Avec la réouverture des frontières, Marrakech reprend des couleurs

Depuis la réouverture des frontières, les hôteliers de la ville ocre tablent sur une reprise à partir de mars, qui permettra de ressusciter Marrakech. Optimistes, ils espèrent un assouplissement des conditions d’accueil et l'éloignement définitif du spectre d'une nouvelle fermeture du pays.

Ph. Medias24

Avec la réouverture des frontières, Marrakech reprend des couleurs

Le 9 février 2022 à 18h31

Modifié 10 février 2022 à 9h30

Depuis la réouverture des frontières, les hôteliers de la ville ocre tablent sur une reprise à partir de mars, qui permettra de ressusciter Marrakech. Optimistes, ils espèrent un assouplissement des conditions d’accueil et l'éloignement définitif du spectre d'une nouvelle fermeture du pays.

« Depuis lundi 7 février, même si l'on sait que le chemin sera encore long avant de retrouver le niveau d’activité de 2019, tous les habitants de Marrakech sentent que leur ville est en train de ressusciter », se réjouit Jean-Alexandre Bauchet-Bouhlal, directeur général du groupe Es Saadi Marrakech Resort, déserté depuis la fermeture des frontières.

"Pas de rush des arrivées étrangères durant les vacances de février"

Se voulant optimiste, notre interlocuteur avance que le démarrage de l’activité hôtelière devrait être lent en février, avant une reprise réelle en mars et de faire le plein en avril prochain.

"Nos clients habituels des vacances scolaires du 18 février au 1er mars se sont d’ores et déjà organisés pour aller ailleurs qu’au Maroc mais, dès l’annonce de la réouverture, notre service commercial a reçu une forte demande de réservations pour les vacances de Pâques qui tombent entre le 23 avril et le 8 mai."

Une vraie reprise pour les hôtels de luxe prévue à partir d’avril

"Sachant qu'hormis quelques rares clients, la grande majorité des arrivants, ces dernières quarante-huit heures, sont des nationaux ou des résidents étrangers bloqués à l’international, il faudra encore attendre quelques semaines avant de retrouver un niveau d’activité satisfaisant pour l’ensemble des opérateurs de la ville."

"Cela dit de notre côté, le flux de demandes de nos clients habituels français et anglais est tellement prometteur que nous devrions certainement faire le plein pendant les vacances de Pâques parisiennes avec un taux d’occupation hôtelière proche des 100%", confie notre interlocuteur.

Si les hôtels de luxe comme Es Saâdi Marrakech Resort, la Mamounia et le Royal Mansour, entre autres, qui ont une clientèle d’habitués, ne devraient avoir aucun mal à faire le plein rapidement dès les prochaines vacances scolaires, il faudra bien plus de temps pour que les plus petits établissements qui travaillent avec des prescripteurs de voyages rebondissent.

Six mois à un an avant de retrouver le niveau d’activité de 2017

En effet, il faudra encore six mois à un an avant que ces derniers, qui représentent la grande majorité de l’offre hôtelière de Marrakech, soient reprogrammés à l’international par leurs partenaires (T.O. et agences de voyages) pour retrouver un niveau d’activité équivalent à celui de 2017.

Idem pour l’hôtellerie spécialisée en M.I.C.E. (meetings, incentives, conventions, events), qui ne pourra redémarrer son activité qu’après la fin des mesures restrictives de rassemblement, sans compter la nécessaire réouverture des lieux d’animation comme les boîtes de nuit et les casinos, assure Jean-Alexandre Bauchet-Bouhlal, pour qui la vraie priorité sera de reconstruire le réseau aérien précédant l’arrivée de la crise.

Un retour à la normale lié à la reconstruction du réseau aérien

"Avec une demande internationale plus que jamais présente, la rapidité de la reprise sera étroitement liée à l’injection de sièges aériens. À ce propos, il convient de saluer le travail exceptionnel du directeur de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), Adel El Fakir qui a réussi à convaincre les opérateurs aériens français espagnols et britanniques de revenir rapidement au Maroc."

Sachant que la reconstruction du réseau aérien, en particulier des charters nécessaires pour les séjours en All Inclusive, nécessitera au minimum vingt-quatre mois, il ne faut pas s’attendre à une explosion de la demande en 2023 mais à partir de 2024 dans l'idéal.

"Si la destination marocaine a toujours autant d’atouts (proximité géographique, climat favorable, absence de décalage horaire…), la remontée ne pourra être que progressive, car le Maroc a pris beaucoup de retard par rapport à d’autres destinations concurrentes qui ont déjà reconstruit leur réseau aérien", précise le directeur, qui table sur un retour aux chiffres de 2019 à partir de 2024 seulement.

Un dispositif d’accès très fluide et satisfaisant

À la question de savoir si les conditions actuelles d’accès au territoire (la présentation obligatoire aux frontières d’un pass vaccinal, d’un résultat négatif d’un test PCR de moins de 48 heures et la soumission à un test antigénique) avaient ralenti le flux d’arrivées à l’aéroport de Marrakech, notre interlocuteur indique que certains de ses clients arrivés le mardi 8 février lui ont confirmé que le parcours aéroportuaire était très fluide.

« Sachant que le trafic n’a pas été ralenti, il n’y a pas lieu de se plaindre de ce dispositif, mais encore une fois, il faut espérer qu’il n’y aura pas de nouvelles restrictions intempestives.

D'ailleurs au lieu de fermer les frontières pendant plus de deux mois, la profession aurait été ravie que ce protocole soit mis en place aux dernières fêtes de fin d’année », conclut Jean-Alexandre Bauchet-Bouhlal, visiblement satisfait de la résurrection en cours à Marrakech.

« Optimistes, mais pas encore totalement rassurés… »

Se voulant tout aussi optimiste que son confrère hôtelier, Mehdi Bennani Smires, qui dirige le Sirayane Boutique Hôtel, plaide pour une suppression rapide de l’obligation de présenter le résultat négatif d’un test PCR à l’arrivée.

En effet, le coût unitaire de 80 euros peut s’avérer prohibitif pour une famille de quatre personnes qui devra débourser un surcoût de 360 euros, soit l’équivalent d’un nouveau billet d’avion coûtant 4.000 dirhams.

« Nous espérons qu’il n’y aura plus de fermeture des frontières et que l’obligation de présenter un résultat négatif de test PCR, qui peut s’avérer décourageant pour une partie de notre clientèle, sera bientôt supprimée comme presque partout en Europe », conclut Mehdi Bennani Smirès, qui s’attelle à rénover son hôtel pour préparer le retour en masse des touristes étrangers d’ici mars ou avril au plus tard.

Marrakech démarre avec 50% de sa capacité aérienne de 2019

Du côté du Conseil régional du tourisme de la ville, le chargé de communication Abdellatif Abouricha annonce un nombre d’arrivées étrangères à Marrakech qui croît chaque jour depuis le lundi 7 février.

"S’il faudra au moins 1 an pour revenir à la capacité aérienne de 2019, la dynamique actuelle est très encourageante pour l’avenir, car tous les avions qui ont atterri à Marrakech depuis lundi étaient pleins."

Ainsi au premier jour de la réouverture, le lundi 7 février, 29 vols ont été enregistrés ; 23 le mardi 8 ; 35 le mercredi 9 ; 46 sont prévus le jeudi 10 ; 59 le vendredi 11 ; 53 le samedi 12 et enfin 53 le dimanche 13.

Soit un total de 298 vols pour la première semaine, un chiffre qui représente environ 50% des 635 vols de la période avant la crise », révèle Abdellatif Abouricha qui table sur une accélération entre le 15 et le 22 avril, avec une arrivée massive du marché israélien qui va célébrer au Maroc les fêtes de Pâques (Pessa'h).

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