Consultations au Conseil de sécurité sur le Sahara: voici les premiers éléments
Pas de changement de ligne ou d'impulsion. Les consultations semblent s'être déroulées, dans la ligne de ce qui était attendu. Le polisario a exprimé une forte déception et réitéré ses menaces "militaires".
A l'heure où nous mettions sous presse, il n'y avait pas encore de détails concernant les consultations, à huis clos, qui se sont déroulées, ce mercredi 21 avril, au siège des Nations Unies, concernant le Sahara. Il s'agissait d'un briefing, au sujet de la situation sur le terrain, effectué par la Minurso, suivi d'interventions de pays membres du Conseil de sécurité. La seule certitude, c'est le communiqué publié par le polisario en plusieurs langues, dès la fin de la réunion. Un communiqué au ton défensif qui exprime la déception et la menace de "poursuivre" les opérations militaires.
Le polisario s'exprime, également, au sujet de la nomination d'un envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, dans la lignée de sa position, continuant à refuser le dernier nom qui a été proposé par M. Guterres et qui est celui de M. Amado, ancien ministre portugais des Affaires étrangères.
Selon des sources non officielles, le Conseil de sécurité ou la Minurso n'ont pas constaté "l'état de guerre", présenté dans la propagande algérienne.
Selon l'AFP, les Etats-Unis ont souhaité faire adopter une déclaration commune, appelant «à éviter l'escalade», dans le conflit. Mais ils n'ont pas été suivis par le Conseil, l'Inde, la Chine et des pays africains, jugeant qu'elle pourrait être «mal interprétée et devenir contreproductive», selon des diplomates cités par l'agence.
En dépit d'une demande «très directe» d'un responsable de l'ONU pour que «le Conseil de sécurité s'exprime» sur la tension accrue entre le polisario et le Maroc, un accord n'a pas pu être obtenu, lors d'une session semestrielle, à huis clos, de la plus haute instance onusienne, ont précisé ces sources. Très court, comprenant trois paragraphes, le projet de texte obtenu par l'AFP demandait, en outre, aux parties d'avoir une attitude «constructive» sur le terrain, avec la mission de paix de l'ONU Minurso et d'accélérer les démarches pour nommer un nouvel émissaire onusien, «afin de relancer, dès que possible, un processus politique bloqué».
Lors de son exposé aux 15 membres du Conseil de sécurité, l'ONU «a averti que la situation était hautement instable et pouvait conduire à une escalade», a précisé un diplomate, sous couvert d'anonymat. Les responsables onusiens ont, aussi, estimé que le processus politique pouvait être réactivé, dès qu'un émissaire serait nommé, a-t-on ajouté de même source.
Selon l'AFP, citant plusieurs diplomates, les États-Unis "n'ont pas abordé la reconnaissance de souveraineté du Maroc sur le Sahara" le 10 décembre par une proclamation de l'ex-président Donald Trump". «La Russie a condamné la décision américaine et appelé les États-Unis à l'abroger», a indiqué l'un d'eux. L'Inde a repris plusieurs positions marocaines tandis que le Kenya a vigoureusement plaidé pour une médiation de l'Union africaine, a-t-il ajouté. Sur Twitter, l'Irlande, membre non permanent du Conseil, a souligné son «plein soutien» au «droit à l'autodétermination de la population du Sahara occidental, en application des résolutions de l'ONU ainsi qu'une solution durable et mutuellement acceptable».
Tels sont donc les quelques éléments disponibles et incomplets que nous livrons à nos lecteurs, en attendant plus de détails, de précisions ainsi qu'un éventuel communiqué marocain.
Ce que l'on peut retenir, c'est la forte déception clairement exprimée par le polisario; l'accord général au sujet de la nécessité de reprendre le processus, avec un nouvel envoyé personnel, le Maroc ayant déjà donné son accord sur le nom proposé; l'échec de la tentative kenyane d'octroyer un rôle à l'Union Africaine.
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