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Ce que l'on sait de l'affaire Brahim Saadoun, le jeune marocain condamné à mort au Donbass

Ce jeune marocain est condamné à la peine capitale dans le cadre de la guerre ukraino-russe par les forces séparatistes pro-russes qui se proclament "République populaire de Donetsk". Il est reconnu coupable d'avoir participé à la guerre en tant que mercenaire. Quelle est son histoire ? Comment en est-il arrivé là ? Round-up.

Ce que l'on sait de l'affaire Brahim Saadoun, le jeune marocain condamné à mort au Donbass
Shaun Pinner, Saadoun Brahim et Aiden Aslin © Vladimir Gerdo/TASS
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Le 12 juin 2022 à 8h46 | Modifié 13 juin 2022 à 8h03

Ce jeudi 9 juin, l'agence officiel russe TASS annonce que la Cour suprême de l'autoproclamée "République Populaire du Donetsk" (RPD) a déclaré trois étrangers coupables d'avoir participé aux hostilités en tant que mercenaires. Les trois hommes ont été capturés alors qu'ils combattaient dans le Donbass dans la guerre ukraino-russe.

L'information aurait pu passer inaperçue au Maroc, sauf que l'un des trois étrangers capturés et jugés s'avère être un jeune marocain du nom de Brahim Saadoun. Les deux autres condamnés sont de nationalité britannique.

Selon TASS, Brahim Saadoun et les deux Britanniques ont été condamnés à la peine capitale "sur la base des résultats de l'examen des preuves dans leur totalité" qui ont mené "à prouver la culpabilité de Shaun Pinner, Aiden Aslin et Brahim Saadoun".

Réaction internationale

L'affaire Brahim Saadoun fait grand écho au Maroc et à l'international. "Une condamnation" qui a consterné l'opinion publique internationale. Le bureau des droits de l'homme de l'ONU (OHCHR), s'est prononcé vendredi 10 juin sur le sujet. « De tels procès contre des prisonniers de guerre constituent un crime de guerre », a déclaré la porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani. "Les trois hommes - les Britanniques Aiden Aslin et Shaun Pinner, et le Marocain Brahim Saadoun - ont été capturés alors qu'ils combattaient pour l'Ukraine, défendant apparemment la ville portuaire méridionale de Marioupol", avance-t-elle.

Et de poursuivre, "le HCDH est préoccupé par la soi-disant Cour suprême de la République populaire autoproclamée de Donetsk qui a condamné à mort trois militaires. Selon le commandement en chef de l'Ukraine, tous les hommes faisaient partie des forces armées ukrainiennes et si tel est le cas, ils ne devraient pas être considérés comme des mercenaires."

La France s'est également dite "extrêmement préoccupée" par ces informations. "Ces personnes doivent être traitées dans le respect du droit international humanitaire. Nous appelons la Russie et ses supplétifs en Ukraine à respecter leurs obligations à cet égard", avance la porte-parole du ministère de l'Europe et des affaires étrangères.

Alors que quelques milliers de Marocains ont quitté l'Ukraine avant le début de la guerre et au début des hostilités, Brahim Saadoun est fait, lui, prisonnier de guerre. Qui est-il et comment en est-il arrivé là ?

Brahim Saadoun étudiait à Kiev l'ingénierie aérospatiale

Tout indique que Brahim Saadoun a été capturé au cours du mois d'avril dernier.

Dans une vidéo publié sur le site communautaire Reddit, il y a deux mois, on voit le jeune répondre à des questions qui lui sont posées par un individu russe, vraisemblablement journaliste. Ce dernier présente le jeune Brahim comme un membre de l'unité d'infanterie de la marine ukrainienne.

Il explique qu'il est polyglotte maitrisant cinq langues (le berbère, l'arabe, le français, l'anglais et le russe) et qu'il étudie les sciences spatiales. Sur la vidéo, sous-titrée en arabe, on voit Brahim Saadoun acquiescer et expliquer qu'il "étudie la technologie spatiale à Kiev".

L'homme précise que le jeune marocain,  de 21 ans à peine, a signé un contrat avec l'armée ukrainienne et a fini par se retrouver prisonnier".

L'identité de B.S. dans la vidéo ci-dessus sera confirmée par son père, Tahar Saadoun.

Dans une vidéo publiée le 21 avril sur la chaine "Blanca TV", où il présente d'habitude des capsules hebdomadaires sur la sécurité routière, Tahar Saadoun explique que son fils faisait partie des étudiants marocains en Ukraine qui devaient être rapatriés via la Pologne.

"Le contact a été interrompu quelques jours, ce qui nous a semblé normal, jusqu'à ce que soyons surpris de voir la vidéo", ajoute-t-il. Le père, qui affirme avoir lui-même une formation militaire, reproche aux forces ukrainiennes d'embrigader des étrangers et de les envoyer au front dans les premières lignes.

Tahar Saadoun soutient que son fils aurait subi "un lavage de cerveau" et appelle tous les parents qui n'ont pas de contact permanent avec leurs enfants à s'enquérir de leur situation.

Une récente vidéo de la version arabe de Russia Today, média officiel russe, donne la parole au jeune Brahim. Une vidéo poignante qui montre l'étudiant marocain crâne rasé, en tenue de prisonnier, répondre aux questions d'un journaliste. Ce dernier commence par évoquer la rémunération que B.S. touchait en rejoignant les rangs de l'armée ukrainienne avant de lui demander comment il est traité.

Brahim répond "maintenant, c'est mieux". "Un traitement humain, ici, dans cet endroit... les gardiens sont professionnels. Sincèrement, le traitement est bien et beaucoup mieux qu'avant".

"Quand j'ai capitulé et que j'avançais pour me rendre, je m'attendais à tout ", répond-il quand le journaliste lui demande s'il s'attendait à ce traitement. "Je me suis dit je vais me donner une seconde chance pour revoir les personnes que j'aime sans savoir comment l'autre partie allait réagir", poursuit-il. "Peut-être qu'on allait me tirer dessus immédiatement, peut-être allais-je mourir lentement, ... je ne savais pas mais je voulais me donner une chance".

L'affaire de Brahim Saadoun n'est pas encore finie. Selon l'agence TASS, les trois prisonniers "vont faire appel de la condamnation", a déclaré Pavel Kosovan.

Au moment où nous mettions en ligne, aucune réaction officielle marocaine n'avait été publiée.

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Le 12 juin 2022 à 8h46

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