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Tomate : le retour à la normale se profile

Selon l’Association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes, le prix de ce fruit, notamment la tomate ronde, sur le marché d’Inezgane se situait, le week-end dernier, entre 3,30 DH et 4 DH/kg selon la qualité.

Tomate : le retour à la normale se profile

Le 21 mars 2022 à 13h16

Modifié 21 mars 2022 à 20h02

Selon l’Association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes, le prix de ce fruit, notamment la tomate ronde, sur le marché d’Inezgane se situait, le week-end dernier, entre 3,30 DH et 4 DH/kg selon la qualité.

Ce retour progressif à la normale fait suite à la remontée des températures minimales qui a stimulé, de manière significative, le développement des cueillettes. De l’ordre de 450 kg/ha le jeudi 17 mars, le niveau des cueillettes est passé à 650 kg/ha le vendredi 18 mars, et à 1.100 kg/ha le samedi 19 mars.

"Or, l’offre de la tomate ronde est étroitement corrélée aux niveaux des cueillettes, et donc à l’arrivée à maturité du fruit", précise une source de la profession jointe par Médias24.

D’autres facteurs expliquent la flambée des prix relevée sur le marché local. En premier lieu, la baisse des températures minimales enregistrées depuis février jusqu’au 15 mars (minimas avoisinant les 8 à 9 degrés), ce qui a sérieusement freiné la maturation des fruits. Au Maroc, les serres ne sont effectivement pas chauffées.

Le second facteur tient à la réduction des superficies de tomate ronde en raison du déficit hydrique dans certaines exploitations, combinée au recul de la rentabilité des tomates rondes pour cause d’augmentation des charges de production par rapport à ses prix. Pour de nombreux producteurs, ces prix atteignaient rarement 1,50 DH/kg en 2020-2021.

S’ajoute la hausse démesurée des coûts des intrants agricoles. L’exemple de l’ammonitrate est édifiant à cet égard : son prix a pratiquement triplé en une année. Cet engrais se fait d’ailleurs de plus en plus rare sur le marché.

De trop nombreux intermédiaires

Toutefois, "les perturbations qu’a connues le marché des fruits et légumes en général, et celui des tomates en particulier, restent le fait de la pléthore d’intermédiaires qui s’activent dans le marché", dénonce la profession.

Celle-ci estime que les prix de vente appliqués aux consommateurs sont trois à quatre fois supérieurs à ceux des producteurs. Ces derniers ont d'ailleurs multiplié les appels en faveur d’interventions appropriées pour juguler la spéculation. Sinon, comment expliquer le niveau des prix au détail, qui passent de 6 DH/kg pour la tomate ronde sur les places de distribution dans la région Souss-Massa, à plus de 12 DH/kg dans les autres régions ? "Il y a bien l’empreinte de la spéculation", tranche l’Association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (APEFEL).

Cette situation a été décriée par le ministre de l’Agriculture lui-même, rappelle notre source.

Aussi est-il grand temps de relancer la réforme des marchés de gros qui tarde à se mettre en place, et ce depuis une douzaine d’années. Annoncée en grandes pompes avec le lancement du Plan Maroc vert en 2009, cette réforme n’a pas abouti à ce jour.

Par conséquent, en dehors de la plateforme d’Inezgane, les producteurs n’ont plus accès au circuit de distribution, où prédomine l’armada des négociants en fruits et légumes.

Or, au lieu de s’attaquer à ce phénomène, les services spécialisés du ministère de l’Agriculture entravent la fluidité des exportations dans l’objectif d’améliorer l’approvisionnement du marché local, accusent des professionnels. Ceci sans tenir compte des conséquences qui en découleraient sur l’export des fruits et légumes, notamment l’effondrement d’un système de commercialisation que le pays a construit, durant de longues années, afin de fidéliser les circuits modernes de distribution. Il faut souligner également la perte d’un certain nombre de marchés conclus sur la base de la contractualisation ; ainsi que le règlement, par les exportateurs, de lourdes pénalités en raison du non-respect des programmes et des engagements convenus sous contrat avec les clients.

Les conséquences de cette orientation ne pourront que fragiliser la position du pays et décrédibiliser l’origine Maroc, et ce en plus des retombées sociales et économiques immédiates.

Les professionnels regroupés au sein de l’APEFEL appellent donc aujourd’hui les pouvoirs publics à une concertation responsable pour mettre en place, de façon conjointe, des solutions à court, moyen et long terme. Ils espèrent que celles-ci permettront d’assurer un approvisionnement fluide et compétitif de l’export comme du marché local.

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