Grèves : les infirmiers et techniciens de santé montent au créneau pour une équité dans la prime de risque

C’est au tour des infirmiers et techniciens de santé de monter au créneau. Des grèves dites "de colère" sont menées par différents syndicats du secteur durant ce mois de janvier. Leur principale revendication : l’indemnisation sur le risque professionnel.

Grèves : les infirmiers et techniciens de santé montent au créneau pour une équité dans la prime de risque

Le 9 janvier 2024 à 18h14

Modifié 9 janvier 2024 à 18h41

C’est au tour des infirmiers et techniciens de santé de monter au créneau. Des grèves dites "de colère" sont menées par différents syndicats du secteur durant ce mois de janvier. Leur principale revendication : l’indemnisation sur le risque professionnel.

Ce mardi 9 janvier a été marqué par des grèves régionales des infirmiers et des techniciens de santé affiliés au Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé, le plus représentatif du secteur.

Certaines régions poursuivront leur grève le mercredi 10 janvier, tandis que différents syndicats préparent d’autres protestations pour les jours à venir, au cours d'un mois de janvier dit de "colère". C’est le cas notamment du Mouvement des infirmiers et techniciens de santé, regroupant environ 37.000 professionnels, qui a décidé de mener une grève nationale de 3 jours les 16, 17 et 18 janvier, avec un sit-in national devant le siège du ministère de la Santé à Rabat le 17 janvier.

Protester pour prévenir

Selon nos informations, ce mouvement de protestation a été déclenché par deux événements principaux : d’abord l’accord signé le 22 février 2022 entre le ministère de la Santé et les syndicats de médecins, octroyant à ces derniers l’indice 509. Il s'agit d'une augmentation des salaires dont les infirmiers et techniciens de santé ont été évincés.

Le second élément déclencheur est l’accord de principe du 29 décembre 2023, portant sur l’augmentation du salaire fixe de l’ensemble du personnel de santé.

Contacté par Médias24, un représentant du Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé nous explique ce qui suit : "La grève de ce mardi a un aspect national, mais elle n’a pas été décrétée par le conseil national. Au sein de notre syndicat, nous avons instauré le principe d’indépendance des bureaux régionaux, d’où les grèves régionales organisées un peu partout dans le Royaume".

"Notre syndicat, qui est le plus représentatif du secteur, est l’un des signataires de l’accord de principe du 29 décembre 2023 sur l’augmentation des salaires du personnel de santé avec le ministère. Toutefois, nos bureaux régionaux ont jugé nécessaire de protester pour éviter les erreurs commises dans le secteur de l’enseignement, et celles commises par le ministère de la Santé en 2022, en évinçant les infirmiers et techniciens de la santé de l’augmentation dont seuls les médecins ont bénéficié".

"Depuis cet accord [de février 2022, ndlr], des rencontres marathoniennes ont été tenues avec le ministère de la Santé durant ces deux dernières années", poursuit notre interlocuteur. "Lors d’une rencontre récemment tenue à Marrakech dans le cadre de la réforme de la santé, dont une grande partie porte sur le professionnel de santé, nous avons proposé au ministère de démarrer les discussions par l’aspect financier, au lieu des textes de loi qui pourraient créer des remous, chambouler les négociations et entraîner une perte de confiance dans les syndicats du secteur, comme cela a été le cas dans le secteur de l’enseignement".

Et notre source d'expliquer : "L’accord de principe signé le 29 décembre promet des augmentations de salaires, certes, mais n’a pas encore fixé les montants dont bénéficiera chaque catégorie. Ceux-ci feront l’objet d’un nouvel accord prévu vers fin janvier courant".

"Ces grèves sont donc organisées pour prévenir le ministère de la Santé sur la nécessité de répondre à nos revendications", souligne notre interlocuteur au Syndicat indépendant des infirmiers et techniciens de santé, notant que "notre syndicat est, à l’origine, constitué de plusieurs coordinations, mouvements et syndicats, qui se sont regroupés en 2021 pour unir leurs voix".

La prime de risque, principale revendication

"Dans l’accord de décembre 2023, il n’y a aucun point relatif à la prime de risque professionnel", déplore Imane Benhadouch, infirmière polyvalente et membre du Mouvement des infirmiers et techniciens de santé dans un échange avec Médias24. Le syndicat qu'elle représente organise une grève nationale de trois jours à partir du 16 janvier prochain.

"Il s’agit de notre principale revendication, qui remonte à plusieurs années. Et pourtant, le ministère n’y a pas encore répondu", a-t-elle ajouté. "C’est ce qui a donc attisé notre colère".

"Les infirmiers et techniciens de santé représentent plus de 60% des professionnels de santé, et nous faisons face à de multiples risques dans l’exercice de nos fonctions. Nous prenons le risque de nous déplacer en milieu rural lors des campagnes médicales organisées, et les sages-femmes prennent également beaucoup de risque en se déplaçant dans les montagnes ou zones reculées. Il en est de même pour les techniciens de radiologie, qui risquent des maladies transmissibles telles que la tuberculose, ou encore les techniciens de laboratoire, en manipulant du sang…".

Équité dans l’indemnisation sur le risque

"Ce sont là quelques exemples des risques auxquels nous faisons face au quotidien. Il a également été démontré que durant la période de Covid, nous étions la catégorie la plus exposée au risque", rappelle Imane Benhadouch.

"Nous demandons alors l’instauration d’une prime de risque, mais aussi l’amélioration des conditions de promotion et d’avancement dans le grade. C’est inconcevable que des infirmiers proches de la retraite soient encore à l’échelle 10. À titre d’exemple, si un infirmier rate ou ne réussit pas l’examen d’aptitude professionnelle, il devra attendre plusieurs années pour le repasser, et encore plus d'années (jusqu'à 14 ans) pour atteindre le grade en question par l'ancienneté", conclut-elle.

Notre source au Syndicat indépendant des infirmiers confirme : "Dans tous les secteurs, la prime de risque est la même, quel que soit le grade, sauf dans le secteur de la santé. Par exemple, elle est fixée à près de 2.000 DH dans la Sûreté nationale, que ce soit pour un préfet ou un policier, ou encore un peu plus de 1.300 DH dans tous les grades de la Protection civile. Dans le secteur de la santé, la prime de risque est fixée à 1.400 DH pour les infirmiers et techniciens de santé, et atteint jusqu’à 5.900 DH pour les médecins. Le gap est donc très élevé, alors que les infirmiers font face à plus de risques".

Outre l’indemnisation sur le risque professionnel, "nous appelons également à la mise en place d’indemnisations sur l’encadrement notamment. Si le ministère répond à toutes nos revendications, nous mettrons un terme au mouvement de protestation ", conclut notre source.

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