PLF 2023 : la retenue à la source pour les professions libérales maintenue
Débat houleux à la Commission des finances, ce mercredi 9 novembre, au sujet de la disposition du PLF 2023 instaurant la retenue à la source de l’IS ou l’IR de certaines professions libérales, constate Médias24. Tous les amendements proposés ont été refusés.
C’est l’une des dispositions qui ont fait couler beaucoup d’encre, et que plusieurs professions libérales ont dénoncées. Les parlementaires ont tenté d’amender cette disposition, mais le gouvernement a refusé.
L’un des députés a reproché au gouvernement de vouloir “assurer une liquidité grâce à cette mesure” ; ce à quoi Fouzi Lekjaâ, ministre délégué chargé du Budget, a répondu que “si le gouvernement [avait] besoin d’argent, il sortirait sur le marché”. De son côté, Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des finances, a expliqué qu’il s’agit d’une mesure qui permettra de “faciliter la gestion pour les professionnels” et que “le problème de liquidité pour les professionnels ne [devait] pas être (traité) aux dépens de l’impôt”.
Les amendements ont donc été refusés.
À noter que les propositions d’amendements comprenant des mesures spécifiques aux avocats n’avaient pas encore été examinées au moment de la publication de cet article.
Dans sa mouture initiale, le PLF propose de réinstaurer l’imposition du revenu global annuel des personnes physiques selon les taux du barème progressif de l’IR, avec application de la retenue à la source, et le maintien, pour certains revenus, de l’obligation de dépôt de la déclaration.
Voici ce que prévoit cette mouture initiale, qui est donc maintenue pour l'heure :
*Pour les rémunérations et indemnités versées par les établissements d’enseignement ou de formation professionnelle à des enseignants ne faisant pas partie de leur personnel permanent : imposition en matière d’IR, par voie de retenue à la source, au taux non libératoire de 30% au lieu du taux libératoire en vigueur de 17%. L’impôt prélevé sera imputable sur l’IR global avec droit à restitution.
*Pour les rachats des cotisations et primes se rapportant aux contrats individuels ou collectifs d’assurance retraite : imposition en matière d’IR, par voie de retenue à la source, au taux non libératoire de 30% au lieu des taux du barème actuel. L’impôt prélevé est imputable sur l’IR global avec droit à restitution.
*Pour les honoraires et rémunérations versés aux tiers : concernant les médecins non soumis à la taxe professionnelle, il est proposé une imposition à l’IR, par voie de retenue à la source, au taux non libératoire de 30% au lieu du taux libératoire appliqué actuellement. L’impôt prélevé est imputable sur l’IR global avec droit à restitution. Quant aux médecins soumis à la taxe professionnelle, l’imposition à l’IR, par voie de retenue à la source, au taux non libératoire de 20%. L’impôt prélevé est imputable sur l’IR global avec droit à restitution.
*S’agissant des autres personnes soumises à l’IS ou à l’IR selon le régime du résultat net réel ou simplifié, percevant des honoraires, commissions, courtages et autres rémunérations de même nature, il est proposé une imposition à l’IS ou à l’IR, par voie de retenue à la source, au taux non libératoire de 20%. L’impôt prélevé est imputable sur l’IS ou l’IR global avec droit à restitution.
À découvrir
à lire aussi
Article : CAN féminine 2026. Le Maroc surclasse le Kenya (4-0) pour son entrée en lice
En l’absence de Ghizlane Chebbak, l’équipe nationale féminine a dominé le Kenya et lancé idéalement sa compétition, ce dimanche 26 juillet à Rabat. Les Lionnes de l’Atlas tenteront d’arracher leur qualification au second tour lors du choc du groupe A, jeudi 30 juillet face à l’Algérie.
Article : En sept mois de 5G, IAM avance des résultats très probants
Lancée en novembre 2025, la 5G produit ses premiers effets mesurables chez Maroc Telecom. Les résultats semestriels de l'opérateur font état d'une consommation de data mobile en hausse et de nouveaux usages qui s'installent, chez les particuliers comme dans les entreprises.
Article : L'État devient le premier client du secteur bancaire
En quelques années, l'État et sa sphère élargie sont devenus le premier client des banques marocaines, par les bons du Trésor mais aussi par une série d'autres mécanismes de mieux en mieux rodés. Bank Al-Maghrib reconnaît un effet d'éviction, tout en le jugeant modéré. Mais son calcul repose sur un périmètre étroit.
Article : Tournée du RNI dans le Sud : trois meetings en un jour et une riposte au PAM signée Akhannouch
Aziz Akhannouch a clairement repris la main dans la campagne électorale du RNI en prévision des législatives de septembre. À Tan Tan, Laayoune et Dakhla, il défend la présence du parti dans des régions à fort enjeu politique et pas seulement électoral.
Article : Législatives 2026 : lecture de la première annonce des têtes de liste de l’Istiqlal
À moins de deux mois des élections législatives du 23 septembre, le Parti de l'Istiqlal a dévoilé une première vague de ses têtes de liste locales. Cette sélection, qui couvre une grande partie du territoire, traduit un équilibre entre continuité et renouvellement : le parti reconduit plusieurs figures expérimentées tout en faisant émerger de nouveaux profils.
Article : Rapport Banque Mondiale: des fragilités bien réelles sous les bons chiffres
La croissance a atteint 4,9% en 2025 et le pays est passé en catégorie investissement. Le rapport de la Banque mondiale dresse toutefois un tableau plus nuancé : un marché du travail que la refonte statistique du HCP montre bien plus fragile qu'on ne le pensait et une transformation numérique inachevée.