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Casablanca-Settat : le détail du PDR 2022-2027

Casablanca-Settat prévoit la réalisation de 70 programmes et projets structurants entre 2022 et 2027, pour 53 milliards de DH. 13 d'entre eux auront pour objectif de permettre à la région de faire face au changement climatique et, en particulier, de s'approvisionner en eau potable.

Casablanca-Settat : le détail du PDR 2022-2027

Le 3 octobre 2022 à 18h35

Modifié 4 octobre 2022 à 9h24

Casablanca-Settat prévoit la réalisation de 70 programmes et projets structurants entre 2022 et 2027, pour 53 milliards de DH. 13 d'entre eux auront pour objectif de permettre à la région de faire face au changement climatique et, en particulier, de s'approvisionner en eau potable.

Le conseil de la région Casablanca-Settat a adopté à la majorité (49 voix pour), ce lundi 3 octobre, son plan de développement régional (PDR) 2022-2027.

Les dix grands défis de la région

Ce dernier, élaboré par le cabinet Boston Consulting Group (BCG) sur la base d’un diagnostic territorial, a mis en lumière dix défis majeurs auxquels la région devra faire face.

D'après Abdellatif Maâzouz, le président de la région qui s'exprimait au cours de la session ordinaire du conseil de la région, tenue ce lundi 3 octobre, ces défis se répartissent en cinq axes, comme suit :

- Disparité entre la ville de Casablanca et les autres provinces et préfectures de la région, en particulier au milieu rural :

  • Il y a une grande disparité entre les provinces de la région au niveau de l’accès aux services de base, à l’infrastructure, à l’eau potable, à l’électricité, à l’éducation, à la santé, et à l’économie.
  • Dans les zones rurales, la migration est liée à un manque d'infrastructures, de services et d'opportunités économiques.

- Faible intégration socio-économique des femmes et des jeunes :

  • La jeunesse de la région souffre d'un manque d'insertion économique et sociale (24% sont des Neets et 34% souffrent de chômage).
  • Comme c'est le cas au niveau national, la participation des femmes au développement économique reste très faible.

- Les capacités de mobilité et de connectivité dans la région sont insuffisantes :

  • L'offre liée au transport régional est insuffisante, que ce soit dans le Grand Casablanca ou dans d'autres pôles urbains et ruraux.
  • La transformation numérique connaît un retard sur plusieurs niveaux : la couverture territoriale, l’écosystème numérique et l’innovation, notamment.

- Le potentiel de la région est inexploité au niveau de la croissance économique et de la création d'emplois :

  • La région reste une locomotive nationale, mais elle connaît un ralentissement depuis 2017. Elle a également été profondément touchée par la crise du Covid en termes de croissance et de chômage.
  • Plusieurs obstacles entravent la croissance des micro-entreprises, des PME et de l'entrepreneuriat.
  • La région dispose des qualifications nécessaires pour devenir une plateforme internationale (aérienne, économique) ; ce qui lui permettra de créer des emplois, mais l'atteinte de ces capacités nécessite une transformation radicale.

- Des enjeux cruciaux pour l'environnement :

  • La région doit se préparer aux changements climatiques, notamment en réduisant le stress hydrique et les niveaux de pollution et en améliorant la gestion des déchets.

70 projets, 53 milliards de DH

Selon Abdellatif Maâzouz, qui a présenté la nouvelle vision du PDR à l'horizon 2027, "300 projets ont été sélectionnés, mais seuls 70 sont réalisables. Il s'agit de programmes qui englobent des projets de petite taille ou de taille moyenne, dont bénéficient les provinces et les préfectures, et dont la réalisation passe par des appels d'offres, tels que la construction des routes dans le milieu rural. Il s'agit aussi de projets structurants, nécessitant une enveloppe budgétaire de plus de 100 millions de DH (MDH) chacun, et dont bénéficient plusieurs zones de la région, tels que la construction de stations de dessalement de l'eau de mer, ou encore, le projet de transfert de l'eau depuis le bassin de Sebou vers la région de Casablanca-Settat".

"Ces 70 projets retenus nécessiteront un investissement global de 53 milliards de DH (MMDH), dont 16 MMDH seront financés par la région. Ces projets permettront, à terme, la création de 200.000 emplois", a-t-il ajouté.

Ces projets se déploient en cinq axes principaux et cinq autres transversaux. Les axes principaux sont les suivants :

1- Services et équipements de proximité : 28 projets pour 8,1 MMDH, dont 3,8 MMDH financés par la région.

Ce premier axe consiste à "faire émerger une vie locale". L’idée est que chaque citoyen puisse disposer à proximité, dans un périmètre de déplacement de 30 min, de services publics tels que la santé et l'éducation, et d'infrastructures de base comme les zones d’activités économiques, les opportunités d’emploi et les espaces d’apprentissage, de loisirs et de culture.

"Dans ce sens, 80.000 familles seront raccordées aux réseaux d'eau et d'assainissement et 30 équipements sportifs seront installés, ainsi que 20 pôles de proximité, de culture et d'inclusion", a précisé le président de la région.

2- Préserver le rôle économique de locomotive nationale : 17 projets pour 6,6 MMDH, dont 3,1 MMDH financés par la région.

Cet axe concerne le développement économique de la région afin de s’assurer qu’elle puisse rester la locomotive économique du pays. "L'idée est de garder les zones d'activités qui créent déjà des emplois, et d'en créer de nouvelles."

"Nous devons également accélérer les activités dans plusieurs secteurs clés, tels que l'industrie agroalimentaires, la logistique, le volet numérique, la culture et le tourisme. A titre d'exemple, la zone logistique de Zenata est presque achevée. Il reste quelques petits problèmes que nous allons résoudre. Nous devons accélérer son opérationnalisation parce qu'elle permettra de créer de nombreux emplois."

3- La mobilité régionale : 9 projets pour 17,6 MMDH, dont 5,9 MMDH financés par la région.

"Nous n'avons pas de transport intrarégional. Aujourd'hui, les gens trouvent des difficultés à se déplacer entre les différentes provinces de la région. Ce service est opéré par les autocars, les grands taxis et autres. Pour faire face à cette problématique, nous travaillons depuis environ six à sept mois avec l'Office national des chemins de fer (ONCF), pour mettre en place un réseau de voie ferrée dans la région."

"L'idée est donc de développer la part des transports en commun, laquelle va passer de 6,2% en 2021 à 9% en 2027 pour le train. Nous allons également développer une plateforme en ligne, qui permettra aux utilisateurs de consulter les moyens de transport disponibles, leur réseau et leurs horaires."

4- Hub économique et financier à l’échelle continentale et internationale : 3 projets pour 12,2 MMDH, dont 2,1 MMDH financés par la région. 

"La région veut relancer les projets permettant de renforcer les flux internationaux financiers (à travers CFC), développer et élargir l'aéroport Mohammed VI afin de capter les flux de passagers (en tant que hub aérien), et créer un palais de congrès et d'expositions pour 8 MMDH, sur environ un hectare, avec une capacité d'accueil de 2.000 à 4.000 personnes, pour attirer les talents à l’international."

5- Résilience environnementale et approvisionnement en eau potable : 13 projets pour 12,1 MMDH, dont 2,1 MMDH financés par la région. 

"La région doit se préparer au choc climatique. A titre d'exemple, grâce aux efforts du ministère de l'Intérieur et d'OCP, les besoins en eau potable de la ville d'El Jadida seront bientôt assurés en majorité par le dessalement. Nous allons ainsi poursuivre l'investissement sur ce volet afin de :

  • atteindre 1.000 hectares irrigués avec de l'eau réutilisée, pour 1 MMDH ;
  • créer 40 petites et moyennes stations de dessalement ;
  • réhabiliter sept terres humides et sites d'importance biologique ;
  • réhabiliter trois forêts dans la région ;
  • réutiliser les déchets ménagers pour près de 4,8 MMDH ;
  • réaliser des structures pour transférer l'eau entre le barrage de garde de Sebou et le barrage Mohammed Ben Abdellah, dont les réserves sont très faibles, pour 6 MMDH. 3 MMDH seront financés par la région de Casablanca-Settat et le reste par la région de Rabat-Salé-Kénitra ;
  • mettre en place une station d’observation de l’environnement, qui génère des données sur la situation environnementale (taux de pollution…).

Pour ce qui est des axes transversaux, ils se présentent comme suit :

6- accélérer la transition numérique de l’ensemble du territoire (4 projets et programmes) ;

7- offrir un avenir à chaque jeune à travers la formation, l’emploi, les activités culturelles et sportives (8 programmes pour renforcer l’intégration et la formation) ;

8- accélérer l’autonomisation économique des femmes (3 programmes) ;

9- lever les freins au développement des TPME et de l’entrepreneuriat (4 programmes) ;

10- assurer l’émergence d’une classe moyenne rurale, que ce soit à travers les activités agricoles ou les activités au service de l’agriculture (11 programmes).

Notons que chaque province profitera de 47 à 54 programmes ou projets structurants.

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