Prix du mouton : Mohamed Chaouki plaide la crise du marché et promet une réforme
Invité de Saât Assaraha, le responsable RNI a défendu l’action du gouvernement tout en reconnaissant des dysfonctionnements dans l’approvisionnement. Il affirme que 6 millions de sacrifices ont encore été réalisés cette année au Maroc.
Invité de l’émission Saât Assaraha, Mohamed Chaouki, président du Rassemblement national des indépendants (RNI), est revenu longuement sur la polémique ayant entouré le marché du mouton à l’occasion de l’Aïd al-Adha. Face aux critiques sur la flambée des prix et les difficultés rencontrées par certains citoyens, il a défendu l’action du gouvernement tout en reconnaissant l’existence de dysfonctionnements.
D’emblée, Mohamed Chaouki admet qu’« il y a un problème », mais il estime que le débat devrait davantage chercher à comprendre les mécanismes du marché qu’à désigner des responsables. Selon lui, le marché du sacrifice est régi par quatre facteurs : la demande, l’offre, le prix et le marché lui-même.
Diagnostic du marché
Concernant la demande, il a souligné l’attachement particulier des Marocains au rituel du sacrifice, avançant qu’environ 6 millions de moutons sont sacrifiés chaque année au Maroc.
À titre de comparaison, l’Algérie enregistre entre 3 et 4 millions de sacrifices pour une population de 45 millions d’habitants, tandis que l’Égypte en compte environ 5 millions pour plus de 110 millions d’habitants. « Cela démontre qu’il existe une très forte demande au Maroc, liée à l’attachement des citoyens à ce rite religieux », a-t-il affirmé.
Sur l’offre, Mohamed Chaouki a attribué les difficultés observées à l’impact cumulé de la pandémie de Covid-19 et des années successives de sécheresse sur le cheptel national. Selon lui, les éleveurs, pour lesquels le bétail fait traditionnellement office d’épargne, ont été contraints de vendre une part importante de leurs troupeaux pour faire face aux difficultés économiques.
Pour autant, le responsable du RNI a assuré que l’offre de moutons était disponible cette année. « Je ne connais aucun Marocain qui avait les moyens financiers et la volonté d’acheter un mouton et qui n’en a pas trouvé », a-t-il déclaré à plusieurs reprises durant l’émission.
Mohamed Chaouki a également insisté sur la dimension internationale de la hausse des prix. Selon lui, l’inflation du marché de la viande touche l’ensemble des pays et résulte de l’augmentation des coûts de l’énergie, de l’alimentation animale, du transport et de la distribution. Citant une étude récente de la FAO, il a indiqué que les prix mondiaux de la viande augmenteraient en moyenne de 1,2 % par mois.
Au-delà de ces facteurs, Mohamed Chaouki a pointé les hausses saisonnières observées chaque année durant la période de l’Aïd. « Comment expliquer que certains bouchers facturent entre 500 DH et 1.000 DH pour la découpe d’une carcasse ? Comment expliquer la hausse du prix du charbon ? Cela interroge aussi nos comportements et notre éthique », s’est-il interrogé.
Rôle des circuits
Abordant la question des intermédiaires, souvent accusés d’alimenter la spéculation, le président du groupe parlementaire du RNI a défendu le rôle des acheteurs-revendeurs et des engraisseurs.
Selon lui, ces acteurs assurent la fluidité de l’approvisionnement entre les différentes régions du Royaume. « Le bétail était disponible à Aïn Taoujdate et à Marmoucha, mais la pression se concentrait sur Fès et Casablanca », a-t-il expliqué, estimant que la circulation du bétail entre les marchés n’avait pas fonctionné avec la fluidité habituelle.
Mohamed Chaouki a également rejeté les critiques portant sur les chiffres officiels du cheptel national, affirmant qu’ils reposaient sur un recensement réalisé par les autorités compétentes, auquel se sont ajoutées les naissances enregistrées au cours de deux cycles de reproduction.
Pour étayer son analyse, Mohamed Chaouki a également cité plusieurs indicateurs économiques. Il a affirmé que 4 à 5 milliards de DH en espèces avaient été retirés du système bancaire à l’approche de l’Aïd, soit davantage qu’en 2024, ce qui traduirait selon lui la volonté des ménages de célébrer la fête.
Il a également évoqué les données de Casablanca Baïa, selon lesquelles 36.000 tonnes de déchets ménagers ont été collectées durant les deux jours de l’Aïd, soit une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente.
Pour le responsable du RNI, ces éléments montrent que « les gens ont célébré l’Aïd ».
Réponse politique annoncée
Tout en appelant à encadrer les marges, à enregistrer les acheteurs-revendeurs et à mieux réglementer les circuits de distribution, le président du groupe parlementaire du RNI a annoncé que son parti travaillait actuellement sur « une réforme structurelle globale du commerce intérieur », qui concernera l’ensemble des produits de consommation et pas uniquement le marché du mouton de l’Aïd.
Enfin, il a estimé que les prix de référence devraient être établis à partir des grands marchés ruraux producteurs, tels que Guercif, Aïn Beni Mathar ou encore Smen, afin d’améliorer la transparence des prix et de permettre aux consommateurs de mieux comprendre la formation des coûts tout au long de la chaîne de distribution.
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