Mondial 2030 : le Maroc pourra-t-il obtenir l’organisation de la finale ?

Les négociations pour la répartition des stades et des matchs doivent être menées sur la base du principe de parité : le Portugal et l’Espagne en tant que représentants de l’Europe, le Maroc, celui de l’Afrique. C’est ce qui permettra au pays d’arracher un maximum de matchs, et surtout l’une des rencontres les plus suivies et convoitées : celle de l’ouverture ou de la finale.

Le Grand stade de Tanger a accueillie le match pour la médaille de bronze de la Coupe du monde des clubs 2022, samedi 11 février 2023, à 16h30. ©Médias24

Mondial 2030 : le Maroc pourra-t-il obtenir l’organisation de la finale ?

Le 17 avril 2023 à 20h12

Modifié 5 octobre 2023 à 11h50

Les négociations pour la répartition des stades et des matchs doivent être menées sur la base du principe de parité : le Portugal et l’Espagne en tant que représentants de l’Europe, le Maroc, celui de l’Afrique. C’est ce qui permettra au pays d’arracher un maximum de matchs, et surtout l’une des rencontres les plus suivies et convoitées : celle de l’ouverture ou de la finale.

Dans une organisation tripartite, le principe veut que le partage se fasse sur la base de l’égalité. Pour une Coupe du monde de 104 matchs, dont le match d’ouverture et la finale, chaque pays a le droit de prétendre à une part égale du gâteau, soit 32 matchs chacun, avec un accord distinct pour les deux matchs de l’ouverture et de la finale, voire les deux demi-finales.

Ce scénario peut arranger le Maroc, qui pourrait alors candidater avec quatre stades, dans quatre villes, pour abriter les matchs de poules de quatre groupes sur douze qui vont disputer les phases finales de la Coupe du monde. Restera alors à négocier l’ouverture ou la finale.

Mais le Maroc peut obtenir mieux, plus de stades, plus de villes et le match d’ouverture ou la finale, s’il joue une carte qui peut peser dans les négociations avec ses partenaires ibériques.

A ce stade, le sujet n’est pas encore sur la table des négociations. Après l’annonce officielle à Kigali par le Roi Mohammed VI de cette candidature commune, les fédérations des trois pays ont entamé les échanges. La première réunion a été tenue au lendemain de l’annonce de Kigali entre les présidents des trois fédérations.

Ce mercredi 19 avril, une nouvelle réunion technique sera organisée, selon nos sources. Le sujet des attributions des matchs sera-t-il abordé ? Il ne sera pas le principal point à l’ordre du jour, mais il sera peut-être évoqué.

Le principe de parité comme base de négociation

Mais avant d’enclencher une négociation professionnelle, les parties prenantes se mettent d’accord sur le principe qui conduira les pourparlers. C’est là où le Maroc doit peser pour sortir de la ligne égalitaire dans les négociations, ou  bien celle où l’Espagne se positionne en tête de pont, pour imposer une logique paritaire. Une logique tout à fait légitime. Car dans cette candidature, ce ne sont pas trois pays qui organisent, mais deux continents : l’Afrique et l’Europe. Couper la poire en deux serait une bonne base de départ pour les discussions entre les trois pays.

Les arguments que le Maroc peut faire valoir sont simples. Et les responsables qui suivent le dossier, selon tous les signaux lancés depuis l’annonce du Roi lue par le ministre Chakib Benmoussa, semblent vouloir les mettre en avant dans les discussions avec la partie européenne.

Le Maroc ne se présente pas en tant que nation qui vient "s’annexer", comme veut le véhiculer la presse espagnole, dans un dossier qui était déjà monté. Mais il vient représenter le continent africain. Le Maroc, c’est l’Afrique.

Le timing de l’annonce de cette candidature faite à Kigali, en Afrique, par le Roi du Maroc, avec un discours dans lequel le Royaume a présenté sa participation à ce dossier en tant qu’ambition et initiative africaine, faite pour les Africains, n’est pas fortuit. Il a placé d’emblée le curseur là où il fallait pour signifier que ce Mondial 2030 sera africain et européen. Et non maroco-ibérique.

La dernière réunion du comité exécutif de la CAF, durant laquelle l’ensemble des membres ont déclaré soutenir ce dossier à l’unanimité, suivie de l’annonce par l’Egypte de sa non-participation à l’éventuelle candidature gréco-saoudienne, vient appuyer cette approche. Et adresser le message suivant à la FIFA : le dossier du Mondial 2030 est africain et hispano-portugais. Tout un continent, avec deux pays d’Europe du Sud, qui ont également le soutien unanime de l’UEFA.

Au-delà de la symbolique – celle de la participation de l’Afrique, qui en un siècle n’a organisé qu’une seule Coupe du monde, en 2010 en Afrique du Sud –, une logique mathématique, purement électorale, va primer.

Pour obtenir ce Mondial, les deux candidatures en concurrence, la latino-américaine (Uruguay, Argentine, Chili et Paraguay) et la maroco-ibérique, doivent avoir au moins 106 voix sur les 211 représentées à la FIFA.

Exiger la parité dans les négociations avec la simple symbolique continentale – l’Afrique doit avoir les mêmes droits que l’Europe – peut paraître insuffisant. Mais quand on raisonne numériquement, cela devient une évidence.

Le Maroc a un poids électoral supérieur à celui de l’Espagne et du Portugal réunis

L’Europe, à travers son organe continental, l’UEFA, compte 55 voix. C’est ce que l’Espagne et le Portugal sont assurés d’avoir, avec le risque de voir deux ou trois voix leur échapper.

Mais le Maroc à lui seul apportera le même nombre de voix, et même davantage : les 54 voix africaines, plus celles du monde arabo-musulman (une vingtaine au minimum), essentiellement d’Asie. Comme nous le dit un fin connaisseur du domaine, il y aura probablement deux ou trois voix qui pourraient ne pas suivre le Maroc pour des raisons politiques, mais le Royaume peut facilement en obtenir entre 65 et 75, avec le soutien des pays du CCG et de quelques pays asiatiques amis.

Dans cette candidature, le Maroc est donc le cheval gagnant. Celui qui assurera la victoire à l’Espagne et au Portugal. En faisant jouer son poids électoral, son background de nation footballistique (11e au classement FIFA, demi-finaliste de la dernière Coupe du monde avec un des meilleurs publics dans le monde), ses infrastructures, sa position géographique, la symbolique civilisationnelle d’une candidature afro-européenne, méditerranéenne, les négociateurs marocains ont de solides cartes en main pour partir sur la base de la parité dans ce jeu de négociation.

La finale au Grand Stade de Casablanca comme objectif

Une fois ce principe acté, la répartition coulera alors de source : le Maroc a le droit d’abriter au moins quatre groupes dans la phase des poules. Les villes de Tanger, Rabat, Marrakech (ou Agadir) et Casablanca sont les mieux positionnées pour abriter les compétitions.

Les stades de Tanger, Rabat, Marrakech/Agadir ont besoin de relooking, de mise aux normes pour répondre au cahier des charges des matchs de la phase de groupes, des huitièmes, des quarts et des demis. Mais pour l’ouverture et la finale, il faut un stade d’une capacité d’au moins 80.000 places.

Dans les trois pays, seule l’Espagne dispose aujourd’hui d’une telle infrastructure, avec deux stades : le Santiago Bernabéu de Madrid et le Camp Nou de Barcelone.

Mais le Maroc ne restera pas spectateur. Avec le Grand Stade de Casablanca, projet qui sera bientôt relancé, comme nous le révélait la semaine dernière une source sûre, la capitale économique disposera d’un stade d’une capacité supérieure à 90.000 places.

Un édifice de dernière génération, ultra-moderne, bien meilleur que le Camp Nou et le Santiago Bernabéu, qui sera probablement construit dans la province de Benslimane, selon nos informations, dans une sorte de cité sportive géante de 100 hectares au minimum, et disposant de toutes les infrastructures et les commodités nécessaires pour abriter de grands matchs.

De quoi assurer une très belle finale, la deuxième qui se jouera en terre africaine depuis 1930, et laisser au partenaire espagnol le privilège de lancer la compétition, à Madrid certainement, du fait de son statut d’initiateur de ce projet de candidature commune.

Les candidatures pour 2030 seront ouvertes en juin par la FIFA. Commencera alors le montage du dossier commun.

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