Attijariwafa Bank : Alpha Mena change sa recommandation de ‘vendre’ à ‘alléger’

| Le 23/3/2022 à 18:04
Le groupe a affiché des indicateurs supérieurs à ses pairs en 2021. Le dividende 2021 a été supérieur aux attentes donnant un yield à 3,29%. En 2022, la conjoncture internationale et les prévisions économiques marocaines risquent de peser sur la génération des revenus et de dégrader la qualité des actifs.

Dans une note publiée le 22 mars, la société de recherche Alpha Mena a réagi aux résultats 2021 du groupe Attijariwafa Bank.

Autrefois recommandé à la vente, le titre est désormais recommandé à l’allègement. La société de recherche anticipe une quasi-stagnation du titre dans les 6 mois (downside de -0,8%) à 455 dirhams contre un cours de 459 dirhams à la clôture de la séance du 22 mars.

Depuis le début de l’année, le cours de la bancaire a baissé de 4%, globalement en accord avec le MASI qui a parallèlement diminué de 4,12% en YTD. La baisse a notamment été amorcée depuis le début de la guerre en Ukraine qui a globalement effacé le trend positif de la reprise post-Covid. « À l’instar des marchés internationaux, la Bourse de Casa souffre des inquiétudes et du manque de visibilité » annonce la société de recherche.

Et pour Alpha Mena, l’annonce des résultats annuels, inférieurs aux attentes, n’a pas permis de reprendre un cours haussier. « Toutefois, l’annonce d’un dividende supérieur aux attentes était la seule bonne nouvelle de ces résultats 2021 » précise la société de recherche.

Un contexte incertain qui pèse

Le contexte international et ses complications n’épargneront pas le Maroc. Comme l’a rappelé le Wali de Bank Al Maghrib (BAM) lors du premier conseil trimestriel 2022, la situation est inédite. Des prévisions assez sombres ont été dressées par la banque centrale qui table sur une montée de l’inflation à 4,7% en 2022, une croissance molle à 0,7% et un déficit du compte courant à 5,5% du PIB.

La flambée des matières premières et des denrées alimentaires frappent déjà le pays. Qui plus est, « une sécheresse exceptionnelle menace également la saison agricole au Maroc (14% du PIB). Selon une récente estimation faite par le Policy Center for the New South (PCNS), la guerre devrait coûter au royaume entre 1% et 2% du revenu national » explique Alpha Mena.

Ce contexte global pèsera sur les banques, notamment sur Attijariwafa Bank. Il ralentira la génération de revenus du groupe et affectera probablement la qualité des actifs, ce qui nuira à la profitabilité. Le secteur affiche déjà des signes de souffrance depuis le début de l’année. « Au mois de janvier, les crédits ont reculé de 2,3% en glissement mensuel (+3,4% en glissement annuel). Les créances en souffrance ont augmenté au début de 2022 (+0,9% par rapport au mois de décembre 2021) » rappelle la société de recherche.

La situation économique pèsera, mais le groupe demeure leader de son secteur

Malgré un début 2022 compliqué pour l’ensemble du secteur, il est à rappeler que le groupe a surperformé le secteur en 2021. « Le groupe a surperformé ses comparables de banques universelles sur le front de la collecte des dépôts et d’octroi de crédits » note Alpha Mena.

Mais avec les incertitudes de cette année et le poids de la conjoncture internationale, un ralentissement de la génération de revenus est attendue cette année. « Notre modèle table sur une génération modeste des revenus compte tenu d’une situation économique difficile et un contexte de taux bas. Il est à noter qu’une hausse des taux n’est pas à exclure étant les tendances inflationnistes » explique Alpha Mena. Un provisionnement élevé est également attendu cette année étant donné les incertitudes et la stratégie prudente de couverture du groupe.

« Coté valorisation, la valeur intrinsèque confirme un avis négatif sur un horizon court terme. La somme des parties est lésée par une valorisation spot chère » poursuit Alpha Mena. Pour la société de recherche, une baisse de 15% du titre permettrait de créer un bon momentum pour s’y positionner.

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