CIH Bank : PNB, coût du risque, perspectives 2024, le PDG revient sur les réalisations du groupe

| Le 24/2/2024 à 12:53
Dans une conférence de presse tenue le 23 février à Casablanca, CIH Bank a présenté ses performances 2023. Le PDG du groupe est également revenu sur les raisons de la forte progression du coût du risque en 2023 et les opportunités qui se dessinent cette année, dans la perspective de la CAN et de la Coupe du Monde.

Le groupe bancaire a affiché des indicateurs en bonne forme en 2023 avec une bonne progression des dépôts (+7,6%), des crédits bancaires (+8,8%) et une forte progression du PNB de 27% à 4,46 MMDH, portée par les activités de marché et la hausse de la marge nette d’intérêt.

Le top management du groupe, notamment avec le président directeur général Lotfi Sekkat, est revenu sur les performances de la banque lors d’une conférence de presse donnée à Casablanca le vendredi 23 février.

Lotfi Sekkat est revenu sur les perspectives du groupe en 2024, et ainsi que les raisons de la forte hausse du coût du risque. Rappelons que ce dernier, en 2023, a plus que doublé avec une hausse de 116% par rapport à 2022 à près de 1,3 MMDH. Il est également revenu sur les opportunités apportées par la nouvelle dynamique d’investissement insufflée par la coupe du monde 2022 et la perspective du Mondial 2030.

Les raisons de la hausse du coût du risque

Le groupe a affiché une progression notable de son PNB. Le PDG du groupe a notamment mis en avant la bonne tenue des marges et des commissions. Ces dernières ont progressé de 24% à 375 MDH.

La performance a été également tirée de la bonne tenue des activités de salles de marché de la banque que le groupe espère pouvoir réitérer cette année. "Le PNB est constitué de la marge nette d’intérêt mais aussi des commissions et des résultats de la salle de marché. 2023 a été une année très bonne en ce sens, notamment en salle de marché. Il faut savoir que les salles de marché adorent les mouvements, que ce soit au niveau actions ou taux. En 2023, les taux ont profité au CIH et les salles de marché en ont profité. En 2024, va-t-on pouvoir réitérer ? Disons que s’il y a des mouvements que l’on sait anticiper, nous le ferons", explique le dirigeant.

Le PDG a été largement interrogé sur la forte progression du coût du risque (+116%) sur 12 mois ainsi que sur l’incident de factoring qui avait fait parler le marché en novembre dernier. "Le coût du risque lié au factoring a été entièrement provisionné. Nous avons communiqué dessus. Il y a eu un incident du fait d’une nouvelle activité que l’on a développée chez nous de façon rapide. Parfois, il y a des incidents. Cela est toutefois provisionné et nous avons joué la transparence sur le sujet. Il faut rappeler que sur la dernière décennie, CIH Bank s’est développé sur l’entreprise et a entrepris la diversification de ses risques", a voulu rassurer le dirigeant.

Cet incident a été l’occasion pour la banque de faire une mise à plat de ses process pour éviter une réitération. "Nous en avons profité pour revoir un certain nombre de procédures chez nous, ce qui nous a renforcés. Je suis très confiant que nous profitions de cette reprise économique", explique Lotfi Sekkat. Le dirigeant a rappelé que ce niveau de risque enregistré en 2023 n’était pas un niveau normatif, ce qui laisse présager une baisse potentielle cette année.

Le PDG de la banque a également évoqué les opportunités qui se dessinent du fait des investissements nécessaires pour le déroulement de la CAN 2025 et de la CDM 2030.

Des perspectives intéressantes dans le tourisme et dans la perspective du Mondial 2030

Les annonces de l’attribution de la coupe du monde 2030 avaient rendu le marché euphorique en fin d’année dernière. Les perspectives de développement et les besoins d’infrastructures vont créer un appel d’air pour l’investissement et le CIH devrait bénéficier de cette dynamique. Mais au-delà de l’opportunité que cela représente pour la banque, la véritable question pour le PDG est de savoir comment les banques financeront-elles tous ces besoins ?

"Quand on est dans une dynamique d’investissement, il y a un impact sur les encours, ça c’est clair. Mais je vous dirais que la vraie question c’est, allons-nous pouvoir financer tous ces projets ? Il va falloir être ingénieux en tant que banque pour attirer des financements de l’extérieur pour accompagner les investissements énormes qui se profilent comme le TGV, les infrastructures, etc… Il y aurait la nécessité de nouer des partenariats et d’imaginer des modes de financements qui sortent de l’ordinaire", explique Lotfi Sekkat.

Au-delà de cette aubaine, le groupe dispose d’une bonne exposition au milieu hôtelier, notamment avec une hausse de l’encours au secteur.

"Nous avons développé nos encours au niveau de l’hôtellerie ces derniers temps. Nous les finançons et tout se passe très bien. J’espère que l’avenir nous donnera raison, mais je pense que nous avons de très belles perspectives à ce niveau-là. Il y aura la coupe d’Afrique en 2025 et la Coupe du Monde 5 ans plus tard. Les accords avec les pays du Golfe sont très importants et pourvoyeurs de fonds", conclut le PDG.

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