de ces importateurs, qui ont toutefois relevé deux problématiques importantes sur le marché international".
"La première concerne la cherté des prix à l’international, notamment en Espagne, qui n’est qu’un point d’entrée, et où sont regroupées les bêtes arrivant de différents pays d’Europe. Les importateurs sont donc à la recherche d’autres options. Ils envisagent de se tourner vers l’Amérique latine, le Brésil ou encore la Roumanie…".
"La seconde problématique, à laquelle font face les importateurs depuis le 1er avril, a trait aux droits des animaux, instaurés dans plusieurs pays étrangers qui exigent à présent de nouvelles conditions d’importation, notamment un arrêt de chaque camion, après huit heures de route", ce qui rend le voyage plus long et plus coûteux.
Cependant, les têtes qui seront importées "ne représentent que le 1/15e de la production nationale, qui elle, génère de la main-d’œuvre, et profitera par la suite au milieu rural", conclut notre interlocuteur.
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