Surpeuplement des prisons : mauvaise interprétation du communiqué, selon l’administration pénitentiaire
La Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion invoque une mauvaise interprétation de son communiqué, qui a pris l’opinion publique à témoin concernant le surpeuplement des prisons au Maroc. Elle apporte des chiffres pour étayer son plaidoyer.
Le Club des magistrats a réagi au dernier communiqué, inhabituel et surprenant, de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), qui a pris l’opinion publique à témoin concernant le surpeuplement des prisons au Maroc. Les magistrats du Club ont vu dans le communiqué de la DGAPR une tentative d’influencer les décisions d’arrestations qui pourraient être prises à l’avenir. Un argument rejeté par la DGAPR, qui, jointe par nos soins, a affirmé appeler simplement les départements concernés ainsi que le pouvoir judiciaire à œuvrer pour trouver des solutions, et non pas les magistrats.
Une mauvaise interprétation, selon la DGAPR
"Nous avons constaté une mauvaise interprétation de notre communiqué du 7 août sur les défis posés par le surpeuplement croissant des prisons, dévalorisant ainsi les efforts continus déployés par la Délégation générale dans ce domaine", fait savoir la DGAPR dans un communiqué publié ce mercredi 9 août.
"Le surpeuplement recensé dans les établissements pénitentiaires n’a pas empêché la Délégation générale de mobiliser toutes les ressources matérielles, logistiques et humaines pour atteindre ces objectifs. La Délégation générale a en effet délégué la fourniture de repas aux détenus à des entreprises spécialisées, ce qui a permis d’améliorer la qualité et la variété des repas servis aux détenus. Il convient de noter que ce processus de délégation a permis de dispenser les familles des coûts liés aux paniers de denrées alimentaires, permettant à la Délégation générale de réduire considérablement l’infiltration de drogues dans les établissements pénitentiaires", note la DGAPR.
La qualité des services médicaux fournis aux détenus s’est améliorée, observe la DGAPR
"En ce qui concerne les soins de santé, des avancées significatives ont été enregistrées en termes de nombre et de qualité des services médicaux fournis aux détenus. Ces services ont dépassé ceux offerts à l’échelle nationale", poursuit l’administration pénitentiaire.
"Pour ce qui est de l’éducation, de la formation professionnelle et de la lutte contre l’analphabétisme au titre de l'année 2022-2023, 6.748 détenus ont bénéficié de programmes d’éducation et d’enseignement non formels. Le nombre de détenus ayant obtenu le baccalauréat s’élève à 633 femmes et hommes, tandis que 1.685 détenus sont inscrits dans diverses filières universitaires. Au cours des cinq dernières années, 602 détenus ont obtenu des diplômes universitaires et 43.966 détenus ont bénéficié du programme de lutte contre l’analphabétisme", ajoute la même source.
"En plus des programmes classiques précités, la Délégation générale a développé de nouvelles initiatives, notamment l’événement 'L’université en prison', qui en est à sa 12e édition, et la 'Conférence nationale au bénéfice des détenues', qui en est à sa quatrième édition. De plus, le programme 'Réconciliation', destiné aux détenus impliqués dans des affaires d’extrémisme et de terrorisme, a atteint sa 12e édition, auquel s’ajoute le programme 'Camp pour mineurs', qui en est à sa 6e édition, ainsi que le programme 'Prisons sans récidive', destiné aux jeunes détenus, dont la première édition a récemment été lancée", note encore le communiqué.
"Le succès des divers programmes lancés par la Délégation générale en faveur des détenus des établissements pénitentiaires dépend de l’amélioration des conditions de détention en réduisant le surpeuplement. La Délégation générale souligne à cet égard que la mise en place et la réalisation de ces programmes n’auraient pas été possibles sans l’engagement total de tous les cadres et employés de ce secteur, ainsi que leurs sacrifices et leur dévouement malgré toutes les contraintes liées à la nature de leur travail", conclut la DGAPR.
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