Commerce : Les retailers demandent l'indexation des loyers sur l'activité
Fortement impactés par le couvre-feu nocturne pendant Ramadan, les Retailers en appellent à la responsabilité des bailleurs et demandent l'indexation du loyer sur le niveau d'activité.
"Il y a eu des baisses très importantes d'activité en 2020 et on se doutait que cela allait se poursuivre en 2021. Le temps nous donne raison, les impacts de la pandémie sont toujours là", avance Karim Tazi, porte-parole du groupement des Retailers.
"Nous demandons l'indexation du loyer, qui est une charge importante, sur l'activité, pendant la durée de cette crise sanitaire", poursuit notre interlocuteur.
Déjà en 2020, la question relative aux loyers s'est fortement posée. Obligés de fermer sur décisions gouvernementales, les Retailers ont demandé à leurs bailleurs d'annuler ou réduire les loyers qui constituent un poste de dépenses important.
Pour une indexation des loyers sur l'activité des magasins
"Certains ont joué le jeu, d'autres pas. Les négocations ont été parfois faciles, parfois compliquées", nous confirme aujourd'hui Karim Tazi. "Les retailers en appellent, donc, à la responsabilité des propriétaires de malls, les bailleurs, qui n'ont pas joué le jeu de façon égale en 2020".
Aujourd'hui encore, l'attitude des malls vis-à-vis de leurs clients est disparate. Certains répondent favorablement. D'autres pas. L'objectif pour les commerces est de partager cette baisse du chiffre d'affaires et ne pas la subir seuls.
"En France par exemple, la plupart des bailleurs n'ont pas voulu assumer une partie de la baisse du chiffre d'affaires de leurs clients. Mais au final, ils ont eu la même baisse que ceux qui ont accepté de faire des gestes vis-à-vis de leur clients, car ils ont eu des fermetures définitives", avance Karim Tazi.
"Au lieu de perdre une partie du chiffre d'affaires de manière conjoncturelle tout en aidant les entreprises à se maintenir pour la reprise, ce que nous demandons, ces bailleurs en France ont perdu du chiffre d'affaires de façon structurelle à cause des fermetures", poursuit-il.
"Là c'est un enjeu de survie, que des acteurs qui étaient largement viables avant la pandémie ne disparaissent pas pour des histoires de loyers. Il y a des canaux de discussions qui sont là depuis la déclaration de l'état d'urgence. Mais, aujourd'hui il y a des rapports de force qui ne sont pas acceptables en l'état actuel des choses", confie Karim Tazi qui rappelle que la situation en 2021 pourrait être plus critique, car en 2020, les acteurs ont pu amortir un peu le choc avec l'aide des crédits oxygène et relance. Ce qui n'est pas le cas au cours de cette année.
Baisse d'activité de plus de 60% durant les premiers jours de Ramadan
Ce qui motive la sortie des Retailers c'est le couvre-feu nocturne instauré pendant Ramadan et qui impacte négativement l'activité.
"Pendant ce Ramadan, d'un point de vue business, les pouvoirs publics ont mis en place un confinement qui ne dit pas son nom. On ne peut pas appeler cela autrement. On ne conteste pas les décisions prises par les pouvoirs publics, mais ces derniers n'ont pas accompagné leur décision de mesures", ajoute notre interlocuteur.
La consommation pendant Ramadan augmente. Les Marocains consomment beaucoup de produits alimentaires mais aussi beaucoup de produits non essentiels. "Les gens s'habillent parce qu'ils sortent le soir, partent se promener, se rencontrent en famille,... Le fait d'interdire tout cela nous a causé des baisses de chiffres d'affaires de l'ordre 60 à 70 % en comparaison avec les ramadans précédant d'activité normale", avance Karim Tazi.
Selon le PDG de l'une des importantes enseignes marocaines, les commerçants ont perdu "trois heures d'achat importantes pendant le mois de ramadan et les clients ont perdu la possibilité de sortir, la raison pour lesquels ils vont s'habiller".
D'un point de vue structurel, l'année 2021 continue sur le même rythme de l'année 2020. C'est à dire avec des baisses qui varient d'une région à l'autre.
"A Marrakech, les baisses d'activité depuis le début de l'année sont de l'ordre de 40%. C'est une région dont le pouvoir d'achat a été fortement touché à cause de la morosité dans le secteur touristique. Nous disons toujours que les touristes sont les clients de nos clients. Le tourisme étant en chute libre, cette région est particulièrement touchée impactant fortement le pouvoir d'achat des ménages et par ricochet notre activité", explique Karim Tazi.
"Sur le reste du Maroc, ces baisses varient entre 20 et 40%", précise-t-il.
Et d'ajouter que tous les segments sont touchés à des degrés variables. "Les marques des segments à bas prix sont plus touchées que les segments moyens et haut de gamme, parce que le pouvoir d'achat des catégories populaires a été beaucoup plus affecté que pour les autres catégories qui en plus ne voyageant pas, ont consommé plus localement", explique-t-il.
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