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EDUCATION

Grèves dans l'enseignement malgré l'accord du 27 novembre, les coordinations se disent inflexibles

Les coordinations ne décolèrent pas, même après la réunion du 27 novembre à la suite de laquelle le gouvernement et les syndicats les plus représentatifs ont décidé du gel du nouveau statut unifié. Majoritaires, les coordinations ont maintenu les grèves et demandent l'annulation pure et simple de ce texte et non son gel. Une revendication jugée par les centrales syndicales comme handicapante pour le règlement du dossier du corps enseignant.

Grèves dans l'enseignement malgré l'accord du 27 novembre, les coordinations se disent inflexibles
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Le 29 novembre 2023 à 19h38 | Modifié 30 novembre 2023 à 7h20

Jointe par nos soins, la Fédération nationale de l'enseignement (FNE), syndicat représentatif qui s'était retiré des discussions avec le gouvernement avant la signature de l'accord du 14 janvier, nous confirme que la grève a été tenue ce mercredi 29 novembre, malgré la réunion du 27 novembre ; une grève décrite comme étant "réussie".

Selon la FNE, la réunion du lundi 27 novembre a été tenue à la dernière minute. "Les conclusions de la réunion n'étaient pas claires", estime-t-il.  Des vidéos partagées par la Coordination nationale du secteur de l'enseignement documentent pour leur part une marche de protestation, tenue ce mercredi 29 novembre à Tanger, réunissant un large groupe d'enseignants protestants.

La grogne des coordinations de l'enseignement est donc loin de se calmer. Alors qu'une lueur d'espoir semblait se dessiner avec la dernière réunion entre le gouvernement et les quatre syndicats représentatifs du secteur, qui a abouti au gel du nouveau statut unifié contre une exigence de retour des étudiants en classe, voilà que les appels des coordinations au maintien des protestations contre ce texte se poursuivent, pour la sixième semaine consécutive. Des grèves ont bien eu lieu ce mercredi 29 novembre.

Démonstration de force des tanskiyates qui appellent à l'annulation du nouveau statut unifié 

Dans un communiqué, la Coordination nationale du secteur de l'enseignement, qui regroupe à 15 catégories, dit rejeter toutes les conclusions des dialogues qu'elle qualifie de "faux dialogues, ou semblant de dialogues". "Les conclusions de la réunion (du 27 novembre, ndlr) ne répondent même pas aux revendications minimales du corps enseignant. [...] La revendication du mouvement de protestation n'est pas seulement de faire des promesses ou de geler le statut unifié, mais de prendre des décisions répondant aux attentes de toutes les catégories du corps enseignant, rétablissant la dignité des hommes et des femmes de l'Education et préservant l'école publique", indique-t-elle.

Tenant le gouvernement pour entièrement responsable des tensions que connaît le secteur, en raison de "son refus de répondre aux revendications professionnelles, sociales et matérielles", la Coordination nationale du secteur de l'enseignement réitère sa demande de retirer définitivement le statut unifié, appelant toutes les composantes du corps enseignant à rester fermes et à participer massivement aux rassemblements et aux marches prévus.

De son côté, la Fédération nationale de l'enseignement (FNE), estime qu'un dialogue efficace doit obligatoirement passer par l'annulation instantanée du statut unifié, la restitution des salaires amputés et le retrait de toutes les décisions administratives abusives. Le syndicat appelle par ailleurs à une grève nationale et à des marches de protestation devant les AREF.

Annuler le statut unifié signifierait un retour à la case départ (SNE)

"Nous nous opposons à l'annulation du statut unifié du fait qu'elle entraînerait une longue procédure. L'annulation doit se faire sur décret, qui doit être d'abord approuvé en Conseil de gouvernement, puis publié au Bulletin officiel. Le temps d'attente sera donc long, six mois au minimum avant l'adoption d'un autre statut unifié. Nous redémarrerons à zéro dans ce cas de figure", explique à Médias24 Younes Firachine, secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement (SNE) de la Confédération démocratique du travail (CDT), un des syndicats signataires de l'accord du 14 janvier.

"Nous soutenons donc le gel du statut unifié actuel, en attendant que, d'ici le 15 janvier au plus tard (délai maximal fixé pour la fin des travaux de révision du statut unifié, ndlr), nous parvenions à un consensus sur la révision de l'ensemble des dispositions contestées", poursuit le syndicaliste.

S'il est contre l'annulation du nouveau statut unifié, notre interlocuteur se dit néanmoins favorable à l'ouverture du dialogue entre le gouvernement et les coordinations. Il estime que la prochaine réunion de la commission ministérielle tripartite (prévue le jeudi 30 novembre, ndlr) en charge du dossier déterminera si la confiance des enseignants protestataires en ce dialogue pourra être rétablie ou pas.

"Réunir les coordinations autour de la table du dialogue incombe au gouvernement" 

"Nous ne sommes pas contre l'ouverture d'un dialogue entre le gouvernement et les coordinations. J'ai personnellement évoqué ce point lors de dernière réunion avec le chef du gouvernement. J'ai suggéré que ce dernier entame des discussions avec les coordinations et qu'il se saisisse de son dossier de revendications. Nous sommes prêts à nous aligner sur les conclusions de ces discussions", affirme Younes Firachine.

"C'est une option qui incombe au gouvernement qui se doit de réunir toutes les coordinations qui existent, qui sont à peu près au nombre de 35, autour de la table du dialogue", ajoute-t-il. En réaction à cette suggestion, le chef du gouvernement a affirmé que le dialogue se poursuit actuellement avec les syndicats, selon notre interlocuteur.

La prochaine réunion de la commission ministérielle sera décisive, selon la SNE

"Il est normal que les grèves et les protestations se poursuivent malgré la réunion du lundi 27 novembre. Après deux ans de dialogue, les gens ont perdu confiance en celui-ci puisque le gouvernement ne respecte pas ses engagements. Pour gagner la confiance du public, tout type d'institution, y compris celle chargée du dialogue, doit exécuter ses engagements. Des effets, tant sur l'aspect financier que sur le volet social, doivent également être constatés par les concernés", enchaîne Younes Firachine.

"La prochaine réunion de la commission tripartite doit donner un signal positif traduisant la volonté du gouvernement de répondre aux revendications, au moins en ce qui concerne la hausse des salaires, et au niveau de la révision des dispositions du statut unifié qui posent problème", précise-t-il.

"Les enseignantes et les enseignants, indépendamment des revendications des coordinations, n'attendent que l'amélioration de leur situation, à travers notamment la hausse de leurs salaires, la révision de leurs missions et l'annulation des sanctions. Encore une fois, si la prochaine réunion donne un signal positif, la confiance en le dialogue ne pourra que se rétablir", conclut le syndicaliste.

Derrière le blocage de la réforme de l’école, l’inquiétante crise des syndicats

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Le 29 novembre 2023 à 19h38

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