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ECONOMIE

Round up. La situation hydrique au Maroc à fin mai (Nizar Baraka)

Malgré leur amélioration durant l’année en cours, les précipitations enregistrées à fin mai 2023 sont en baisse par rapport à une année normale. Les réserves des bassins hyrauliques sont également en amélioration, mais restent en deçà de celles d'une année normale.

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Le 4 juin 2023 à 7h45 | Modifié 4 juin 2023 à 7h45

Dans une rencontre tenue le 30 mai dernier avec les membres du Conseil économique, social et environnemental (CESE), le ministre de l’Equipement et de l’eau a fait le point sur la situation hydrique actuelle. Pour ce qui concerne les réserves dans les barrages, la situation est quasiment stabilisée par rapport au 29 mai 2022, sachant que l'irrigation a été drastiquement limitée, les apports et réserves étant réservées prioritairement à l'eau potable. Le taux de remplissage des barrages est de 32,4% cette année contre 32,8% une année auparavant. En gros, le stock des barrages était de 5,2 milliards de mètres cubes.

L'année agricole 2021-2022 avait connu la pire sécheresse depuis plus de 30 ans.

Les années 2018-2022 ont connu le plus faible apport en ressources hydriques naturelles depuis 1945.

Stress hydrique, pénurie hydrique...

Dans sa présentation en quatre points, Nizar Baraka a évoqué:

-l'évolution chiffrée: apports naturels annuels, réserves des barrages, infrastructure du Maroc...

-l'évolution négative et préoccupante depuis de nombreuses années et qui s'est accélérée;

-les mesures d'urgence prises;

-le plan national de l'eau.

Le Maroc recevait selon cet exposé, annuellement et en moyenne, 140 milliards de mètres cubes d'apport pluviométrique dont 22 milliards de m3 étaient retenus:

*18 milliards de m3 sous forme d'eaux de surface (cours d'eau, lacs, barrages...)

*4 milliards de m3 allaient renforcer les eaux souterraines.

Le reste, c'est-à-dire 118 milliards de m3 étaient comptabilisés en évaporation.

Sous la pression démographique, mais également la baisse des apports naturels en eau, la quantité reçue est passée de 2.560 m3 par habitant et par année en 1960; à 606 m3 par habitant et par année.

Notons que selon la définition de l'OMS:

-le stress hydrique ou pénurie d'eau correspond à un apport situé dans la fourchette 1.000 à 1.700 m3 par an et par habitant;

-la rareté de l'eau correspond à un apport inférieur à 1.000 m3 par habitant et par an.

Le Maroc est donc dans une situation de rareté de l'eau.

Au 29 mai 2023- et en comparaison avec une année normale, la baisse des réserves est constatée au niveau de tous les bassins. Ceux de l’Oum Er-Rabia (-90%) et de Souss-Massa (-81%) restent toutefois les plus impactés.

Dans le détail, au 29 mai 2023, les réserves des principaux autres bassins s’élevaient à :

- Sebou : 2,7 MMm3, soit 49.4% de remplissage. Ce bassin couvre la quasi-totalité du Gharb-Chdara-Beni Hssen et partiellement les zones de Fès et de Boulmen ;

- Loukkos : 953,7 Mm3, soit un taux de remplissage de 55,4%. Ce bassin couvre principalement les provinces de Tanger, Tétouan, Larache et partiellement Chefchaouen, Al Hoceima, Kénitra, Sidi Kacem et Taza ;

- Oum Er-Rabia : 515.99 Mm3, soit un taux de remplissage de 10,4%. Ce bassin couvre notamment les zones de Beni Mellal, Khouribga, Azilal, El Jadida, Safi et une partie de Khénifra et Settat ;

- Bouregreg-Chaouia : 272,9 Mm3, soit 25,2% de remplissage. Ce bassin couvre une partie de la région de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et une partie de Beni Mellal-Khénifra.

Round up. La situation hydrique au Maroc à fin mai (Nizar Baraka)

Mesures d'urgence

Baraka rappelle les mesures d’urgence mises en place pour atténuer les effets du changement climatique et de la sécheresse que connaît le pays, et assurer l’approvisionnement du pays en eau potable.

Il s’agit par exemple du programme d'urgence déployé au niveau des bassins hydrauliques de l’Oum Er-Rabia, Tensift, Moulouya et Draâ-Tafilalet, la construction de 129 petits barrages, l’approvisionnement du milieu rural en eau potable, l’acquisition de stations mobiles de dessalement de l’eau de mer et de déminéralisation, et le lancement du projet urgent de transfert de l’excès d’eau du bassin de Sebou vers celui de Bouregreg, avec un débit de 15 m3 par seconde (soit 15.000 litres).

Le ministre cite également la kutte contre le gaspillage de l'eau potable et d'irrigation, l'adaptation des débits de desserte dans les villes, la lutte contre les fuites dans les réseaux d'eau potable et d'irrigation, la réutilisation progressive des eaux usées traitées pour l'arrosage des espaces verts à hauteur de 100 millions de m3 par an; la recharge des nappes phréatiques; la poursuite de la construction de nouveaux barrages de toutes tailles.

A titre d'exemple, 70 millions de mètres cubes d'eau en moyenne sont désormais consacrés à la préservation de la fameuse nappe de Berrechid et 125 millions de m3 à la nappe du Saïss.

500 à 800 millions de mètres cubes excédentaires dans le bassin du Sebou, seront chaque année transférés aux bassion Bouregreg et Oum Er-Rabia.

Les différents projets de dessalement d'eau de mer fourniront chaque année, à terme, 1 milliard de m3 par an.

En ce qui concerne les précipitations, "elles varient entre le 1er septembre 2022 et le 5 mai 2023 entre 31,5 mm et 372 mm selon les zones", selon les précisions du ministre, "avec un cumul de 1.038 mm au niveau de la station de Jebel Oudka, dans le bassin de Sebou".

Dans le détail, et en comparaison avec les précipitations de l’an passé, l’on constate une légère amélioration au niveau de tous les bassins, excepté celui de Guir-Ziz-Ghriss. Les bassins qui en ont le plus profité sont par ailleurs ceux du Loukkos (372 mm), Sebou (295 mm), Oum Er-Rabia (225 mm), Bouregreg (181 mm) et Tensift (174 mm). Les précipitations restent toutefois inférieures à celles enregistrées lors d’une année normale.

Le constat est le même par rapport aux ressources hydriques. Le volume total au niveau de tous les bassins du pays a atteint environ 3,16 MMm3 au 24 mai 2023. Elles sont de 1 MMm3 au niveau du bassin de Sebou (+160,3% par rapport à l’an passé), 646 Mm3 à Oum Er-Rabia (en amélioration de 7%) et de 509 Mm3 au Loukkos (+241,9% par rapport à l’an passé). En comparaison avec une année normale, ces chiffres restent faibles, avec une baisse de 70% des ressources hydriques au niveau national.

Au final, il n'y a pas d'inquiétudes à avoir concernant l'eau potable, surtout avec les différentes mesures prises: stations mobiles, citernes, forages localisés, mini barrages, stations de dessalement, lutte contre le gaspillage, optimisation des débits dans les réseaux urbains de distribution d'eau, lutte contre les fuites, réutilisation d'eaux usées traitées pour l'arrosage... C'est surtout l'agriculture, donc l'irrigation, qui est la variable d'ajustement. Round up. La situation hydrique au Maroc à fin mai (Nizar Baraka)

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Le 4 juin 2023 à 7h45

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