Exclusif. Othman Benjelloun explique la restructuration de sa holding

Interprété dans le milieu des affaires comme une préparation de sa succession, l’opération de fusion de FinanceCom et de HBM, les deux holdings de tête de l’empire Benjelloun, n’a rien à voir avec ce sujet, nous confie le président du nouvel ensemble O Capital Group.

Othman Benjelloun: Le mot retraite n'existe pas dans mon vocabulaire.

Exclusif. Othman Benjelloun explique la restructuration de sa holding

Le 19 mai 2021 à 10h43

Modifié 19 mai 2021 à 11h27

Interprété dans le milieu des affaires comme une préparation de sa succession, l’opération de fusion de FinanceCom et de HBM, les deux holdings de tête de l’empire Benjelloun, n’a rien à voir avec ce sujet, nous confie le président du nouvel ensemble O Capital Group.

Pour Othman Benjelloun, cette opération s’inscrit dans une volonté de simplification de la structure de contrôle du groupe, à travers la création d’une seule holding, dont il est le seul actionnaire, avec sa femme, son fils Kamal et sa fille Dounia.

L’annonce de la fusion de FinanceCom et de la Holding Benjelloun Mezian (HBM), deux holdings de contrôle de l’empire Othman Benjelloun dans les affaires, a été interprétée comme une manière de préparer la transmission d’un groupe que l’on dit, dans les couloirs du marché, « en mal de succession ».

Contacté par Médias24, Othman Benjelloun nous confie être surpris que les choses soient interprétées de la sorte.

« Ma succession ? Je n’y ai jamais pensé », nous lance-t-il. « Les gens me disent que je devrais prendre ma retraite et passer le relais depuis 15 ans déjà, et on me le dit encore aujourd’hui. A chaque fois, je réponds que le mot retraite n’existe pas dans mon vocabulaire. Dans notre famille, on travaille tant qu’on a la capacité de le faire », ajoute le PDG, qui fêtera en novembre prochain ses 90 ans.

« L’avenir du groupe est assuré »

« J’ai mes héritiers : ma femme, mon fils et ma fille. Chacun travaille dans son domaine. Et ils auront ce qui leur revient le moment venu. Et je peux vous assurer qu’ils ne pensent pas non plus à ce sujet », nous certifie Président Benjelloun, comme l’appellent ses collaborateurs. Avant de souligner que c’est plutôt la gestion du groupe qui doit être au cœur des interrogations. « Mais rassurez-vous, c’est un sujet auquel j’ai déjà pensé », nous confie-t-il. De quelle manière ? « Je ne peux pas entrer dans les détails, mais tout ce que je peux vous dire, c’est que l’avenir du groupe est assuré », nous répond-il.

C’est d’ailleurs, précise-t-il, dans cet esprit que l’opération de fusion entre FinanceCom et HBM a été conduite.

« Nous avons réalisé beaucoup de projets ces dernières années, dans la finance, le commerce, l’agriculture, le transport et d’autres domaines. Nous avons souhaité monter une seule entité qui regroupe toutes nos activités et participations, qui ne sont pas souvent majoritaires, pour permettre à cette holding d’être en mesure de piloter l’ensemble et d’assurer son développement », explique Othman Benjelloun.

Un objectif qui se traduit, selon lui, dans la nouvelle identité visuelle de « O Capital Group », sur laquelle Othman Benjelloun a travaillé personnellement.

« Le choix du O ouvert n’est pas fortuit. J’ai travaillé dessus pendant plusieurs semaines. Ce O ouvert, je l’ai découvert quand j’avais 18 ans, et il m’a depuis marqué. Dans la culture chinoise et japonaise, il représente la forme du monde, l’infinitude de l’univers et du cosmos, l’éternel mouvement, la continuité, la créativité… Ce qui traduit parfaitement ma vision pour le groupe, qui est d’assurer la continuité et le développement de nos activités pour créer des emplois et des richesses pour participer au développement de notre pays », nous raconte Othman Benjelloun.

Sinophile assumé, éternel optimiste, et fervent croyant dans les vertus du positivisme, Othman Benjelloun nous déclare que ce choix stylistique a été fait également pour répondre au négativisme et au désarroi créé par la pandémie du Covid-19.

« Dans le monde entier, cette pandémie a pesé sur le moral des gens, sur leur vision de l’avenir. Je me suis dit qu’il faut se délester de cet esprit négatif, en donnant l’exemple pour tous ceux qui nous entourent, administrateurs, dirigeants, cadres, employés, agriculteurs… pour qu’ils continuent de croire en un avenir meilleur ».

De la finance à l’élevage : des revenus annuels de plus de 20 milliards de dirhams

Associé souvent à la seule activité Banque & Finance, portée par BMCE Bank Of Africa et RMA, le groupe de Othman Benjelloun est présent dans plusieurs autres activités, allant des télécoms au transport routier, aérien et maritime, en passant par le tourisme, l’élevage et l’abattage…

Présent en force dans Méditel, devenu Orange, dont il a été le fondateur, Othman Benjelloun est aussi un des grands acteurs du transport, à travers la mythique compagnie de transport inter-villes CTM, la compagnie aérienne Air Arabia où il est associé au groupe Holmarcom, ou encore Africa Morocco Link (AML), compagnie maritime disposant à ce jour de deux navires, et créée en 2016, comme il nous l’avait confié il y a quelques années, pour sauvegarder le pavillon maritime marocain, après la disparition de la Comanav et de la Comarit.

Le groupe est présent également dans le secteur agricole depuis plus de deux décennies. Et comme d’habitude, Othman Benjelloun n’y est pas allé pour faire de la figuration. Son Ranch Adarouch, racheté à l’Etat en 1999, est un des plus grands élevages d’ovins et de bovins en Afrique. Fondé dans les années 1960 par Dick Kleberg Jr, président de l’américain King Ranch, en partenariat avec l’État marocain, ce ranch à l’américaine compte pas moins de 5.000 têtes — dont la viande est labellisée bio –, sur une superficie de plus de 10 000 hectares dans la vallée d’Adarouch, dans le Moyen Atlas.

De la viande rouge destinée au marché local et qui est abattue dans les propres abattoirs de Sir Benjelloun, BioBeef, premier abattoir privé du royaume, créé à Meknès en 2010 et où il est associé notamment au Crédit Agricole du Maroc, après une opération de conversion de prêts en actions réalisée en 2018.

Le périmètre du groupe ne s’arrête pas là, puisqu’il opère également dans le secteur de la communication (Dounia Production, Sigma et Mosaïk), mais également dans le tourisme à travers ses participations dans Risma (Accor) et Aman Resort’s.

« Nous détenons à travers ces deux participations plus de 35 hôtels au Maroc », commente le Président Benjelloun.

O Capital Group est aussi présent dans les nouvelles technologies à travers le groupe Finatech, et dans l’immobilier et le BTP où il a fait une entrée en force en s’associant avec un leader mondial de la maîtrise d’ouvrage, Colliers International, par la création d’une filiale au Maroc, Colliers International Morocco, qui agit depuis le Royaume dans toute l’Afrique. C’est d’ailleurs cette société qui assure la maîtrise d’ouvrage d’un autre projet pharaonique lancé récemment par Othman Benjelloun pour la bagatelle de 3 milliards de dirhams : la Tour Mohammed VI de Salé, plus haut building d’Afrique.

Othman Benjelloun et son groupe sont également porteurs d’un autre méga projet, cette fois dans l’aménagement territorial : Tanger Tech, une zone industrielle futuriste dans le nord du pays où il compte attirer des centaines d’industriels chinois dans divers domaines.

Doté d’un capital d’un milliard de dirhams, pour des actifs d’une valeur nette comptable de près de 13 milliards de dirhams (somme des actifs apportés par FinanceCom et de la valeur de l’actif immobilisé de HBM), O Capital Group emploie, selon son Administrateur directeur général, Hicham El Amrani, environ 20.000 salariés répartis dans plus de 26 pays et génère un revenu consolidé de plus de 2,5 milliards de dollars, soit l’équivalent de plus de 20 milliards de dirhams.

Son actionnariat est exclusivement familial, comme nous le confie Othman Benjelloun. Le tour de table est constitué du Président Othman Benjelloun, de son épouse Leila Mezian, de son fils Kamal et de sa fille Dounia.

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