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L’automne s’installe doucement au Maroc, le retard de pluie ne doit pas inquiéter pour le moment

La situation ne deviendra alarmante que si l’on constate un retard des précipitations après le mois d’octobre, qui marque le démarrage effectif de la saison pluviale, selon le directeur des systèmes d’observation de la Direction générale de la météorologie.

L’automne s’installe doucement au Maroc, le retard de pluie ne doit pas inquiéter pour le moment

Le 22 septembre 2022 à 17h23

Modifié 22 septembre 2022 à 18h31

La situation ne deviendra alarmante que si l’on constate un retard des précipitations après le mois d’octobre, qui marque le démarrage effectif de la saison pluviale, selon le directeur des systèmes d’observation de la Direction générale de la météorologie.

Le Royaume connaît depuis quelques jours des épisodes pluvieux faibles et éparpillés, ainsi que des averses par endroits. Du mardi 20 septembre au mercredi 21 septembre, 17 millimètres de pluie ont été relevés à Fès. De plus, des averses orageuses localement fortes (20 à 50 mm) sont prévues du jeudi 22 septembre jusqu’au lendemain dans les provinces de Oued Eddahab et Aousserd.

Selon le directeur des systèmes d’observation de la Direction générale de la météorologie (DGM), Saïd El Khatri, ce type de précipitations est habituellement observé durant la saison automnale qui, signalons-le, débutera officiellement le vendredi 23 septembre.

“Nous assistons à un début d’automne dans la norme. En témoigne le climat qui avance en douceur et les faibles précipitations observées dans certaines régions”, explique Saïd El Khatri. Il est encore trop tôt cependant pour savoir si l’année 2022-2023 s’annonce humide ou, au contraire, sèche. “Le retard des précipitations ne doit pas susciter d’inquiétude pour le moment puisque la saison pluvieuse ne démarrera qu’après le mois d’octobre”, rassure-t-il.

“Un éventuel retour des précipitations avec risque d’inondations »

Pour le climatologue Saïd Karrouk, la saison automnale en cours peut être une phase de retour des précipitations au Maroc. “Si ce retour se réalise, il s’effectuera principalement sous la forme d’averses dues au dérèglement thermique qui caractérise habituellement l’automne”, relève-t-il, mettant toutefois en garde contre un éventuel risque d’inondations.

“Notre atmosphère emmagasine des quantités trop élevées d’eau évaporée en raison des températures élevées enregistrées dans notre pays depuis début juin dernier. En cas de retour des précipitations, les eaux météoriques pourraient atteindre des niveaux très élevés et donc provoquer, potentiellement, des inondations”, poursuit Saïd Karrouk, signalant que la grande majorité des inondations survenues au Maroc ont été causées par des averses. En témoignent les inondations très graves de Mohammédia en 2002 et celles de Guelmim en 2014.

L’impact des pluies d’automne sur la campagne agricole 

Malgré le risque d’inondations que peuvent engendrer les averses d’automne, ces pluies sont bénéfiques pour la campagne agricole. Elles permettent en effet de faciliter le lancement des travaux de préparation du sol pour les grandes cultures non irriguées, notamment les céréales et les légumineuses, nous explique l’ingénieur agronome Abdelmoumen Guennouni.

Ces pluies sont beaucoup plus attendues dans les zones bour (zones d’agriculture pluviale, par opposition aux zones irriguées) dites défavorables, où la surface agricole utile, semi-aride, est située en zone de montagne.

“Les gens qui cultivent dans ces zones attendent les pluies automnales pour commencer la préparation du sol. Quant aux cultivateurs des zones bour favorables (correspondant aux surfaces agricoles utiles des plaines et collines à la pluviométrie supérieure à 400 mm, ndlr), ils n’attendent pas forcément ces pluies puisqu’ils commencent la préparation de leurs terres bien avant”, précise Abdelmoumen Guennouni.

Après une dure année de sécheresse, le Maroc mise sur cette nouvelle saison d’automne, à califourchon sur l’été et l’hiver. Pour rappel, la campagne agricole 2021-2022 a été marquée par un déficit pluviométrique important et une mauvaise répartition temporelle des précipitations, ce qui a significativement impacté la production céréalière.

En effet, selon la Direction des études et des prévisions financières (DPEF), la production céréalière définitive de cette campagne agricole a atteint 34 millions de quintaux, en baisse de 67% par rapport à la production exceptionnelle de 103,2 millions de quintaux enregistrée l’année précédente.

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