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Maroc-Canada. Une équipe nationale à deux visages (analyse)

DATAFOOT. En s’imposant face au Canada (2-1), le Maroc a exposé aux yeux du monde sa défense intraitable, mais aussi une expression offensive assez limitée face à l’une des pires arrière-gardes de la compétition.

Mondial-2022 (3è journée/Groupe F) : Victoire du Maroc face au Canada

Maroc-Canada. Une équipe nationale à deux visages (analyse)

Le 2 décembre 2022 à 18h50

Modifié 3 décembre 2022 à 18h13

DATAFOOT. En s’imposant face au Canada (2-1), le Maroc a exposé aux yeux du monde sa défense intraitable, mais aussi une expression offensive assez limitée face à l’une des pires arrière-gardes de la compétition.

Au sortir de la victoire marocaine contre le Canada (2-1), ce jeudi 1er décembre, le sentiment qui prédomine est la satisfaction. Mais si le sélectionneur national estime que la première mi-temps de ses protégés est la plus aboutie depuis sa prise de fonction, la seconde en est le contre-exemple.

La 33e minute de jeu coïncide avec la dernière tentative des Lions de l’Atlas dans cette partie. Après, ce fut le néant. L’enjeu entourant cette rencontre explique certainement la timidité offensive affichée par l’équipe nationale. Mais en partie seulement.

Si le Maroc envisage d'aller le plus loin possible dans la compétition, il lui faudra en faire un peu plus offensivement. Sa défense hermétique ne suffira certainement pas à sortir l'équipe nationale d'une situation dans laquelle elle serait menée et dans l'obligation de revenir au score, et donc de faire le jeu. 

Une arrière-garde imperturbable 

A quelques heures de l’épilogue de la phase de groupes, la défense brésilienne est la seule à avoir gardé sa cage inviolée dans la compétition. Le Maroc a pour sa part encaissé son premier but face à un adversaire qui n’a cadré aucun de ses 5 tirs.

Le but encaissé par le Maroc résulte d'une erreur de Nayef Aguerd qui a battu Yassine Bounou, en coupant la trajectoire d’un centre côté gauche. Cette erreur d’appréciation n’a aucunement entamée la confiance de l'arrière-garde marocaine dont le bloc, plus bas que d’habitude, a mené son entreprise de destruction des offensives adverses avec succès.

Malgré la défaillance des ses coéquipiers dans les airs (36% de réussites), Romain Saïss a quant à lui fait figure d’exception avec 100% des duels aériens gagnés. Nayef Aguerd a de son côté brillé par son sens de l’anticipation, puisqu’il a intercepté 5 ballons.

Les deux ont été auteurs de 30% des dégagements de leur équipe.

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L’autre explication de la stérilité offensive du Canada fut la titularisation de Abdelhamid Sabiri à la place de Selim Amallah. Un changement guidé par la volonté du sélectionneur de contenir le pouvoir de nuisance du meilleur joueur adverse, Alphonso Davies. Un choix payant. En témoigne la ligne statistique du Munichois : 1 centre, 1 tir, 14 pertes de balles (record du match).

La performance défensive de l’équipe nationale doit aussi beaucoup à l’activité de Youssef En-Nesyri. Le Sévillan a encore une fois couru dans tous les sens pour gêner la relance adverse. Il a réalisé 81 sprints dans ce match, 10 de plus que face à la Belgique et à la Croatie.

Une animation offensive à parfaire 

Dans cette Coupe du monde, le Maroc a marqué 4 buts, mais aucun sur une véritable action construite. Deux l'ont été sur coup de pied arrêté et deux autres sur des séquences de transitions rondement menées certes, mais pas vraiment huilées.

Il est vrai qu’à ce niveau, la base est d’avoir une animation défensive solide. Cependant, la qualité des attaques ne doit pas souffrir d’autant d’approximations. 28 sur 32 en termes de Expected Goals (1,79), le Maroc n’a pas pu faire mieux que 0,5 xG face au Canada.

Au lieu de lancer dans la profondeur à Ziyech ou En-Nesyri, Ounahi a privilégié la passe en retrait.

Ce n’est pas tant la qualité des joueurs offensifs qui est en cause, mais plutôt leur absence de justesse par moments et un manque de discernement dans la prise de décision. Des décisions parfois forcées par le pressing haut et intense du Canada.

Le pressing haut du Canada a obligé le Maroc à allonger le jeu par séquence.

La preuve par les chiffres. Les nationaux n’ont réussi que 15 passes dans le dernier tiers adverse (50%) et seulement 31 passes progressives (68%).

Dans ces conditions, difficile de porter le danger dans la surface adverse, d’ailleurs le Maroc n’a touché que 6 ballons dans cette zone du terrain.

Ce constat est quelque peu atténué par les consignes du sélectionneur. Walid Regragui a en effet demandé à ses joueurs de rapidement trouver la profondeur, quitte à trop user parfois des longs ballons.

Les Marocains étaient également en nombre à la retombée du ballon, ce qui leur a permis de mettre au supplice la défense adverse sur cette phase de jeu.

Les nationaux étaient présents en nombre pour récupérer les seconds ballons.

Cette stratégie avait pour but de mettre rapidement sous pression la défense du Canada, trop lente, friable, et dont le repli collectif laisse franchement à désirer.

Pari réussi, puisque les deux réalisations marocaines sont venues de séquences de jeu similaires ; mais pour l'animation offensive sur action construite, il va falloir repasser.

 

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